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Le label ‘Église Verte’ prend racine en Yvelines


Le label « Église verte », lancé récemment, a pour objet d’engager les paroisses dans une démarche collective à long terme de respect de la création. Dans notre diocèse, une première paroisse vient d’obtenir ce label. D’autres devraient suivre prochainement.       

En septembre dernier, les responsables des principales Eglises chrétiennes présentes en France se sont retrouvées dans une perspective œcuménique pour annoncer la création du label « Église verte ». L’objectif premier de cette initiative est d’aider les chrétiens à prendre conscience de l’urgence d’une conversion écologique, en reprenant les grands thèmes abordés par le pape François en 2015 dans son encyclique Laudato Si’.

Cette démarche s’inspire d’autres initiatives similaires menées avec succès par les Églises chrétiennes d’autres pays, notamment au Royaume-Uni, au Canada, en Allemagne et en Norvège. En France, elle a été testée l’été dernier par dix paroisses pilotes. Depuis son lancement, un quinzaine de paroisses ont déjà obtenu le label et une quarantaine d’autres sont en cours d’examen.  Dans notre diocèse, le groupement paroissial de Magny – Châteaufort – Saint-Lambert – Toussus a été le premier à s’inscrire pour obtenir le label Église verte. D’autres paroisses, comme celles de Montigny-Voisins, Conflans, Trappes ou Villepreux-Les Clayes étudient la possibilité de participer à cette démarche et devraient déposer prochainement un dossier pour  recevoir ce label.

Antoine Désir, membre de l’EAP du groupement paroissial de Magny-Chateaufort-St Lambert—Toussus, se souvient des débuts de la réflexion paroissiale autour de la question écologique : « A la suite de la présentation du label Eglise Verte en septembre, nous avons été interpellés dans une vidéo par la question de Txext Etcheverry, co-fondateur d’Alternatiba,  demandant : « Que vais-je faire, moi, dans les trois ans qui viennent, pour apporter ma part à cette mission, à cette bataille essentielle, pour éviter la catastrophe climatique ? » Même si nous ne sommes pas tous prêts, car le projet est grand, nous sommes disponibles pour le découvrir. Car nous sommes, au départ, en émerveillement en regardant la Création : il nous faut en prendre soin. » 

Au cœur de la démarche, l’éco-diagnostic

La première étape pour obtenir le label Église verte consiste à constituer un petit groupe qui prendra la responsabilité de l’animation de la démarche,  à obtenir le feu vert des responsables de la communauté paroissiale et remplir un formulaire d’inscription à ce programme qui sera adressé à Église Verte.  Avec cette démarche, la paroisse atteint le premier niveau ‘graine de sénevé’ sur échelle de cinq.

Dans un deuxième temps, la paroisse (ou groupement paroissial) va établir un « éco-diagnostic »  par le biais d’un questionnaire précis et complet couvrant cinq thématiques : la catéchèse et les célébrations, les bâtiments, les terrains (quand la paroisse en dispose), l’engagement communautaire, enfin les styles de vie des membres des uns et des autres. Cet audit permet à la communauté paroissiale de se situer avec précision sur une échelle de conversion écologique et de voir là où il serait bon de porter l’effort pour s’améliorer au cours des 12 prochains mois. Pour cela, le site www.egliseverte.org propose des fiches pratiques fort complètes. Ces fiches couvrent des sujets aussi divers que les achats, l’éclairage des locaux ou la biodiversité, avec dans chaque cas une présentation des enjeux écologiques et spirituels, une série de principes généraux et des pistes concrètes d’action. La paroisse définit alors trois ou quatre actions qu’elle décide de mettre en œuvre. A ce moment-là, la paroisse atteint le deuxième niveau ‘lis des champs’.

Une démarche collective de longue haleine

Ensuite, il ne reste plus à la paroisse qu’à vérifier, année après année, que les objectifs fixés ont bien été atteints et à déterminer de nouveaux objectifs pour les douze mois suivants. Il ne s’agit pas pour la paroisse de briller au top d’une liste des paroisses les plus écologiques dans un esprit de compétition, il s’agit d’aider chaque communauté à réfléchir ensemble et de l’accompagner sur son propre chemin.

« Le label va nous aider à avancer à petits pas, à notre rythme, en coopération œcuménique avec d’autres églises chrétiennes, ajoute le Père Gica Paulet, curé de Magny – Châteaufort – Saint-Lambert – Toussus. La diversité des pistes données par le label nous amène à l’intégrer dans notre futur projet pastoral qui est en cours d’élaboration. »

Outre les fiches pratiques, le site  www.egliseverte.org va peu à peu s’enrichir de nouvelles propositions d’actions ainsi que du retour d’expérience d’autres paroisses engagées dans la démarche, le site s’inscrivant dans une politique de démarche participative.

Portée par la Conférence des évêques de France, le CÉCEF, la Fédération protestante de France et l’Assemblée des évêques orthodoxes de France, la démarche Église verte bénéficie également du soutien du Secours Catholique-Caritas, du CCFD et du CERAS.

François Blanty