Le reseau de proximite et de fraternite de Poissy

Réseaux de veilleurs, de proximité, de fraternité, relais de quartiers : quatre paroisses du diocèse —­Poissy, Le Chesnay, La Celle Saint Cloud, Chatou— ont mis en place, ou essaient d’unifier, une véritable solidarité dans leur secteur.

Le reseau de proximite et de fraternite de Poissy

Comment se crée un réseau de proximité ? Quelles évolutions ? Le point avec Christine Daffos, Magali Imberti et Elisabeth Nadal, trois animatrices du Réseau de proximité et de fraternité, créé il y a six ans à Poissy.

Au départ, une volonté et une dynamique.


"La volonté était forte, explique Christine. Le conseil pastoral voulait créer une action de solidarité sur les paroisses du secteur. Un questionnaire a été lancé : Pour aider ceux qui en ont besoin, que proposeriez-vous ? A partir des 70 réponses, le réseau est né". Aujourd’hui plus de 300 personnes sont en lien, aidantes ou aidées.

Des signes bien visibles ont aidé le démarrage : un grand panneau à la porte des églises en deux colonnes sur lesquelles quiconque pouvait inscrire soit sa demande d’aide soit l’offre qu’il proposait ; un numéro de portable surtout, avec une permanence téléphonique 365 jours par an. Parallèlement les homélies et les temps forts des premiers dimanches d’Avent et de Carême ont soutenu le projet. "Mais rien ne se serait fait sans la volonté tenace d’une ou deux personnes, et leur confiance sans faille malgré l’ampleur de la tâche…", reconnaissent les trois animatrices. Aujourd’hui le bouche à oreille est venu s’ajouter aux panneaux et au portable. L’attention de chacun amplifie la dynamique.

Discernement et formation


"Devant le succès, il a fallu s’organiser", poursuit Christine. S’est mis en place le "noyau" : tous les lundis matin les neuf animateurs du réseau se retrouvent pour discuter des situations, des appels, de l’organisation concrète ; une fois par mois ils font le point sur les évolutions et les orientations générales. "Il y a de plus en plus de situations psychologiques difficiles, reconnaît Magali. Nous avons sans cesse besoin de discerner, de relire nos actions. Ce travail d’équipe est indispensable". Une formation à l’écoute a dû être suivie : comment rester à la bonne place quand on donne un coup de main, ne pas tout faire à la place de l’autre, ne pas forcément se précipiter, aider à grandir… ? Car "derrière une demande d’aide, il y a le plus souvent une demande de relation, constate Christine. Comment y répondre avec justesse ?"

Elisabeth poursuit : "Nous ne pouvons tout faire, nous n’avons ni argent ni moyens matériels, nous ne sommes pas tout puissants. Notre rôle est de créer des liens. Si nous sommes amenés à conduire tel ou tel auprès des associations (Secours catholique, st Vincent de Paul), à échanger avec les services sociaux, à nous mettre en relation avec les services de la paroisse, il reste toujours ce lien."

De la solidarité à la fraternité


Après quelques années, l’intitulé du réseau s’est modifié. Parti d’une idée de solidarité, il est devenu "réseau de proximité et de fraternité". "Parce que  toute la paroisse est impliquée, chaque paroissien est appelé à devenir veilleur", explique Christine. De fait, lorsqu’il a été tenté un maillage des quartiers par des ‘veilleurs’, cela s’est avéré difficile. En revanche tous, chacun à sa place, peuvent devenir responsables les uns des autres. "La fraternité n’est pas seulement de la solidarité, c’est d’abord vivre ensemble, poursuit Magali. Chacun peut à tour de rôle avoir besoin de l’autre. Nous sommes tous égaux devant la difficulté". C’est l’histoire de Pierre, de Fernande et bien d’autres qui, après avoir été épaulés, se mettent maintenant, selon leurs talents, à la disposition d’autres.

Une évolution rendue visible sur le logo du réseau : les deux mains placées à la verticale, l’une donnant et l’autre recevant, ont tourné d’un quart de tour et se rejoignent aujourd’hui sur le même plan. Aidants, aidés ont tous des talents, différents mais complémentaires. La fraternité est aussi une relation d’amitié.

Il n’y a pas de fraternité sans convivialité. C’est pourquoi en plus de l’entraide ponctuelle, le réseau propose les ‘déjeuners du dimanche’ une fois par mois, les dîners du mercredi soir pendant l’été, le réveillon de la St Sylvestre, un accueil dans les familles le jour de Noël, des temps de prière…

"Montre-moi ta foi…"


Quand on demande à Christine, Magali et Elisabeth ce qui les pousse à tant de disponibilité, après un temps de silence elles répondent :

Elisabeth : "Montre-moi ta foi. Moi, c’est par les œuvres que je montrerai ma foi" (Jc 2). Si je reste chez moi, tranquille, ma foi n’est pas crédible. L’annonce de la foi ne se fait pas seulement en paroles…

Magali : Ce n’est pas facile d’aller aux déjeuners du dimanche après une semaine de travail… Mais si l’on y va, on y va à fond. Alors la parole qui s’échange, les relations qui se créent deviennent facteurs de vie. Et l’on est comblé. Etre à l’écoute de l’autre, c’est aussi tenter de découvrir en lui le visage du Christ.

Christine : Je pense à l’actuelle campagne d’affiches : "Je ne suis pas un cancer, je suis un homme". Le réseau m’a ouvert le regard, m’a enlevé la peur que j’avais de l’autre. Au-delà des difficultés dont peut souffrir telle ou telle personne, il y a un frère, une sœur, aimés avec moi par le même Père.

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