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Deux nouveaux diacres permanents pour notre diocèse


Frédéric Deren et Gael Lemoine seront ordonnés diacres permanents par Mgr Aumonier dimanche 13 janvier à 15h30 en la collégiale Notre-Dame de Poissy. Ils nous parlent de leur parcours et de leur appel à ce service d’Eglise.

Notre diocèse compte aujourd’hui 55 diacres, chacun avec une mission particulière donnée par l’évêque, chacun avec une histoire et un parcours qui lui sont propres, chacun avec des charismes et des talents spécifiques. Ordonnés pour la vie, après plusieurs années de discernement et de formation (avec leur épouse s’ils sont mariés), ils exercent un triple ministère : service de la Parole de Dieu, service de la liturgie et service de la charité. Il deviennent sacramentellement signe du Christ serviteur lavant les pieds de ses disciples (“diacre” vient du grec “diakonos” qui signifie “serviteur”). Par leur attention particulière aux souffrances et aux pauvretés de ses frères et sœurs, ils manifestent que Dieu se fait proche de l’homme et aime de manière préférentielle les personnes pauvres et souffrantes.

Frédéric  : « Parle Seigneur, ton serviteur écoute »

Originaire du Nord, Frédéric est un ‘chti’ ; il parcourt le monde lors de ses premières années de vie professionnelle, notamment l’Afrique où il a découvert la misère de sa population, en particulier en Angola et au Zaïre, misère qui l’a profondément touché. Toutefois, il se sentait appelé à autre chose. Quatre années au séminaire des Carmes lui ont permis de creuser cet appel reçu à la manière de Samuel : « Parle Seigneur, ton serviteur écoute. » (1S 3-10) Mais au bout de ces quatre années, il a pris conscience qu’il n’était pas appelé à être prêtre, et qu’il voulait fonder un foyer, ce qu’il fera peu après avec Stéphanie, et ensemble, ils auront quatre enfants.

Vie professionnelle active, vie familiale riche à Voisins-le-Bretonneux, engagement fort au sein des Scouts de France avec aujourd’hui au compteur, 30 ans d’engagement à tous les niveaux, local, régional, puis national en tant que président depuis huit ans du ‘Frat’ (pèlerinage des jeunes des aumôneries d’Ile de France à Lourdes ou Jambville) … Aucun doute à avoir, la vie de Frédéric était bien remplie. Et pourtant …

J’ai répondu à un appel qui me dépassait

Quand en 2010, un ami prêtre responsable du Frat interpelle quelques membres de l’équipe d’animation en leur demandant s’ils ont réfléchi au diaconat permanent, il sent après mûrissement que l’appel lui est peut-être destiné : « J’ai essayé de suivre Samuel, en répondant à un appel qui me dépassait », dit-il. Et son épouse l’a toujours soutenu dans cette démarche.

Le chemin a commencé par un parcours biblique de toute une année avec trois autres couples accompagnés par le père Benoît Chevalier et le père Etienne Maroteaux. A l’issue de cette année biblique, Frédéric et Stéphanie (les conjoints des candidats au diaconat participent à toutes les rencontres et formation) ont rejoint, pendant quatre ans, un groupe réunissant tous les candidats au diaconat permanent d’Ile de France (hors diocèse de Paris) avec 12 couples, un veuf et un célibataire. Ils ont également participé à des formations diocésaines animées par le père Benoît Chevalier et un diacre du diocèse, Antoine Berger avec son épouse Marie Madeleine.

La famille, terreau de ma vocation

«  La famille reste le terreau de ma vocation  », aime à dire Frédéric. « C’est dans cet humus que ma foi a grandi. Et ma rencontre du Christ de l’Evangile, elle se vit dans le quotidien de ma vie. Après tout, Jésus de Nazareth a commencé par 30 années d’une humble vie de travail et de prière. Servir comme diacre, c’est en premier lieu au sein de ma famille, avec mon épouse et mes enfants, au sein de ma vie professionnelle et servir ceux que le Seigneur mettra sur ma route. »

« Aujourd’hui, je n’hésite pas à parler de ma foi autour de moi, y compris au travail. Cela ouvre sur des rencontres en profondeur et je suis toujours surpris de voir comme les gens ont besoin de s’ouvrir sur des sujets qui leur tiennent à cœur mais qu’ils n’osent pas aborder  », continue Frédéric. « Ces rencontres me donnent l’occasion de rejoindre les gens dans leur “misère” qu’ils cachent le plus souvent par pudeur sous une richesse apparente. »

Cet échange pourrait encore durer longtemps, mais Frédéric doit repartir : du travail l’attend à son bureau !

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Gael Lemoine  : « Car j’avais faim et vous m’avez donné à manger, j’étais un étranger et vous m’avez accueilli » (Mt 25)

Pour ce directeur informatique d’un important constructeur automobile, l’interpellation en 2012 du père Matthieu Williamson à réfléchir au diaconat a été plus qu’une surprise : « elle m’a bouleversé » dit-il et il lui a fallu tout un été avant qu’il ne se décide à partager cet appel avec son épouse qui fut tout aussi bouleversée que lui. Certes, ils étaient tous deux engagés dans l’Eglise dans divers services : préparation au baptême, aide aux plus démunis avec le Secours Catholique, accompagnement d’anciens détenus, Conférence Saint Vincent de Paul…. Mais de là à imaginer qu’un jour, on lui demanderait de devenir diacre permanent, il y avait un grand fossé ! «  On se sent indigne d’un tel appel », souligne Gael.

Cinq années pour discerner et cheminer

Après ce tremblement de terre dans sa vie, Gael commence une année de discernement avec un accompagnateur spirituel et réajuste progressivement ses priorités dans ses nombreuses activités pour pouvoir suivre avec son épouse le parcours préparatoire de formation biblique. « J’ai beaucoup apprécié cette année de plongée dans la Parole de Dieu. »

Ne pas avancer seul a été un plus important dans son cheminement. «  Nous étions quatre candidats au diaconat au départ. Pour deux d’entre nous, ce temps de discernement leur a permis de voir qu’ils étaient appelés à d’autres choix de vie. En ce qui concerne mon épouse et moi, la sérénité s’est enfin installée à la fin de cette première année et n’a fait que se consolider au fil des quatre années suivantes de formation. » La chance de pouvoir poursuivre la formation en compagnie d’un autre candidat au diaconat et de son épouse dans le diocèse a été riche : «  La maturité du cheminement de Frédéric m’a beaucoup apporté et je pense que nous nous sommes apporté l’un l’autre », ajoute Gael.

Etre signe visible d’une Eglise au service

Faire part de cet appel auprès des enfants (entre 18 et 25 ans), puis des amis et collègues a été une autre étape importante et source de joie. « Comme on nous le recommandait, on n’en a parlé à nos quatre filles que tardivement, au moment de “l’admission”, en 2017. Même si une certaine inquiétude est présente pour l’une d’elles, nos filles se sont réjouies en reconnaissant qu’elles avaient bien noté un certain changement dans notre comportement : plus de prière, plus d’amour complice, plus de sérénité. Comme m’a dit une de nos filles, “je te fais confiance car jusqu’à présent tu as toujours fait les bons choix”. »

« C’est clair que ce diaconat va transformer notre vie de couple en apportant de nouveaux fruits » souligne Gael. «  Mais cette décision de répondre à l’appel au diaconat est vraiment une réponse conjointe qui nous engage tous les deux. »

« Pour moi, être diacre fait de moi un signe plus visible d’une Église au service, que ce soit dans ma ville de Sartrouville, dans ma paroisse, à mon travail et partout où je vis et où je suis envoyé. C’est important dans un monde de plus en plus déshumanisé. Cela m’obligera aussi à faire preuve de cohérence entre cette mission et ma vie, à ajuster mon attitude au quotidien. »

A Sartrouville qui va prochainement fêter les 50 ans de la fondation de la paroisse, Gael sait qu’il pourra compter sur son curé et sur toute la communauté pour l’aider à prendre sa place.

Et le 13 janvier, Gael sera heureux de savoir que dans l’assistance présente pour son ordination diaconale, il y aura un ancien détenu qu’il a longtemps accompagné et qui le portera dans sa prière.

François Blanty

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