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Un an après…l’accueil des réfugiés


Quel est le bilan, un an après, sur l’accueil des réfugiés dans les paroisses ?

Le mercredi 9 novembre dernier, le service de la Diaconie, Philippe Duquenoy et Marie- Anne Hameury, a réuni des responsables de l’accueil des réfugiés dans les paroisses du diocèse en présence du père Patrick Bonafé, vicaire général.

Quelques chiffres concernant les familles actuellement accueillies dans les paroisses du diocèse :

  • 63 % des paroisses des Yvelines mènent une action en faveur des réfugiés.
  • 30 paroisses accueillent 35 familles et deux familles vont bientôt arriver. Deux autres paroisses ont un projet déjà bien avancé.
  • Cent familles se sont engagées avec « Welcome 78 » pour accueillir des personnes seules : cela représente 15 demandeurs d’asile accueillis pour un total de 2400 nuitées.
  • 6 paroisses mènent une action autre en faveur des réfugiés.

Les familles sont des familles chrétiennes, en grande majorité syriennes ou irakiennes. Elles étaient majoritairement déjà présentes sur le territoire français, qu’elles aient ou non déjà le statut de réfugiés.

 

Remontée des paroisses

Les difficultés :

  • L’apprentissage de la langue et les démarches administratives
  • Le traumatisme du vécu et les problèmes culturels : les familles ont subi un grand traumatisme et n’ont pas notre culture par exemple vis-à-vis de la femme dépendante du mari, qui en France s’avère différent.

Certaines familles ont du mal à se livrer, d’autres doivent accepter un niveau de vie très différent de celui qu’elles avaient avant.

Se pose également pour elles le problème de la famille restée au pays.

  • L’implication de la communauté paroissiale est parfois difficile.

 

 

De nombreux fruits humains et spirituels sont visibles

  • Le témoignage des réfugiés, de paroissiens très émus par le Notre Père récité en araméen.
  • L’élan de solidarité des paroisses, les difficultés résolues, l’humilité de chacun qui apporte mais doit respecter l’autonomie des réfugiés.
  • L’accueil d’une personne seule à domicile pendant 4 à 5 semaines, dans le cadre de Welcome, permet une richesse de l’échange, un rayonnement autour de la paroisse dans le village, le quartier et un resserrement des liens avec la commune, les associations….
  • La richesse des relations.

 

Intervention de Hervé du Souich (Président du secours catholique)

Jusqu’où peut-on aider dans l’accueil matériel ?

  • L’accompagnement des personnes se fait avec leur vécu, telles qu’elles sont. Il faut faire preuve de beaucoup d’écoute.
  • Savoir trouver la juste distance : il faut accompagner mais on ne fait pas à leur place car c’est un mauvais service à leur rendre. Cela devient une situation d’assisté et non de responsabilité. Tant pis si l’on perd en efficacité.
  • Faire appel aux services spécialisés dont c’est le métier.
  • Laisser la famille sans être dans l’appropriation, l’aider mais ne pas attendre des remerciements, ce sont comme nos enfants qui ne sont pas nos enfants
  • Que chaque équipe sache doser son aide afin de ne pas manquer de souffle – faire des pauses comme Jésus qui priait, faire une relecture en petits groupes pour s’ajuster…Savoir prendre son temps.

 

Après avoir remercié les paroisses de leur investissement, le père Bonafé a souligné l’importance d’assurer un accueil dans la dignité : il faut beaucoup de délicatesse auprès de ces personnes tétanisées par les chocs vécus.

La mise en confiance est longue. Il faut leur offrir un accueil communautaire plus global avec un maximum de personnes apportant un réseau de compétences et s’impliquant. Ainsi on pourra éviter qu’ils se sentent redevable à quelques personnes ou que le peu de personnes impliquées s’essoufflent. On donne, on reçoit, chacun s’enrichit de l’autre.