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Retour en images sur la 7ème session de formation à l’unité des chrétiens


En ce 8 mai 2018, dans le cadre des décisions du Synode diocésain, le service diocésain pour l’unité des chrétiens a organisé une journée de formation sur la théologie et l’histoire de l’icône.

Animée par le Père Ivan Karageorgiev, prêtre de l’Église orthodoxe bulgare et co-secrétaire du Conseil d’Eglises en France, cette journée a rassemblé plus de 80 personnes, d’abord dans les locaux de la paroisse Sainte Pauline du Vésinet puis à l’église orthodoxe roumaine de Louveciennes.

 

Le Père Ivan a développé l’idée de la théologie de l’icône comme prolongement de l’incarnation du Sauveur.

Ainsi, l’icône devient-elle une porte ouverte vers le Royaume de Dieu. Nous ne sommes pas devant une simple image ou une représentation picturale. Nous ne regardons pas l’icône : elle nous contemple dans le regard d’amour de Dieu Trinité !

Le Père Ivan a ensuite prolongé son propos en développant une thèse originale. L’icône n’est pas simplement une incarnation continuée. Elle est l’expression de la kénose, c’est à dire de l’être même de Dieu, auto-donation réciproque du Père au Fils dans l’Esprit Saint. Dieu ne peut que donner son amour.

Cela implique le risque de la fragilité du don. L’icône manifeste cette humilité de Dieu.

Par sa facture, sa matière, sa conception, sa représentation, l’icône est belle mais aussi fragile. Elle manifeste la splendeur divine dans sa spécificité la plus absolue. Bien comprise, la divinité de Dieu implique son humanité. L’icône exprime cette conviction fondamentale.

 

Après ces enseignements, les participants sont partis à Louveciennes pour visiter la paroisse orthodoxe roumaine.

Son recteur, le prêtre Marc-Antoine Costa de Beauregard avec le Conseil paroissial, avaient préparé un accueil particulièrement fervent et chaleureux, signe des belles relations œcuméniques anciennes et développées entre les Eglises.

Le Père Marc-Antoine fit visiter l’église en expliquant la spécificité des fresques et des icônes.

Ces dernières n’appartiennent pas à la tradition byzantine mais romane occidentale. Elles sont le signe de la vocation de l’orthodoxie en France de créer des liens entre les Eglises Sœurs catholiques et orthodoxes. Tous les participants ont ainsi pu progresser vers l’unité des chrétiens en vivant cet échange de dons spirituels entre traditions.

Nous voulons remercier particulièrement la paroisse orthodoxe de Louveciennes ainsi que l’atelier Saint Jean Damascène, par l’intermédiaire de Marie-Hélène, pour le prêt d’icônes, à cette occasion.

 Père Emmanuel Gougaud
délégué diocésain pour l’unité des chrétiens et relations avec les juifs,
directeur du service national pour l’unité des chrétiens à la CEF

Quelques témoignages enthousiastes !

« Journée très enrichissante, intéressante, questionnante. Très belle journée pour l’organisation, le cadre, les rencontres, la qualité et la fraternité des intervenants. Merci pour l’accueil favorisant ce temps de partage et d’écoute. (…) La rencontre pour présenter la réalité de l’église dans le contexte local, restant ancré dans l’héritage des Pères, a vraiment fait le lien avec ce qui précédait, permettant de s’approprier ce qui avait été dit en le voyant vivre. C’est le temps que j’ai trouvé le plus marquant. »

Sœur Sophie, novice diaconesses de Reuilly

« J’ai beaucoup apprécié la présentation du Père Ivan. Il a fort bien présenté la tradition orthodoxe nourrie des pères de l’Eglise. Pour moi catholique, la tradition orientale est vraiment une nourriture pour ma foi. J’ai été également ravie de rencontrer d’autre élèves de l’écriture d’Icône avec chacun sa sensibilité. De cette présentation, je garde cette citation de St Jean Damascène :  » Ce n’est pas devant la matière que je me prosterne, mais devant Le Créateur de la matière, qui est devenu matière pour moi, qui a accepté de vivre dans la matière et qui a fait mon salut par la matière… » Et ce commentaire : on a besoin de la matière pour communiquer. Le Christ vient dans la matière pour transmettre l’Esprit. Et L’Esprit Saint féconde la matière. La matière devient alors porteuse de l’Esprit. »

 Karine Neveu

« J’ai été très intéressée par cette formation en tant qu’iconographe. Le conférencier nous a aidé à bien situer l’icône non pas comme une simple œuvre d’art, nécessitant une technique compliquée mais comme une « fenêtre » ouvrant sur les réalités du ciel. De nombreux textes citant les pères de l’église nous ont fait approfondir la place de celle-ci au cœur de l’église orthodoxe et de la vie de foi du chrétien. Dans cette perspective, il était particulièrement passionnant de visiter cette petite église de Louveciennes, le Père qui nous a accueilli avec tant de gentillesse et d’humour, nous a permis de concrétiser l’enseignement du matin. Merci pour ce temps de rencontre très enrichissant. »

Véronique Geze

« Une approche théologique et historique, richement documentée et finement ciselée, de l’art de l’icône ! Les catholiques que nous sommes ont eu, à nouveau, la confirmation qu’il était essentiel dans son cheminement de foi de s’imprégner en profondeur d’un rameau éminent de l’Eglise primitive qui a su, par son lien privilégié avec l’Orient, se faire le gardien d’une transfiguration de la matière sensible à travers la manifestation iconique du mystère de l’incarnation. Émouvant au plus haut point a été pour nous de recomposer, étape par étape, sa réalisation, depuis ses soubassements sensibles (support, composition, coloration) jusqu’à son usage liturgique qui nous conduit à l’expérience libératrice de l’anticipation méditative de la lumière incréée dont le croyant devient alors le témoin vivant. Prière et image s’enlacent ici dans une création continue qui accompagne l’événement initial et ouvert sur l’infini, donc aussi bien interminable qu’intarissable, de la conversion à la Bonne Nouvelle christique. […]  A la manière de pèlerins retournant l’âme en joie sur les traces du Christ, c’est avec une émotion très réelle que nous avons alors quitté le Vésinet pour aller découvrir l’église orthodoxe de Louveciennes. L’intimité du lieu, mêlant simplicité et profondeur spirituelle, a permis à notre initiateur, le Père Costa de Beauregard, de nous mettre au contact du mystère d’une présence divine qui se donne, dans le regard aimant de la gratuité salvifique, tout en se retirant dans le secret bouleversant de sa résurrection (tombeau vide) et de son ascension céleste. […] Merci encore pour la grâce de cette journée dédiée à l’œcuménisme si bienfaiteur pour chacun d’entre nous, à l’image d’une étoile d’espérance. »

M. et Mme Zavadil