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Les livres coups de cœur de la bibliothèque


Voici, pour la première fois, les coups de cœur de la bibliothèque. Vous pouvez aussi les réserver par mail : bibliotheque@catholique78.fr

Les coups de cœur de la bibliothèque qu’est ce que c’est ? Une sélection de livres parmi les nouvelles acquisitions.  L’équipe et/ou les lecteurs de la bibliothèque diocésaine, veulent vous faire partager ces ouvrages qui les ont marqués.

La Communauté  – Raphaëlle Bacqué,  Ariane Chemin

Par ce livre Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, journalistes au Monde, nous racontent Trappes, au travers d’une enquête détaillée et passionnante sur cette ville des Yvelines et ses habitants. Au détour des pages, se dessine au travers des hommes et des femmes l’histoire de cette ville et le glissement vers le fondamentalisme, le repli identitaire. Plus qu’une enquête sociologique, le lecteur rencontre des personnes avec leur histoire, des vies compliquées, cabossées. L’éventail est large et ne réduit pas Trappes à ce que l’on entend ou voit dans les médias.  J’ai été touchée par les itinéraires, par cette solidarité, par les difficultés rencontrées, cette réalité du diocèse qui nous laisse sans réponse rassurante toute faite mais nous amène à réfléchir sur l’autre, modifier notre regard.

Claire de Chambure

 

Brève apologie pour un moment catholique – Jean-Luc Marion de l’académie française

Sait-on que veut dire l’expression « laïcité à la française » ? Le terme de « laïcité » détourné de son usage et vidé de son sens devient de nos jours un contresens. C’est pourquoi Jean-Luc Marion nous propose de parler de la séparation : parce que c’est d’une séparation du pouvoir politique avec l’autorité religieuse qu’il s’agit. Loin de s’y opposer, les catholiques en sont les plus fervents défenseurs. Nous le savons très bien et l’histoire nous l’a démontré, « l’athéisme ne dispense pas un régime totalitaire de vouloir se sacraliser, bien au contraire ». En effet, la séparation nous protège contre toute volonté de totalitarisme et de la sacralisation d’un régime politique, fût-ce un État laïc.

Gabriella Varhol

 

Veilleur, où en est la nuit ? – Adrien Candiard

Ce petit livre, qui se lit en peu d’heures, est un remède à la mélancolie et aux chants des fausses sirènes.L’auteur nous fait découvrir en langage clair et exigeant que « nous sommes un peu brutalement dépouillés de bien de fausses sécurités et que nous voilà donc acculés à espérer en Dieu. »En prenant racine dans l’histoire de Jérémie, il nous appelle au courage et à l’espérance qui n’est absolument pas un optimisme naïf. Il regarde avec clairvoyance les dangers qui guettent les chrétiens face aux pertes de repères, au chômage de masse et au terrorisme.Avec lui, nous comprenons qu’espérer c’est croire que Dieu nous rend capables de poser des actes éternels et, du coup, de vivre et d’agir en donnant la priorité à l’éternité et non pas aux choses qui passent. Cela permet de prendre notre monde au sérieux tout en remettant les choses à leur juste place.Enfin, il nous fournit des recettes pour devenir des porteurs de joie et de salut et ainsi vivre l’espérance chrétienne et la partager.Il nous emmène à comprendre « qu’espérer, c’est accepter d’adopter le point de vue de l’éternité, non pas un point de vue froid et lointain, mais, au contraire, le point de  vue de l’amour ». Il nous propose une vraie conversion mais avec beaucoup de joie.

Christine Bouvet

Bakhita – Véronique Olmi

Bakhita. Ce nom aux sonorités qui claquent lui a été donné par ses premiers ravisseurs, ceux qui l’ont enlevé et arraché à sa famille, à son village quelque part au Soudan, quand elle avait sept ans …Elle ne se souvient même plus de son vrai prénom, pas même du nom de son village ou de ses parents. Mais seulement de celui-là, qui veut dire « la chanceuse ». Alors au début du récit, on s’interroge : « chanceuse », cette petite fille apparemment superbe qui a été tour à tour la proie de marchands d’esclaves, subissant jusqu’à l’âge adulte les pires humiliations, souffrances morales et corporelles ? Non mais étonnamment forte, avec en elle une rage de vivre, une soif d’aimer et une grande espérance. Son calvaire prend fin avec son arrivée en Italie et la rencontre avec un homme bon qui posera sur elle un autre regard que ceux qu’elle a pu connaitre précédemment ; un regard d’amour comme celui du Christ que cet homme lui fera découvrir. Bakhita demandera à être baptisée puis sera religieuse et déclarée sainte par Jean Paul II en l’an 2000.

Assurément, cet itinéraire de vie hors du commun mêlant résignation et dignité face aux épreuves bouleverse. Il bouleverse mais aussi interpelle car n’est- il pas semblable en beaucoup de points à toutes ces histoires d’hommes et de femmes qui arrivent actuellement dans notre pays après tant de combats ? Qu’en est-il de notre propre regard posé sur eux ?

C’est peut- être un peu à cela, à cette conversion du regard que Véronique Olmi nous invite implicitement en faisant découvrir la vie de cette femme incroyable devenue la sainte patronne du Soudan. Cette ancienne esclave qui, malgré toutes les perversités endurées a persisté à regarder chaque personne rencontrée avec une grande bonté.

A n’en plus douter, Bakhita est désormais un prénom voué à la postérité, c’est surtout un prénom à donner, et à porter avec fierté.

Anne-Sophie Dubecq