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théologie du corps

A l’école de la théologie du corps


Cinquante personnes ont suivi les quatre soirées de formation proposées en janvier par le service de la Mission pour la famille sur la théologie du corps de Jean-Paul. Retour d’expérience

La Mission pour la Famille a relevé le défi d’organiser un cycle de formation sur 4 soirées autour du thème de la « théologie du corps » développée par le pape saint Jean-Paul II. 4 soirées pour découvrir ou approfondir les notions essentielles de cet enseignement tout en cherchant à se les approprier pour soi et pour son couple, faisant passer cette pensée riche, profonde et parfois complexe de la tête au cœur et au corps.

 

Un pèlerinage ?

Ce « pèlerinage » voulait être favorisé par plusieurs ingrédients. Tout d’abord, un enseignement donné à deux voix, l’une sacerdotale avec le père Olivier Plainecassagne, curé de Chatou et l’autre laïque et maritale avec Pauline Goater, responsable pour le diocèse de la Mission pour la Famille. Ensuite, des temps de question-réponse ; contre toute attente, les questions ont fusé par oral et non par écrit comme cela était prévu, dans une atmosphère de simplicité et de conscience partagée que tous sont en chemin par rapport à l’appel du Créateur sur l’Homme.

Par ailleurs, quelques petites pauses ont été faites grâce à la projection (jugée insuffisante, essentiellement pour des questions d’informatique et de réseau !) de vidéo-clips de chanteurs ou de danseurs, montrant les écarts anthropologiques entre la culture moderne parfois, et la vérité intrinsèque de l’amour dans le plan de Dieu, mais aussi les soifs profondes qui se cachent entre les lignes de tubes bien connus. Enfin, honorer le plus possible les notions rigoureuses de Jean-Paul II n’a pas empêché de faire des liens avec des témoignages plus concrets de situations diverses.

 

Quels participants ?

Si linvitation était ouverte à tous, ce sont surtout des personnes engagées auprès des jeunes, des fiancés et des couples mariés qui sont venues suivre cette formation. Plus de 60 % étaient des femmes ce qui laisse tout de même un bon pourcentage de participation aux hommes. La majorité des participants avait entre 30 et 45 ans, et le plus jeune était un séminariste. 60 % des participants étaient mariés (mais pas forcément avec leurs conjoints). « Ils sont venus pour se former » et « nourrir leur foi » et leur vie de couple. Leur attente était exprimée à la première soirée comme assez concrète : pas de grandeur de théologie du corps sans embrasser le réalisme.

 

Un trésor à portée de main.

Après avoir situé la théologie du corps dans son contexte et dans ses objectifs, le père Plainecassagne et Pauline ont cherché à s’attacher au cheminement de la pensée même de Jean-Paul II, en précisant les notions,  commentant les textes bibliques fondamentaux et en débouchant sur les conséquences éthiques évoquées mais si mal comprises dans Humanae Vitae. Ainsi, pas à pas, on comprend que la vérité de l’identité de l’homme et de la femme dans le plan du Créateur réclame la formulation d’une anthropologie adéquate, qui elle-même, entraine une éthique adéquate.

Si bien que cette dernière, loin d’être une morale plaquée et trop lourde à porter sur l’être humain, est alors comprise en profondeur comme étant au service du déploiement de la vocation profonde de l’homme et de la femme créés pour se donner l’un à l’autre. La lumière se fait progressivement et tout trouve une unité telle, qu’on y devine l’amour du Créateur et le Salut du Rédempteur pour soi.

Unité que cherchent tout autour de nous nos contemporains, comme Mylène Farmer dans sa chanson « Génération désenchantée » : je voudrais retrouver l’innocence, mais rien n’a de sens et rien ne va ». Ou encore Florent Pagny, qui illustre une évolution personnelle, depuis le clip de sa jeunesse « Si tu veux m’essayer » (1994), bien loin de la pensée de Jean-Paul II, jusqu’à son récent tube « Moi je veux vieillir avec toi, c’est mon plus beau rêves ici-bas » (2013) mis en scène avec des photos familiales.

 

Et la suite ?

A la lecture des fiches d’évaluation, les auditeurs sont repartis heureux de cette occasion d’avoir pu approfondir ce thème trop rarement abordé dans l’Eglise, et pas toujours dans une conscience de conversion et de cheminement graduel pour tous.  A l’issue de la dernière soirée, un participant s’est exclamé, après les nombreuses questions posées sur les points délicats d’Humanae vitae que Jean-Paul II cherchait à fonder : « cette théologie du corps est un trésor que nous ne pouvons garder pour le cercle fermé des convaincus.

Tous les jeunes couples doivent pouvoir y avoir accès selon la pédagogie de Jean-Paul II qui nous ouvre infiniment à la vérité du plan de Dieu sur l’Homme et au sens profond de l’éthique proposée par l’Eglise  ; ensuite, au moins, ils pourront prendre leurs décisions librement et en vérité, et avancer, étape par étape selon leur choix, avec une conscience éclairée ».

D’autres participants témoignent de ce que cette formation leur a apporté « beaucoup de compréhension et de pistes pour (sa) propre vie de couple ». Ou encore une « envie de transmettre à nos jeunes cette importance de l’union indissoluble des corps voulue par Dieu, qui est belle et source d’émerveillement ».

 

Des soirées denses sur le fond, mais que les participants n’hésitent pas à recommander à « leurs équipes de préparation au mariage, leur paroisse, leurs conjoint ou leurs grands enfants ». ils témoignent de ce que les échanges ont été « très riches et très touchants », permettant aussi de « très belles rencontres » entre les participants. Une formation bien orchestrée, même si certains ont regretté de ne pas avoir eu plus de temps pour approfondir « Humanae Vitae ». « Mais nous serions-nous engagé sur un parcours plus long ? » s’interrogent-elles en même temps.

S’il y a une prochaine fois, promis, les dossiers remportés sous le bras seront encore plus fouillés. En attendant que chacun investisse dans les 750 pages  du texte lui-même et les investisse de sa lecture méditative et… incarnée ! car nous dit Jean-Paul II, « l’être humain, homme ou femme, non seulement parle avec le langage du corps, mais aussi, en un certain sens, il permet au corps de parler pour lui et de sa part à lui ; je dirais en son nom et sous son autorité personnelle ». C’est ce que Jean-Paul II appelle le corps prophète. Prophète pour notre monde d’aujourd’hui.

 

Un collectif d’auteurs.