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sacrements

Ces sacrements qui nous divinisent


En chemin avec les vitraux de l’église Saint-Lubin à Rambouillet. Méditation sur les sept sacrements.

Le baptême,
au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit

Fixés au nombre de 7 à la fin du XIIème siècle et réaffirmés comme tels, face aux négations des protestants, par le Concile de Trente, on distingue traditionnellement les 3 sacrements de l’initiation  : baptême, confirmation et eucharistie, les sacrements de guérison  : réconciliation et onction des malades et les sacrements d’état de vie ou de mission  : mariage et ordre.

En ces temps de crise de foi, la pratique des sacrements n’échappe pas à l’ébranlement. On ne désire plus les sacrements car on ne les comprend pas et que l’on en a bien souvent une vision utilitariste.

Finalement les sacrements, à quoi ça sert ?

L’Eucharistie, sous les humbles aspects du pain et du vin, fruits de la terre et du travail des hommes.

La vie chrétienne réside pour une grande part dans la vie sacramentelle, rites extérieurs ou formels, certes, mais bien plus que cela. Ils sont de véritables rencontres, intimes et ecclésiales avec le Christ vivant.  Avec d’humbles réalités, Dieu nous rejoint et nous rend contemporain de sa mort et de sa résurrection.

Par du pain, du vin, de l’eau, de l’huile, le Verbe éternel issu du Père se communique à nous. Et prend en compte notre réalité corporelle. Dieu est esprit mais nous avons un corps, nous sommes un corps, qui nous permet l’accès simple et profond avec la réalité divine.

Dans ce sacrement, Dieu ne nous donne pas un bien, il se donne lui-même en donnant son Esprit, afin que dans son immense respect pour notre lente transformation opérée par une pratique raisonnée des sacrements, nous devenions semblables à Lui.

« Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit fait Dieu »[1]

Notre divinisation prend du temps. Par sa mort et sa résurrection, Jésus a tout fait pour nous rendre fils de Dieu. Le baptême effectue en nous cette filiation, mais les effets ne se font jour qu’au cours d’un long cheminement qui est celui de notre vie chrétienne.

Celle-ci reste un étonnant mélange d’initiatives du Christ (signes et sacrements) et d’actions de notre part pour correspondre à ces initiatives. Le Christ nous propose de vivre cette lente transformation par l’usage régulier des sacrements, concrètement ceux de l’eucharistie et de la réconciliation dont l’usage est remis à notre liberté et à notre préparation intérieure.

Alors ne négligeons pas ces splendides cadeaux que le Christ nous a laissés pour nous unir à lui et nous renforcer. L’Église nous les présente comme un trésor inépuisable.

 

En images

A Saint-Lubin, Gabriel Loire[2], célèbre maître verrier chartrain, a créé une série de vitraux en dalle de verres dans le bas-côté gauche de la nef représentant les sacrements. En face, dans le bas-côté droit sont figurés les dons de l’Esprit. Cet agencement nous donne à méditer ces dons du Seigneur pour notre route, vers la rencontre avec le Christ, symboliquement de la nef vers l’autel.

La réconciliation

Nous pouvons admirer ci-contre le vitrail du sacrement de la réconciliation avec les clés du royaume des Cieux promises à saint Pierre à la suite de sa profession de foi, clés qui font résonner la parole du Christ :

 « Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux.  »[3]

Ainsi le vitrail montre des chaines brisées car ce sacrement de la Miséricorde nous délivre des attaches du mal et nous redonne la liberté des enfants de Dieu, cette liberté chantée par saint Augustin « Aime et fais ce qu’il te plaît » car l’Amour nous appelle, nous attend, nous convie pour nous recréer inlassablement à son image

 

La confirmation

D’une grande colombe fusent des rayons vers le bas. Ses ailes déployées emplissent tout l’espace comme pour nous protéger, ce qui peut remettre sur nos lèvres les paroles confiantes du psalmiste :

« Oui, tu es venu à mon secours : je crie de joie à l’ombre de tes ailes. »[4]

 

Le mariage

Les alliances et la croix partagent la même mandorle. Cette forme en amande entoure traditionnellement la manifestation du Christ en gloire.

Quel beau message : le mariage qui s’origine dans l’Amour répandu par le Seigneur peut rayonner la gloire de Dieu, c’est à dire sa puissance d’amour. Et voilà que l’amour conjugal devient signe pour le monde.

Le Seigneur qui s’engage au côté des époux par ce sacrement pour leur donner la grâce de la fidélité, de la fécondité et être le ciment de leur unité. Le sacrifice du Christ sauve les époux, et sauve leur amour de tout repli sur soi pour l’inclure au contraire dans cette mandorle théophanique.

 

L’ordre

Le sacrement de l’ordre confère au prêtre la capacité d’agir in persona Christi notamment lors de la Messe. Par ses mains le Seigneur se rend présent à son Église.

Une étole rouge est disposée sous un calice eucharistique.

L’étole du prêtre représente ce fardeau des âmes, la brebis sur les épaules du pasteur. C’est le vêtement du prêtre configuré au Christ : « Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »[5]

Le calice supporte l’hostie consacrée rayonnante sur le vitrail à la manière d’un ostensoir.

 

Le sacrement des malades

Toujours dans ces belles tonalités lumineuses, ce vitrail associe les malades au Christ souffrant avec cette couronne d’épine rouge sur la croix. Les cierges de la prière confiante, le flacon d’huile sainte et le seau à eau bénite avec son goupillon.

Ce sacrement est un signe de la tendresse de Dieu Toutes les grâces de force et de courage dans l’épreuve semblent couler de la croix.

 

 

 

 

Le travail des dalles de verres irise la lumière car l’artiste a entamé le matériau afin de créer autant de variations lumineuses. Ainsi si le dessin est bien lisible, les entailles sur le verre épais rajoutent à la poésie du vitrail.

 

Actualité

Nous pouvons découvrir ces vitraux dans l’église Saint-Lubin de Rambouillet ainsi que des peintures de Gabriel Loire à l’occasion d’une exposition «  Chartres et la Beauce » en son honneur au palais du Roi de Rome du 1er juin au 24 septembre 2017.

Renseignements : ici

Sabine de Maupéou  –  Nathalie Lockhart

BIBLIOGRAPHIE

Cours public du Collège des Bernardins 2016-2017, père Bouillé

France Catholique, article du père de Vorges, 5 mars 2011

 

[1] Voir Catéchisme de l’Eglise catholique n°460 :

Le Verbe s’est fait chair pour nous rendre  » participants de la nature divine  » (2 P 1,4) :  » Car telle est la raison pour laquelle le Verbe s’est fait homme, et le Fils de Dieu, Fils de l’homme : c’est pour que l’homme, en entrant en communion avec le Verbe et en recevant ainsi la filiation divine, devienne fils de Dieu  » (S. Irénée, hær. 3, 19, 1).  » Car le Fils de Dieu s’est fait homme pour nous faire Dieu  » (S. Athanase, inc. 54, 3 : PG 25, 192B).

[2] Gabriel Loire, 1904-1996, peintre et maître verrier a créé son atelier de vitraux à Chartres en 1946. Il a réalisé de nombreux vitraux à travers le monde.

[3] Mt 16, 18-19, traduction liturgique

[4] Psaume 63, 8

[5] Matthieu 11, 29-30