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Non, il ne s’agit pas seulement de migrants …


Le 29 septembre, l’Eglise a célébré la 105ème Journée mondiale du migrant et du réfugié. Dans son message écrit pour l’occasion, le pape nous incite à voir dans les migrants une opportunité pour retrouver certaines dimensions essentielles de notre existence chrétienne et de notre humanité.

L’attention aux migrants n’est pas chose nouvelle : c’est en 1914 que le pape Benoit XV a lancé l’idée d’une journée mondiale de prière, journée d’abord fixée en janvier, mais depuis cette année reportée au dernier dimanche de septembre. Le thème retenu par le pape François pour 2019 est « Il ne s’agit pas seulement de migrants » et la Section Migrants et réfugiés du Saint-Siège a décliné ce thème en 7 sous thèmes qui peuvent faire l’objet de soirées de partage et de prière en paroisse tout au long de l’année :

· Il s’agit aussi de nos peurs

· Il s’agit aussi de la charité

· Il s’agit aussi de notre humanité

· Il s’agit aussi de n’exclure personne

· Il s’agit aussi de mettre les derniers à la première place

· Il s’agit aussi de la personne et de toutes les personnes

· Il s’agit aussi de bâtir la Cité de Dieu et de l’homme

Chacun de ces sous thèmes est approfondi sur la page francophone du Vatican  avec une vidéo, une prière, un texte d’évangile, une exhortation du pape, etc.

Les paroisses et les communautés chrétiennes sont aussi invitées à célébrer cette Journée mondiale du migrant et du réfugié en proposant des temps de rencontre et de partage ou en sensibilisant à la cause des migrants et des réfugiés avec des animations. Pour faciliter de telles rencontres, le Service Eglise et Migrations de la Conférence des évêques de France a publié un communiqué et divers outils comme propositions liturgiques, animations pour les jeunes, temps de prière inter-religieux, diverses homélies du pape François sur le sujet, méditation à partir de l’icône ‘Jésus frappant à la porte’ de l’artiste letton Arta Skuja, etc.

Un diocèse ouvert à l’accueil de l’étranger

Plusieurs villes du diocèse ont des communautés paroissiales à majorité multiculturelles. Depuis plusieurs années, on peut voir pratiquement dans toutes les paroisses des personnes d’origine étrangère dans des proportions parfois importantes.

A la suite de l’appel du pape en 2015 demandant à chaque paroisse d’accueillir une famille de réfugiés, une cellule d’accompagnement a été installée dans notre diocèse pour aider les paroisses à monter un projet d’accueil et aujourd’hui 35 paroisses accueillent ou ont accueilli une soixantaine de familles de réfugiés chrétiens d’Orient représentant plus de 180 personnes.

D’autres paroisses se sont engagées dans l’accueil de migrants dans d’autres cadres, notamment le soutien à des mineurs migrants non accompagnés (on en compte 350 dans notre diocèse).

Il ne faut pas oublier non plus les catholiques engagés auprès des migrants au sein d’autres mouvements comme le Secours Catholique ou Welcome 78 qui héberge et accompagne une vingtaine de demandeurs d’asile ou bénéficiaires du statut de réfugié afin de faciliter leur intégration dans notre société : plus de 150 familles leur ouvrent généreusement les portes de leurs maison.

Oser la rencontre de l’autre et du Christ

Dans son message adressé aux Chrétiens à l’occasion de cette Journée mondiale du migrant et du réfugié, le pape François rappelle que dans nos sociétés où prospère un individualisme accentué et où fleurit la « mondialisation de l’indifférence », migrants et réfugiés sont devenus «  l’emblème de l’exclusion ». Comme l’écrit le pape, « la présence des migrants et des réfugiés représente aujourd’hui une invitation à retrouver certaines dimensions essentielles de notre existence chrétienne et de notre humanité […] En nous intéressant à eux, nous nous intéressons aussi à nous et à tous ; en prenant soin d’eux, nous grandissons tous. »

Parmi les causes de l’exclusion citées par le pape figure la peur : « les laideurs de notre temps accroissent notre crainte des autres. […] La peur nous prive du désir et de la capacité de rencontrer l’autre, la personne qui est différente de moi ; elle me prive d’une occasion de rencontrer le Seigneur. »

Reprenant la parabole du Bon Samaritain (Lc 10, 33), le pape François souligne que « la compassion fait vibrer les cordes les plus sensibles de notre humanité. » Avoir de la compassion, écrit-il, c’est « reconnaître la souffrance de l’autre et passer tout de suite à l’action […], c’est faire de la place à la tendresse […] S’ouvrir aux autres n’appauvrit pas mais enrichit car cela aide à être plus humain, […] à interpréter la vie comme un don pour les autres. »

En conclusion de son message, le pape nous invite à voir dans le migrant « non pas un problème à affronter mais un frère ou une sœur à respecter et à aimer, une occasion que la Providence nous offre pour contribuer à la construction d’une société plus juste, un pays plus solidaire, un monde plus fraternel. […] A travers eux, le Seigneur nous appelle à une conversion, à nous libérer des exclusions, de l’indifférence et de la culture du déchet. »

François Blanty