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Messe en hommage au père Hamel


Monseigneur Aumonier a célébré ce dimanche une messe, dans la cathédrale Saint-Louis, en mémoire du père Jacques Hamel, assassiné mardi dernier dans son église près de Rouen.

Messe en hommage au père HamelPlusieurs personnalités politiques et religieuses ont assisté à la cérémonie, ainsi que de nombreux anonymes venus « pour rendre hommage » au prêtre de Saint-Etienne-du-Rouvray, en Normandie, assassiné mardi dernier, alors qu’il célébrait la messe.

Pour Hugues Tennenbaum, très engagé dans le dialogue inter-religieux, cet assassinat souligne « la nécessité » du dialogue entre les religions, pour « éviter de se retrouver à nouveau dans cette situation ». Il était présent ce dimanche aux côtés de Samuel Sandler, président d’honneur de l’association cultuelle israëlite de Versailles et de Maurice Elkaïm, président de la communauté juive de Versailles, et son épouse.

Ould Kherroubi, président de l’Association des Musulmans de Versailles, était également présent avec son épouse. Il est venu porter un « message de solidarité ». Car « comme citoyens, nous sommes affligés, mais surtout révoltés par une telle usurpation de la religion » à des fins criminelles. Ajoutant « que ce soit au moment où un homme de prière, et en prière, célèbre dans un lieu sacré, si cela n’éveille pas un coeur humain, c’est que celui-ci a perdu toute filiation religieuse ».

Une incompréhension que partage aussi Laetitia, venue avec une partie du groupe de Versailles des Scouts Musulmans de France :  « On est là pour rendre hommage, pour dire qu’on n’est pas d’accord avec ce qu’ils ont fait. C’est la seule chose qu’on puisse faire ».

Prier pour la paix, lutter contre la peur

Dans son homélie, l’évêque de Versailles est revenu sur les lectures de ce jour, avant d’évoquer les retrouvailles de Caïn et Abel, où la crainte fait finalement place au pardon et à la réconciliation.  Citant Saint Paul, monseigneur Aumonier a précisé :  « tout homme qui croit commence une nouvelle vie. Il y a un avant et un après la conversion. Avant la conversion, il y a la violence, la jalousie, la peur, l’appât du gain. Après la conversion, il y a le don de soi, l’amour de l’autre, le désir de construire, d’édifier, de planter… ». Une conversion qui « induit un comportement nouveau » fait « de paix ».

Monseigneur Aumonier a également rappelé qu’il ne faut pas  « céder à la peur », mais bien plutôt « faire preuve de continuité dans la prière », « tous les jours et partout ». Ajoutant : « il est difficile, mais il est possible, de ne pas répondre à la violence par la violence, ni à la haine par la haine ».

Dialogue inter-religieux

« Quand on veut nous opposer les uns aux autres, souligne Monseigneur Aumonier, nous devons intensifier le dialogue, les rencontres amicales », pour être capables « de nous écouter et d’élaborer ensemble des solutions ». Tout en regrettant que les rencontres amicales qui existent actuellement sur le diocèse soient « beaucoup trop limitées, beaucoup trop timides, beaucoup trop confidentielles ».

« Nous savons tous, redit l’évêque, que le véritable enseignement religieux ne conduit pas à la peur et à la haine de l’autre, ne stigmatise personne, mais conduit au respect infini de l’autre, à la sainteté de vie et non pas à la caricature monstrueuse de l’héroïsme ».

Hommage au père Hamel à VersaillesMonseigneur Aumônier a terminé son homélie par une pensée pour les jeunes, dont certains sont actuellement aux Journées Mondiales de la Jeunesse en Pologne « j’ai pu voir la beauté spirituelle de ces jeunes », « profonde ». Cela fait plus de 30 ans que ces rassemblements durent « alors que le seul attrait de ces rencontres, c’est de prier, c’est de chanter, c’est de se préparer à construire l’avenir ».

Pour l’évêque, « Cela nous remplit d’espoir parce que ces jeunes prient aujourd’hui avec le pape comme ils l’ont fait à Vienne, comme ils l’ont fait à Auschwitz ». Ajoutant « Ces enfants, ces jeunes, sont les nôtres. Ils partagent notre espérance, ils nous entraînent sur les chemins de l’espérance. Ils sont notre espérance ».  Monseigneur Aumonier a invité les fidèles à garder « ferme et active cette espérance » qui est dans nos coeurs, « soutenons cette espérance, marchons dans cette espérance, qui pose des actes courageux, fidèles ».

Isabelle Karol