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Chapelle de la Providence Versailles


Restauration de la chapelle de la providence

La chapelle des catéchismes, dite « de la Providence » à Versailles.

versailles-chapelle-de-la-providenceJouxtant l’actuelle cathédrale Saint Louis de Versailles, la chapelle des catéchismes a été construite en 1760 par l’architecte Louis François Trouard (1729-1797). Ce même architecte construira, en 1770, l’église Saint Symphorien de Versailles.
L’édification de l’église Saint Louis dont les plans avaient été donnés par Jacques Mansart de Sagonne, était terminée depuis 1754. Trouard reçoit alors la charge de réaliser les derniers aménagements : autels, confessionnaux, sacristie.

La Fabrique(1) lui demande également les plans d’un lieu destiné à l’enseignement du catéchisme. Il réalise alors une œuvre empreinte d’un esprit totalement nouveau très fortement inspiré de l’Italie et, en particulier de Palladio, (1508-1580), architecte célèbre de la Renaissance. L’art rocaille tel qu’il a été pratiqué par Mansart à l’église Saint Louis est passé de mode. Comme l’avait préconisé Palladio dans son traité « des quatre livres » (1470), l’Antiquité sert désormais de modèle aux architectes de la fin du XVIII° siècle. Gravité, simplicité et grandeur sont les maîtres mots de ces œuvres dites néoclassiques.

cath-chapelprovid-int52.jpgcath-chapelprovid-int49.jpgLa chapelle est composée de deux nefs très sobres, réunies par un chœur coiffé d’un dôme, orné de splendides caissons ouvragés. Ce dôme repose sur douze colonnes ioniques très pures.
Desservi par une porte ouvrant sur l’extérieur, le vestibule couvert d’une voûte à caissons nus, est pourvu de deux entrées donnant sur chacune des nefs. Garçons et filles sont ainsi séparés comme il était de bon ton au XVIII° siècle.

L’extérieur de cette chapelle vient d’être restauré. De nombreuses pierres ont dû être changées, la façade a retrouvé sa blondeur et les bas-reliefs sont à nouveau mis en valeur.cath-chapelprovid-fronton-tfp.jpg
Ces bas-reliefs, sculptés par Augustin Pajou (1730-1809) représentent de façon allégorique la Religion entourée des quatre Vertus cardinales : Tempérance, Force, Justice, Prudence.
La Religion porte une croix et désigne le livre ouvert de l’Ecriture. Pajou représente à sa gauche les Tables de la Loi et le bâton fleuri d’Aaron, à sa droite les attributs de l’Eglise : la tiare pontificale et les clés de saint Pierre.
La Force est assise, appuyée sur une massue, tandis que deux enfants ailés chevauchent un lion.
Le chameau et l’eau évoquent la Tempérance ; le miroir et le serpent, la Prudence ; l’épée et la balance portée par les enfants, la Justice.

La rigueur de la composition, la grâce tranquille des figures féminines et la présence espiègle de nombreux «  putti » (2) sont caractéristiques de l’art serein d’Augustin Pajou.
Il est donné à voir par ces sculptures la manière dont peut être dispensé l’enseignement du catéchisme par les clercs à ce moment du XVIII° siècle.

(1) fabrique : groupe de clercs et de laïcs qui veillent à l’administration des biens d’une église.
(2) Putti : angelots

Béatrice Dumas