Logo diocèse de Versailles

Quand un curé Fidei Donum quitte sa paroisse


La mission du père Louis-Pasteur Faye, auprès de la paroisse de Sainte Bernadette à Versailles s’achève. Quels sont ses sentiments et impressions au seuil de ce départ, après 11 ans passés dans notre diocèse ?

Père Louis-Pasteur, c’est l’heure du bilan : avez-vous pu réaliser les projets que peut envisager un curé pour sa paroisse ou projets pastoraux en prenant ses fonctions ? Avez-vous quelque regret ?

Aujourd’hui, avec tous les paroissiens, les habitants des quartiers, je rends grâce à Dieu. Considérant le chemin parcouru, je peux dire, humblement, mais en toute sincérité, que du chemin, nous en avons fait ; des projets, nous en avons eus ; des activités, nous en avons menées ; des relations, nous en avons tissées.

Il me plait d’évoquer ici l’outil de programmation et de planification pastoral que nous avons mis sur pied et qui nous a aidés à définir et à accomplir les projets pastoraux qui nous ont mobilisés pendant ces années. Je veux parler du Plan d’action pastoral de la paroisse qui a vu un investissement remarquable du Conseil pastoral. C’est ce plan qui nous a valu par exemple les grands voyages découvertes et les pèlerinages au Sénégal, à Lourdes, à Rome et en Terre sainte. Sans oublier l’instauration des apéritifs mensuels, la célébration annuelle de la fête patronale de la paroisse, le partage de la Parole de Dieu dans les maisons pendant le carême, le parcours Alpha, le chemin de (re)découverte du sacrement de la Confirmation. Et que dire encore de la mise sur pied de 2 comités paroissiaux forts importants : le comité pour les relations avec les Musulmans et pour le dialogue œcuménique avec nos frères et sœurs Protestants et Orthodoxes, tous les 2 fonctionnant très bien.

Mes regrets, c’est de n’avoir pas réussi à mettre un nom sur tous les visages des habitants de la paroisse et du quartier ; de ne pas avoir pu frapper à toutes les portes et de ne pas avoir pu prendre un thé, un café, avec les uns et les autres ; de ne pas avoir toujours eu la santé de fer ni l’équipe sacerdotale suffisamment nombreuse pour pouvoir créer certains groupes ou activités que des paroissiens auraient bien voulu voir s’installer sur la paroisse. Mon regret c’est de partir. C’est sûr qu’ils vont me manquer !

Avez-vous été heureux dans notre quartier et votre paroisse ? Les paroissiens ont-ils eu souci de leur curé ?

Cette année, je fête mes 26 ans de sacerdoce : 11 ans dans le diocèse de Versailles dont 6 à Sainte Bernadette. Ces années de ministère dans les Yvelines en particulier et à Sainte Bernadette, singulièrement, resteront à jamais gravées dans ma vie de prêtre. Elles font partie de mes grandes joie, elles sont une de mes grandes joies.

A l’idée de mon retour au Sénégal, les paroissiens m’ont souvent dit : « Alors, ta maman et tes frères et sœurs sont contents de te revoir ! » . Je leur répondais, aussi paradoxalement que cela pouvait paraître, «  Pas du tout ! » Parce que mes frères et sœurs, mes parents, étaient heureux de savoir que j’étais heureux ici, que j’ai pu me soigner et que j’ai rencontré des frères, des sœurs, des pères et des mères, comme dit l’Évangile.

Amen, je vous le dis : nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle.(Mc 10, 29-30)

Oui j’ai été heureux dans cette paroisse. J’ai trouvé un accueil chaleureux, je n’ai manqué de rien. Je remercie l’évêque de Versailles, Monseigneur Eric Aumonier, pour son accueil et sa confiance. Je remercie les prêtres du diocèse et du doyenné de Versailles-sud avec qui j’ai collaboré. Merci aux fidèles laïcs qui avec moi ont porté la charge dans l’Equipe d’animation Paroissiale (EAP), le Conseil Pastoral (CP), le Conseil pour les Affaires Economiques (CPAE) et toutes les équipes. Merci aussi au groupe de « mamans » de la paroisse qui se sont organisées pour m’apporter à manger assez régulièrement ….

Au moment de l’« Au revoir », avez-vous un message à exprimer ?

C’est toujours difficile de dire au revoir. Je n’aime pas beaucoup les « au revoir » et les adieux. Aussi, ai-je voulu que le moment de mon départ soit vécu de manière simple et fraternelle. J’ai choisi le jour de la kermesse paroissiale et de la fête de fin d’année pour rendre grâce à Dieu et pour dire au revoir à chacune et chacun. Je veux remercier du fond du cœur la Maison de Quartier Bernard de Jussieu : les agents, les services municipaux, les membres des associations de loisirs, culturelles ou religieuses, particulièrement mon frère et ami Mohamed Ould Kherroubi, avec qui j’ai eu beaucoup de joie à travailler dans la paroisse et dans les Yvelines.

La Paroisse Sainte Bernadette est belle ! Les quartiers alentours sont beaux et pleins de promesses. Je peux vous garantir que les liens tissés ne s’effaceront pas sitôt mon départ. Où que je puisse être, quoi que je puisse faire, je vous porterai toujours dans mon cœur et dans ma prière quotidienne. Je sais que je serai dans les vôtres et dans vos pensées.

Que Dieu bénisse tous les enfants, les jeunes, les adultes et les aînés de ce quartier ! Qu’il bénisse les malades et leur donne la santé ! Qu’il donne lucidité et patience à ceux qui prennent soin d’eux ! Qu’il nous maintienne dans la sûreté et la sécurité ! Qu’il nous donne de vivre dans un climat sociopolitique apaisé. Que la France, ce beau pays, réponde toujours à sa vocation en Europe et partout dans le monde. Je sais que nos chemins se recroiseront. Il n’y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas. Le monde est en tout petit village. Au revoir, à un de ces jours, à tous les jours…in cha’ Allah

Propos recueillis par Robert C. pour le journal tri-annuel « Echo du quartier » 

 


Fidel Donum : Un prêtre Fidei donum est un prêtre envoyé par son diocèse pour servir à l’étranger.  Littéralement « don de la foi », cette expression vient du titre d’une Encyclique de Pie XII, en 1957, qui ouvre les Églises diocésaines à la responsabilité de la Mission Universelle.

Le P. Louis-Pasteur Faye a également été délégué épiscopal pour les relations avec l’Islam.

je ne rougis pas de l'EvangileIl a co-dirigé avec le P. Xavier Chavane « Je ne rougis pas de l’Evangile« , Mame 2016.
Un ouvrage facile d’accès à l’usage des jeunes, parents ou animateurs qui vivent au quotidien avec des musulmans. Autour des interpellations les plus récurrentes des musulmans à l’égard des chrétiens, les auteurs donnent les clefs pour un dialogue fécond à partir du contenu de la foi chrétienne, d’un éclairage sur la vision de cette foi par l’Islam et apporte ainsi des éléments de réponse. Possible outil pastoral et instrument de paix, il est un moyen précieux d’approfondissement de la foi chrétienne.