Recevez chaque mois l'actualité du Diocèse de Versailles
Journal Diocésain
Les jeunes de la Maison Saint-Jean-Baptiste - année 2009 et 2010
Témoignages de jeunes hommes qui ont choisi de prendre un an pour réfléchir à leur vocation, avant de s'engager
Antoine
Faire le bilan de cette année serait trop long tant il m'a été donné de vivre de très belles choses et de recevoir de nombreuses grâces. Aussi, voici quelques points majeurs qui m’ont marqué.
Je pense à la visite hebdomadaire des personnes en fin de vie, à tous ces visages croisés et absents la semaine suivante, à ceux encore bloqués dans leur lit, que je garde en mon cœur et dans mes prières.
Je me souviens de ce mois passé à vivre avec des personnes porteuses d’un handicap mental et de tout ce qu'elles m'ont apporté : conversion du regard, simplicité, humilité.
Ou encore de ces 30 jours en silence où libéré des bruits extérieurs et de la suractivité, on prend le temps de relire sa vie et de se poser de nombreuses questions.
Si un mot pouvait résumer cette année, ce serait finalement celui de Parole. C’est en effet la Parole de Dieu qui a été mon guide et a nourri mon discernement : par la lecture quotidienne de la Bible, le chant des psaumes, l’oraison du matin et l’Eucharistie, source et sommet de chaque journée. Je peux donc dire que cette année à la Maison Saint Jean-Baptiste, à l’image de la Parole de Dieu, fut « mon ravissement et l’allégresse de mon cœur » (Jr 15,16), et je compte bien continuer à m’appuyer sur cette "boussole" pour approfondir mon discernement et continuer à cheminer avec le Christ pour aller là où Il le souhaite.
Baudouin
Enraciné dans le combat pour la Vérité, le vénérable Jean-Paul II disait aux jeunes à Rome en l’An 2000 : «Vous avez tous une vocation au martyre ; ça ne sera plus le martyre sanglant des premiers chrétiens, ce sera le martyre de la fidélité à contre-courant.» «Je pense en particulier aux jeunes […] consacrés et à la difficulté de persévérer dans leur vocation.» Cette phrase résume bien ce que j’ai vécu cette année à la Maison Saint Jean-Baptiste.
J’ai pu expérimenter le désert d’amis et de sorties, le combat spirituel, et toutes les difficultés inhérentes à la vie en communauté et à l’exigence de l’appel de Dieu sur moi. Et pourtant je suis resté ! Certainement parce que se rapprocher du Christ c’est aussi pressentir son bonheur, accroître sa liberté et faire l’expérience de la foi. Dans ce sens, les 30 jours d’exercices spirituels ont été pour moi une bouffée d’oxygène et un phare de signal : ils ont montré combien le Christ peut combler la vie de ceux qui lui donnent tout.
Bertrand
Ce que j’ai reçu de la Maison Saint Jean-Baptiste ? Avant tout j’en retire un lien plus personnel avec le Christ ; tiré d’un approfondissement de Sa Parole (grâce à la lecture continue des Écritures notamment), de la vie sacramentelle régulière (Eucharistie et Confession), ainsi que d’un temps quotidien passé seul à seul avec le Seigneur.
La vie communautaire a aussi était un des principaux éléments de cette année : les liens fraternels forts qui s’établissent sont exigeants mais aussi très riches en grâces ; cette vie en communauté permet de mieux se découvrir et d’incarner la charité, réel chemin de sanctification.
Même si les plus beaux fruits ont été cueillis, pour ma part, au cœur de cette fidélité dans la vie à la Maison Saint Jean-Baptiste ; nous avons pu vivre des moments importants, tels que le mois à l’Arche, les 30 jours d’Exercices spirituels de St Ignace ou le Triduum Pascal en Abbaye. Chacun étant source de grâces particulières.
J’ai pu également faire une expérience plus grande de la communion des saints : soutenu, porté tout au long de l’année par la prière de contemplatifs ou de personnes du diocèse (paroissiens, membres du Monastère Invisible ou encore l’enfant qui m’a parrainé dans la prière). Seul avec Dieu, on est loin d’être esseulé en année désert !
C’est avec conviction, en ayant au cœur toutes les grâces offertes par le Bon Dieu, que je parle de ce temps de discernement comme d’une année de Fondation Spirituelle.
Gauthier
Une année de discernement à la Maison Saint-Jean-Baptiste... La première fois que l'on m'en a parlé il y a maintenant cinq ans, je n'étais pas très partant, je voyais ça comme un délai supplémentaire à la période de six ans déjà considérable du séminaire. Mais alors que je poursuivais mes études profanes, j'ai fini par me dire que finalement, si l'on est prêt à donner sa vie à Dieu, on ne doit pas poser de conditions, mais le laisser en disposer comme il l'entend. Et je lui rends grâce de cette année donnée qui m'a permis d'accomplir un réel chemin en moi-même et de progresser humainement et spirituellement.
J'ai réalisé combien il est vain de rechercher des solutions toutes faites et à quel point la quête du seul savoir est un leurre, car toujours l'Esprit Saint nous ramène devant l'essentiel : Dieu dont le mystère est si grand et infini que tous nos pauvres concepts sont bien en peine de permettre de le décrire, ou simplement de l'approximer. Et pourtant ce Dieu si grand a su se faire si proche, quelle merveille! Cette année, j'ai aussi réalisé à quel point la liberté de Dieu respecte la liberté de l'Homme : ma vocation, Dieu me la donne, mais c'est à moi de la construire avec lui, jour après jour, dans une liberté toujours plus grande, jusqu'au dernier jour.
Jean-Bernard
Il est difficile de résumer en quelques lignes ce qui a été vécu durant cette année, tant elle fut riche, aussi bien sur le plan humain que spirituel. L'expérience à l'Arche, la visite des malades, m'ont invité à me poser des questions sur le sens et les priorités de la vie, et m'ont renvoyé vers mes propres fragilités.
Sur le plan spirituel, le point le plus important de l'année est l'approfondissement de la relation à Dieu. Le sens de la vocation en lui-même s'est bien affiné au cours de l'année : appel à la vie en Dieu à travers une réponse libre. Elle se fonde dès ici-bas par un appel intemporel de chacun à rentrer dans une communion simple d'amour avec Dieu, relation unique et propre à chaque homme et femme. Aussi avant de pouvoir s'attarder sur la question de la vocation, l'apprentissage de la vraie liberté, celle que nous montre le Christ, est primordiale et je crois que c'est ce qui m'a le plus marqué cette année : elle m'a rendu plus libre.
Laurent
Pour le jeune pro que j’étais, il y a quelque chose de crucifiant dans l’année Saint Jean-Baptiste : abandonner le confort de son appartement, les dîners et sorties, les grasses matinées le week-end, se déconnecter de Facebook et de sa boîte mail, ne plus avoir en permanence son téléphone portable sous la main ; perdre sa liberté pour vivre l’obéissance, perdre son autonomie pour vivre en communauté, supporter 7 jours sur 7 tous les caractères que le Bon Dieu a mis autour de moi ; rentrer dans l’ascèse de la lectio divina quotidienne, pendant une heure, et la fidélité à la lecture de la Bible chaque soir tout au long de l’année ; tenir 30 jours dans le silence et l’exigence des exercices spirituels de Saint Ignace. Que de renoncements, que de conversions opérés en un an !
Et pourtant, derrière cette radicalité, ces exigences, parfois ces difficultés, j’ai trouvé un équilibre et une joie à suivre le Christ qui dépasse tout ce que j’ai pu vivre auparavant… non pas l’euphorie des soirs de fête mais la joie paisible de connaître l’espérance qui ne déçoit pas. La joie puisée dans le silence de la prière, la joie venue de l’Eucharistie, de Jésus qui se donne et se fait connaître par sa Parole et par son Corps et son Sang. La joie partagée en communauté, la joie de la rencontre du Christ dans ses préférés, ses chouchous, les personnes âgées visitées chaque semaine, les personnes handicapées rencontrées à l’Arche : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40)…
Finalement, je retiendrai la grande cohérence, la grande unité de vie de cette année : dans la prière, dans l’Eucharistie, dans la Parole de Dieu, dans mes frères, c’est toujours le même Christ que je rencontre. Et c’est ce Christ que je veux servir et annoncer. Et comment mieux l’annoncer qu’en le rendant présent par ses sacrements, éminemment le Saint-Sacrement de son Corps et de son Sang ? Je n’ai pas trouvé de meilleure réponse : l’année prochaine, je serai au séminaire.
- Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires
Près de chez vous
Sommaire
- Service Diocésain des Vocations
- Chercher sa vocation
- Maison Saint Jean-Baptiste
- Séminaristes
- Communautés religieuses
- Témoignages
- L'accompagnement spirituel
- Soirée de Recherche
- Vocations religieuses
- Maison Saint Jean-Baptiste
- Les jeunes de la Maison Saint-Jean-Baptiste - année 2003 et 2004
- Les jeunes de la Maison Saint-Jean-Baptiste - année 2004 et 2005
- Les jeunes de la Maison Saint-Jean-Baptiste - année 2005 et 2006
- Les jeunes de la Maison Saint-Jean-Baptiste - année 2006 et 2007
- Les jeunes de la Maison Saint-Jean-Baptiste - année 2007 et 2008
- Les jeunes de la Maison Saint-Jean-Baptiste - année 2008 et 2009
- Les jeunes de la Maison Saint-Jean-Baptiste - année 2009 et 2010
- Vie consacrée : les Instituts Séculiers
- Prier pour les vocations
- Documents de référence
- Quête impérée :Journée Mondiale des Vocations et pension des séminaristes
- Soutenir les vocations


