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Piété populaire et évangélisation à Mantes


Aux ‘périphéries’ de nos églises, parfois même à l’intérieur, de multiples formes de piété populaire interpellent : souvent, elles sont à évangéliser … parfois, elles nous évangélisent.

La collégiale, véritable outil missionnaire

Comme le souligne un membre des ‘Amis de la collégiale’ assurant une permanence au bureau d’accueil à l’entrée de cette illustre église, il faut accueillir le visiteur tel qu’il est, là où il en est.  Il vient d’abord par curiosité, surtout s’il s’agit d’un de ces nombreux touristes étrangers qui débarquent des bateaux de croisière sur la Seine en contrebas : «  Ils sortent du bateau en touristes, mais finalement c’est en pèlerins qu’ils montent les marches menant à l’église. C’est ainsi qu’il nous faut les accueillir en leur présentant le flyer décrivant la collégiale en 8 langues ».  Il faut donc d’abord satisfaire la curiosité de ces visiteurs d’un jour et leurs premières questions sont le plus souvent d’ordre historique ou architectural. C’est dans un deuxième temps que viennent des questions plus profondes touchant à la foi : « Cela montre bien qu’au-delà d’une pure curiosité artistique, les gens ont soif de vérité  ». « La collégiale est un vrai outil missionnaire  » poursuit un autre participant « et l’architecture amène le visiteur à se poser plein de questions : notre flyer n’est finalement qu’une porte d’entrée, une ouverture et nous encourageons toujours les visiteurs à nous poser toutes les questions qui leur viennent à l’esprit.  »

Du sucre pour sainte Thérèse

Mais d’autres personnes viennent à la collégiale dans une démarche vraiment spirituelle ; en témoignent ces petits bouts de papier finement roulés et glissés dans des anfractuosités du mur … ou entre les doigts de pied de la statue de Marie. Sur ces bouts de papier, des prières de demande écrite en langue tamoul, des prières d’actions de grâce. Quand ce ne sont  pas des fleurs, des paquets de sucre ou de farine déposés parfois ici ou là comme des ex-voto au pied de certaines statues, notamment celles de sainte Thérèse et de la Vierge Marie.

Plus facile pour certains d’entrer dans une librairie que dans une église

Ces expressions de piété populaire, parfois originaires de l’autre bout du monde, les animateurs de la Librairie du Mantois en font également l’expérience : « Nous recevons souvent des demandes de neuvaines et on nous demande parfois celle qui ‘marche le mieux’ », indique avec le sourire l’une des bénévoles de cette librairie. « Une fois, c’est une voyante qui avait recommandé à la personne qui entrait à la librairie d’acheter une statuette de Marie  ». Mais au-delà des demandes d’encens, de statuettes ou de chapelets, le dialogue s’établit et débouche parfois sur de riches partages. « Il est plus facile, moins engageant, d’entrer dans une librairie que dans une église ou un presbytère  » poursuit un autre bénévole. La librairie devient alors lieu d’échanges et c’est bien dans cet esprit que ses responsables y ont installé table et chaises pour faciliter la rencontre.

L’1visible, une bonne lecture dans le train

Avec ses quatre numéros par an, l’édition mantoise de L’1visible est devenu un outil d’évangélisation à part entière dans tout le secteur de Mantes et de Limay. Une équipe rédactionnelle locale veille à la qualité du contenu des 8 pages d’informations du doyenné et une autre équipe assure la distribution en boîtes aux lettres et à l’entrée des gares de Mantes et de Limay. Pour ces bénévoles, «  Les gens qui le prennent apprécient d’avoir entre leurs mains un journal gratuit à parcourir dans le trainC’est important que la première page ne soit pas trop affichée ‘catho’ et aborde des questions de société ou de grands sujets d’actualité : la première page, c’est le sas d’entrée et il faut qu’elle soit attrayante pour que le lecteur ait envie d’aller plus avant dans le contenu du journal. »

Le geste associé à la parole

Répondant à une question concernant les innombrables demandes de bénédictions d’objets de toutes sortes (surtout si l’objet est béni par l’évêque ! !),  Mgr Aumonier soulignait un jour le fait que de telles requêtes pouvaient conduire assez loin quand on prenait le temps de la rencontre. La personne qui demande qu’on bénisse son chapelet ou tout autre objet est bien plus importante que l’objet lui-même : il faut lui donner la possibilité de s’exprimer, de se dévoiler, d’expliquer la raison de sa démarche. Bénir un objet sans prendre le temps de s’arrêter, d’entrer en relation, pourrait trop facilement renforcer dans certains milieux populaires l’image un peu ‘magique’ des objets bénis. Et Mgr Aumonier d’ajouter : « Vécue ainsi, la demande reçue me touche et je porte la personne qui me l’a formulée dans la prière. Cela m’évangélise ! »

 

 François Blanty