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Décès du Père Jean Dujardin


Le Père Jean Dujardin, grande figure du dialogue entre Juifs et Chrétiens, est décédé le 3 mars 2018. Rendons-grâces au Seigneur pour sa riche contribution au dialogue judéo-chrétien et prions pour que son exemple motive des chrétiens à avancer avec nos frères juifs sur un chemin de fraternité.

Grande figure du dialogue judéo-chrétien, le père Jean Dujardin, théologien, historien et auteur de nombreux ouvrages sur le judaïsme et la Shoah, est décédé dans la nuit du vendredi au samedi 3 mars 2018.

Né en 1936, entré à l’Oratoire en 1955 et ordonné prêtre le 24 juin 1962, il a consacré une large partie de sa vie au dialogue entre juifs et catholiques. Après avoir été directeur de l’École Saint-Martin de France, établissement oratorien où il a enseigné l’histoire, le père Jean Dujardin est devenu, en 1987, secrétaire du Comité épiscopal français pour les relations avec le judaïsme alors qu’il était en parallèle supérieur général de l’Oratoire de France.

Une connaissance parfaite de l’histoire et le souci de la parole juste

« Il a joué un rôle central et fait considérablement avancer les relations entre juifs et chrétiens, témoigne Jacqueline Cuche, présidente de l’Amitié judéo-chrétienne de France (AJCF), dont il était membre du comité directeur. Le père Jean Dujardin avait beaucoup œuvré lors de l’affaire du Carmel d’Auschwitz. Il se distinguait par une connaissance parfaite de l’histoire, de l’Église notamment, une grande attention aux autres et le souci de la parole juste ».

Il est à l’origine de l’association « Train de la mémoire » qu’il a créée avec les sœurs de Sion. Celle-ci emmène tous les deux ans, en Pologne, dans les camps d’Auschwitz-Birkenau, des lycéens pour un travail de mémoire sur la Shoah.

En 1992, il est intervenu pour suspendre le procès en béatification de la reine d’Espagne, Isabelle la Catholique, souveraine qui avait expulsé les Juifs d’Espagne. Infatigable artisan du dialogue dans la vérité, il a également pris une part active dans la rédaction de la Déclaration de repentance des évêques de France lue à Drancy, le 30 septembre 1997. Dans ce document majeur sous l’impulsion notamment du cardinal Jean-Marie Lustiger, l’Église de France qui reconnaît son « silence » face à la « tentative d’extermination du peuple juif »,implore « le pardon de Dieu » et demande « au peuple juif d’entendre cette parole de repentance ».

Une référence des relations judéo-chrétiennes

Réputé pour son calme, le père Jean Dujardin avait le souci impérieux de la transmission. Il a enseigné, entre autres, à l’École Cathédrale et au Collège des Bernardins à Paris ainsi qu’au séminaire Saint-Sulpice d’­Issy-les-Moulineaux. Celui qui a été consulteur de la commission du Saint-Siège pour les relations religieuses avec le judaïsme a multiplié les conférences pour former les chrétiens au dialogue, au service information-documentation juifs et chrétiens (Sidic) par exemple, mais aussi, régulièrement invité dans les synagogues, pour expliquer le christianisme aux juifs.

Son héritage perdurera par les ouvrages de référence qu’il laisse comme L’Église catholique et le peuple juif, un autre regard (Calmann-Levy, 2004) ou Catholiques et juifs – Cinquante ans après Vatican II, où en sommes-nous ? (Albin Michel, 2012).

Ses obsèques seront célébrées jeudi 8 mars à 14 h 30 en l’église Saint-Eustache à Paris.

Rendons-grâces au Seigneur  pour sa riche contribution au dialogue judéo-chrétien et prions pour que son exemple motive des chrétiens à  avancer avec nos frères juifs sur un chemin de fraternité.

Sylvaine Lacout, Directrice du CCDEJ – Collège des Bernardins.

  • Lire ici le très bel hommage de Monsieur Franklin Rausky, doyen de l’Institut Elie Wiesel, au père Jean Dujardin : “Nous, croyants juifs engagés dans le dialogue avec nos frères chrétiens ne pouvons pas garder le silence au moment de ton départ pour Eretz ahaim, la terre de la vraie vie éternelle. (…) Pour tout ce que tu as fait au cours de tellement d’années, pour la rencontre et la réconciliation des enfants d’Abraham, longtemps enfermés dans une conflictualité interminable, pour tout ce que tu as dit, pour détruire des murs infranchissables et pour bâtir de solides passerelles entre les hommes et les communautés, nous croyants juifs, engagés dans un dialogue constructif et sincère avec les croyants chrétiens, te disons très simplement et très profondément : Merci. Que le souvenir des Justes soit pour l’éternité une source de bénédictions.”