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Lourdes, une fécondité qui vient de Dieu


Lors de la messe d’action de grâce du pèlerinage diocésain de Lourdes, Mgr Aumonier a exprimé sa gratitude devant les grâces petites et grandes reçues pendant cet octave de Pâques et appelé à en témoigner. En écho, quelques fioretti et photos. De quoi donner envie de venir l’année prochaine ?

Mgr Aumonier dans son homélie est revenu sur l’épisode de la pêche miraculeuse après la résurrection de Jésus : “nous comprenons que sans Lui, nous ne pouvons pas grand chose mais avec lui, tout ! Cette fécondité, cette pêche miraculeuse, les apôtres la doivent à Jésus. Eh bien nous aussi, au nom de Jésus, nous pouvons faire de grandes choses ! C’est parce que les apôtres ont raconté le bien qu’ils ont pu faire grâce à Dieu que tout cela est parvenu jusqu’à nous. Et nous aussi, nous allons pouvoir raconter les merveilles de Dieu que nous avons pu constater durant ce pèlerinage et dans notre vie quotidienne. (…) Hier, il m’a été donné d’entendre le Notre Père chanté en araméen par une petite fille venue d’Irak. J’ai rencontré des collégiens qui ont témoigné de leur découverte de l’Eglise dans sa variété, j’ai vu leur joie, leur étonnement et tant de rencontres personnelles, en confessant notamment. J’ai rencontré des malades et je les remercie pour les prières qu’ils m’ont confiées et pour leur prière qui contribue à nous porter. Comme moi, chacun peut raconter des histoires, qui sont vraies ( !), de la grâce de Dieu dans nos coeurs et dans nos vies . Notre mission c’est de donner le désir d’être de petits instruments qui permettent à des hommes et des femmes de découvrir un chemin où le Seigneur les attends. Vous êtes dépositaires et responsables de la foi. (…) Et quand on vous demandera pourquoi, pourquoi avoir conduit des malades, pourquoi s’être laissé conduire ? Vous répondrez que c’est au nom de Jésus que vous avez fait cette démarche et que vous lui avez fait confiance.”

Donner, recevoir

“Servir en chambre, c’est une démarche d’humilité qui m’est nécessaire, ça me convertit le coeur, témoigne un hospitalier. C’est l’humilité des malades à se laisser habiller, soigner, qui m’a ému profondément et me fait revenir chaque année.”  En effet,  près de 250 malades accompagnés par 700 hospitaliers bénévoles de tous âges, ont pu participer au pèlerinage. Une semaine qui est attendue par certains toute l’année et qui est pour eux, un formidable réconfort, d’où ils puisent des forces dans les mois qui suivent. Lourdes, sans les malades ne serait pas Lourdes, c’est ce qu’il ressort des témoignages de diocésains, des accompagnateurs et des adolescents. “Ce qui me frappe le plus, c’est le sourire des malades” dira une collégienne de 5ème. “C’est le regard d’un malade qui m’a fait revenir à Lourdes, il y a une interdépendance, on donne, on reçoit.” témoigne un diocésain.

Ce qui m’a beaucoup touché, témoigne Patrick Kerep, diacre directeur du Service des pélerinages, c’est la joie des équipes organisatrices des autres diocèses présents, lorsque je leur ai proposé d’assister, comme nous à la prestation chantée du prochain spectacle Bernadette qui sera donné à Lourdes pendant 4 ans à partir de cet été. La basilique Saint Pie X était pleine et c’était très beau. J’ai apprécié cette proximité et cette simplicité interdiocésaine. 

Prendre son temps pour approfondir sa foi

A Lourdes, tout est fait pour approfondir sa foi : la richesse des sanctuaires, le parcours des signes qui fait que l’on vient puiser à la source de la grotte, la source qui est le Christ, toucher, s’appuyer contre le rocher, pour fonder à nouveau sa vie sur le Christ notre roc, pour ensuite se plonger dans les piscines “C’est une démarche si dense, on se livre totalement. On se dépouille de tout : de ses vêtements, de ses biens, de son orgueil, on retourne à l’état de nouveau né” témoigne une personne au sortir des piscines. Enfin allumer un cierge, signe de la foi, une foi qui se transmet puisqu’on l’allume à partir d’autres cierges placé sur les brûloirs.

A Lourdes, on peut aussi recevoir le Sacrement des malades. C’est aussi un signe pour les bien portants qui admirent tant le courage et la joie de vivre des malades : “le signe efficace de la présence du Christ dans vos vies” a exhorté Mgr Valentin dans son homélie. “Les apôtres viennent tout juste de recevoir le témoignage des disciples d’Emmaüs et pourtant ils ne parviennent pas à rendre présence cette évidence. C’est contraire aux apparences, cela ne se peut ! Alors Jésus va leur signifier sa présence par une parole et par un geste. Ce matin, lorsque vous allez tendre les mains et être marqués du signe efficace de la présence de Jésus aujourd’hui.” Et la parole associée à ce geste sera “frères et soeurs, désormais la force de Dieu agit dans vos faiblesse”.

Edwige, en fauteuil, vient à Lourdes depuis 1991, d’abord en tant que valide puis en tant que malade. Ce qu’elle apprécie, c’est “d’avoir du temps pour se préparer à la messe et poser toutes les questions de doctrine et de foi étant la seule croyante de ma famille, des questions sur les Evangiles et la liturgie. A Versailles, on court tout le temps, ici à Lourdes, on a le temps.” C’est vrai que l’Eucharistie est au centre du pèlerinage, avec des messes chaque jour, une procession eucharistique et la présence réelle dans pas moins de 5 basiliques et églises du sanctuaire. Et les prêtres viennent nombreux, une quarantaine cette année ! Ils accompagnent des groupes à thème (collégiens, hospitalité, Secours catholique,…) ou leur paroissiens.

Un pèlerinage multifacettes

Car le pèlerinage de Lourdes, c’est plusieurs pèlerinages en un, “une sorte de parcours à la carte mais qui favorise les rencontres et pousse à sortir de son pré carré” explique Sophie, venue seule. C’est aussi l’avis de cette famille de Noisy-Le-Roi, les quatre plus âgés sont hospitaliers et les deux plus jeunes inscrits au parcours découverte ; ils ont vécu un pèlerinage serein, se retrouvant en famille pour les repas et le soir et en partageant plusieurs soirées avec le groupe de la paroisse en pèlerinage aussi. “C’est bien que les enfants puissent communiquer avec d’autres que nous et avec les malades. C’est une ambiance privilégiée et positive qui fait que l’on laisse nos plus jeunes en toute tranquillité d’esprit.” Avec le parcours découverte, les plus jeunes ont notamment découvert les lieux de la vie de sainte Bernadette, construit des chapelets et conduit la méditation du chapelet diocésain à la grotte.

Les collégiens ont aussi leur propre pèlerinage et viennent avec leur aumônerie, ils étaient près de 500 cette année. Ils aiment la veillée de louange mais aussi les messes, (certains n’avaient jamais vu d’évêque !) , le passage aux piscines et les temps d’échanges. “Nous avons eu beaucoup de questions très concrètes sur la prière, certains ont voulu retourner prier à la grotte après la veillée de louange – adoration”, se réjouit un animateur de l’aumônerie de Verneuil-Vernouillet. Pour cette aumônerie, comme pour d’autres du diocèse, le pèlerinage des collégiens est devenu la retraite de profession de foi : “après Lourdesils restent dans cet état de grâce” conclut-il.

Les pèlerins se sentent bien à Lourdes : “On est un peu comme au paradis !” est une conclusion maintes fois entendue en raison du climat de joie, de sérénité et de prière qui y règne. “Chacun peut être tel qu’il est, il n’y a pas de jugements. Malades, bien portants, toutes origines et générations confondues.” explique Florence hospitalière de longue date, fille et soeur d’hospitaliers. C’est ce qui plait aussi aux hospitaliers qui reviennent chaque année se mettre au service des malades avec l’Hospitalité Yvelines : “Ils ont attrapé la “Lourdite”, un virus inguérissable et j’espère le plus contagieux possible !” plaisante Jean-Louis Glorian, son président, dans le train du retour.

 

Valentine Faure