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Ascension

Jeudi 25 mai – Que fêtons nous à l’Ascension ?


Retourné auprès du Père, dans le monde invisible, Jésus-Christ se rend présent dans le corps ecclésial dont il est la tête. En attendant son retour dans la gloire, l’Esprit vient au secours de notre faiblesse.

 Il est monté au ciel. Il est assis à la droite de Dieu

01-anonymous-the-ascension-of-christ-duomo-di-monreale-monreale-sicily-it_eJésus-Christ a achevé son parcours  terrestre. Il est entré dans le temps des hommes, il s’est fait homme, a connu la mort et la descente au séjour des morts. Après sa résurrection, il est apparu quelque temps à ses disciples. Maintenant, il retourne auprès du Père, comme il le disait à Marie-Madeleine (Cf. Jn. 20, 17). S’il peut retourner vers le Père, c’est qu’il en vient, celui qui « est né du Père avant tous les siècles ». Ce père qu’il nous révèle comme différent de lui et auquel il se soumet jusqu’à la mort, en lui demandant que ce soit sa volonté qui s’accomplisse (Cf. Lc. 22, 42). Mais ce père aussi auquel il est intiment uni : « Je suis dans le Père et le Père est en moi » (Jn. 14, 11).

Telle qu’elle est décrite dans les Actes des Apôtres, la scène de l’Ascension, contient aussi l’annonce de  la venue de L’Esprit. Ainsi, la vie Publique de Jésus, inaugurée par son baptême dans une vision trinitaire, se clôt-elle dans la même proclamation de Dieu Père, Fils et Esprit, un seul Dieu en trois personnes.

Une pédagogie de la foi

 Ne me touche pas !  (Jn. 20, 17).

Cette injonction à Marie-Madeleine rejoint d’autres récits des apparitions  où Jésus se montre lui-même et pourtant différent, avant son retour dans le monde invisible. Ses disciples peinent à le reconnaître. Il leur faut un signe pour déclencher une démarche de foi. Au seuil du tombeau vide,  Jean voit et croit.

Les pèlerins d’Emmaüs le reconnaissent  à la fraction du pain. Thomas voudra voir les blessures, mais en présence de Jésus, c’est une profession de foi qui viendra à ses lèvres. « Mon Seigneur et mon Dieu » (Jn. 20, 28). Pendant ces quarante jours, la présence de Jésus se fait fugitive. Il disparaît aux yeux des disciples, comme s’il voulait les accoutumer progressivement à ne plus le voir avec leurs yeux d’hommes, mais avec les yeux de la foi. Comme s’il voulait, après sa vie publique, les faire entrer peu à peu dans une nouvelle époque.

Le temps de l’Esprit ; le temps de l’Église

Sur la Croix, Jésus remet l’Esprit. Au soir de la résurrection, il le transmet à ses disciples. Le dernier jour, il leur annonce le baptême dans l’Esprit. C’est par l’Esprit que les hommes peuvent maintenant voir dans l’Église le corps du Christ. Par l’Esprit, il a constitué son corps qui est l’Église « comme le sacrement universel du salut » (LG 48).

Il ne nous fait plus rester à regarder le ciel, mais être, en Église, les témoins de Jésus-Christ « jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac. 1, 8). Privés désormais de sa présence visible, nous recevons sa présence invisible dans les sacrements de l’Église, et d’abord dans l’Eucharistie, mystère de la foi. Après l’Ascension, le temps des hommes, désormais marqué par l’incarnation, est le temps de l’Esprit et le temps de l’Église, jusqu’au retour glorieux du Christ.

Ascension : L’annonce du retour

Car, si le salut est déjà donné par le Christ qui, élevé de terre a tiré à lui tous les hommes (Cf. Jn. 12, 32), il ne sera pleinement manifesté que lors de son retour dans la gloire.  « Le renouvellement du monde est irrévocablement acquis » (LG 48), mais pourtant la création toute entière gémit encore dans les douleurs de l’enfantement, comme disait Saint Paul (Cf.  Rm. 8, 22). C’est lui aussi qui nous invite à demander le secours de l’Esprit qui « vient au secours de notre faiblesse ; car nous ne savons que demander pour prier comme il faut, mais l’Esprit lui-même intercède pour nous. » (Rm. 8, 26)

Pour aller plus loin

De l’épître aux Romains, chapitre 8, 16-26 :

« L’Esprit en personne se joint à notre esprit pour attester que nous sommes enfants de Dieu. Enfants, et donc héritiers ; héritiers de Dieu, et cohéritiers du Christ, puisque nous souffrons avec lui pour être aussi glorifiés avec lui.

J’estime en effet que les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer à la gloire qui doit se révéler en nous. Car la création en attente aspire à la révélation des fils de Dieu : si elle fut assujettie à la vanité, non qu’elle l’eût voulu, mais à cause de celui qui l’y a soumise, c’est avec l’espérance d’être elle aussi libérée de la servitude de la corruption pour entrer dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu.  Nous le savons en effet, toute la création jusqu’à ce jour gémit en travail d’enfantement.

Pareillement l’Esprit vient au secours de notre faiblesse ; car nous ne savons que demander pour prier comme il faut ; mais l’Esprit lui-même intercède pour nous en des gémissements ineffables… »

De la Constitution dogmatique sur l’Église – Lumen gentium, n° 48

« L’Église, à laquelle dans le Christ Jésus nous sommes tous appelés et dans laquelle par la grâce de Dieu nous acquérons la sainteté, n’aura que dans la gloire céleste sa consommation, lorsque viendra le temps où sont renouvelées toutes choses (Ac 3, 1) et que, avec le genre humain, tout l’univers lui-même, intimement uni avec l’homme et atteignant par lui sa destinée, trouvera dans le Christ sa définitive perfection (cf. Ep 1, 10 ; Col 1, 20 ; 2 P 3, 10-13).

Le Christ élevé de terre a tiré à lui tous les hommes (cf. Jn 12, 32) ; ressuscité des morts (cf. Rm 6, 9), il a envoyé sur ses Apôtres son Esprit de vie et par lui a constitué son Corps, qui est l’Église, comme le sacrement universel du salut.

Ainsi donc déjà les derniers temps sont arrivés pour nous (cf. 1 Co 10, 11). Le renouvellement du monde est irrévocablement acquis et, en réalité, anticipé dès maintenant : en effet, déjà sur terre l’Église est parée d’une sainteté encore imparfaite mais déjà véritable. Cependant, jusqu’à l’heure où seront réalisés les nouveaux cieux et la nouvelle terre où la justice habite (cf. 2 P 3, 13), l’Église en pèlerinage porte dans ses sacrements et ses institutions, qui relèvent de ce temps, la figure du siècle qui passe ; elle a sa place parmi les créatures qui gémissent présentement encore dans les douleurs de l’enfantement, attendant la manifestation des fils de Dieu (cf. Rm 8, 19- 22).

« Nous attendons, solides dans la foi, la bienheureuse espérance et la manifestation glorieuse de notre grand Dieu et Sauveur, le Christ Jésus » (Tt 2, 13) « qui transformera notre corps de misère en un corps semblable à son corps de gloire » (Ph 3, 21), et qui viendra « pour être glorifié dans ses saints et admiré en tous ceux qui auront cru » (2 Th 1, 10). »

Philippe de Pompignan