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Supérieur du séminaire

Entretien avec le père Matthieu Dupont, supérieur du séminaire de Versailles


Supérieur de séminaire … en quoi ça consiste? A l’occasion de l’anniversaire des 10 ans de réouverture du séminaire de Versailles et de la prochaine “Saturday Night Prayer”, attardons-nous sur le quotidien du supérieur du séminaire de Versailles.

Vous êtes le supérieur du Séminaire de Versailles – expliquez-nous – qu’est-ce que cela veut dire ?

 En deux mots, je dirais que c’est un savant mélange entre un chef d’établissement et un père au foyer. Chef d’établissement car le supérieur est là pour veiller au cadre de la formation des séminaristes : choix des lieux de formation, emploi du temps, choix des pères spirituels, choix des apostolats …

Et père au foyer car il s’agit de faire grandir des frères et de discerner avec eux  l’Œuvre de Dieu. Habitant avec eux, je suis en réalité à la fois père, frère et compagnon de ces jeunes. Ce qui requiert à la fois une grande attention fraternelle envers chacun et le respect d’une certaine distance afin de laisser sauve la liberté du jeune.

L’évêque m’a confié il y a trois ans la mission de veiller à la formation humaine, spirituelle, intellectuelle et pastorale des séminaristes. C’est évidemment une mission d’équipe, je suis épaulé par un conseil, des professeurs, d’autres prêtres… Ces deux années de « philosophie » passées au séminaire – le second temps de formation dit de « théologie » se passe dans d’autres séminaires – doivent permettre de vérifier les critères d’une authentique vie sacerdotale :

  • Le prêtre est un homme de relation et de communion, doté d’une vraie capacité de discernement.
  • Le futur prêtre est un homme de Dieu, pour cela le séminaire de Versailles a fait le choix de se mettre, entre autres, à l’école de saint Ignace. Les « grands exercices », une retraite en silence de trente jours sont proposés lors de la première année de formation.
  • Enfin, des aptitudes pour la pastorale doivent être reconnues.

 

Pour vous, que signifie cet anniversaire des 10 ans de réouverture ?

 C’est d’abord  reconnaitre l’Œuvre de Dieu. Dieu dans la vie des 75 séminaristes qui sont passés dans cette maison. L’acte de foi posé par notre évêque il y a dix ans a été vérifié.

Je pense également que nous entrons dans un autre temps de la vie du séminaire. Après celui de la fondation, qui a duré 10 années, nous entrons désormais dans celui de la manifestation. Il ne faut pas oublier qu’en réalité, nous fêtons pour ainsi dire le 210ème anniversaire de l’ouverture du séminaire de Versailles, fondé le 1er septembre 1807, couvrant alors l’ensemble du « diocèse de la Seine et Oise »,.

supérieur du séminiare

 

« La Saturday Night Prayer et les foulées du Séminaire », parlez-nous de ces deux événements atypiques.

 C’est très simple en réalité. Avec la « Saturday Night Prayer », qui a lieu rappelons-le, le 22 avril à partir de 20h dans la Cathédrale, nous attendons tous les jeunes de 16 à 25 ans  entourés des fidèles du diocèse pour rendre grâce avec notre évêque  pour ces 10 années du séminaire. Et puis, c’est l’occasion d’entourer les prêtres, les soutenir, les porter et leur dire simplement merci pour ce qu’ils sont.

Avec les « Foulées du séminaire », l’idée est de créer une dynamique originale et accessible autour du séminaire. Il s’agit de constituer une équipe de 6 personnes, de parcourir 9 km sur les berges de Seine, l’épreuve s’achevant par une visite du séminaire. Ce sont les séminaristes qui accueillent et organisent l’épreuve.

 

Le séminaire de Versailles : un séminaire comme les autres ?

 C’est évidemment un lieu de formation des futurs prêtres de l’Eglise et à ce titre, les points communs avec les séminaires d’autres diocèses sont nombreux. Toutefois, le séminaire de Versailles n’est pas dépourvu de spécificités.

 En premier lieu, il y a en France très peu de séminaires réellement diocésains – ce sont très souvent des séminaires « partagés » entre plusieurs diocèses. Dans les Yvelines, nous avons un séminaire voulu et porté par notre évêque, Eric Aumonier.

En second lieu, la force du séminaire de Versailles, c’est une certaine exigence de formation en vue de la mission : une formation intellectuelle philosophique et théologique enracinée dans la Tradition de l’Eglise ou encore une formation pastorale auprès des plus pauvres.

Ce qui caractérise également cette maison à Chatou, c’est sa dimension fraternelle. Le bâtiment en lui-même est tout à fait « à taille humaine » : une maison familiale qui vise une vraie fraternité.

Enfin, le séminaire est profondément inséré dans la famille diocésaine, son cœur bat au rythme des grands évènements diocésains, ses intervenants et ses lieux d’apostolats sont très souvent issus du diocèse.

 

Quels sont les points d’attention pour l’avenir ?

Je crois que nous pouvons aller encore plus loin dans notre capacité à accueillir la pauvreté sous toutes ses formes. Je veux continuer à aider les séminaristes sur leur chemin de conversion auprès des pauvres, des malades et des personnes avec un handicap.

Nous allons, aussi, continuer nos efforts avec les membres du conseil pour que l’affectivité et la sexualité des futurs prêtres soient pleinement intégrées et assumées. Dans un monde qui ne comprend pas le célibat, comment travailler et habiter une vie affective et sexuelle qui soit pleinement « sel de la terre » et signe d’espérance pour notre temps ?

C’est pourquoi, nous allons renforcer les liens avec des familles amies dans le but de permettre aux séminaristes de percevoir la beauté et les exigences de la vocation au mariage chrétien et aussi d’envisager concrètement la communion des états de vie dans l’Eglise.

En conclusion de cet entretien, je peux dire que l’on ne devient pas prêtre en vue d’être supérieur de séminaire mais que cette vie est emplie d’une très grande joie, celle de voir grandir et se réaliser chaque jour dans leur humanité ces jeunes hommes et ainsi répondre librement à l’appel de Dieu.

 

Par Guillaume Machu