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Témoignages des 4 futurs diacres permanents


Alain Oura (paroisse de Trappes), Jean Marie Lefèvre (paroisse-cathédrale), Joël Tessier (paroisse de Limay) et Nicolas Mirieu de Labarre (paroisse de Montesson)ont été ordonnés diacres permanents pour notre diocèse par Mgr Aumonier le dimanche 17 novembre à la Cathédrale de Versailles.

Alain Oura

Je suis d’origine de la Côte d’Ivoire. Arrivé en France en août 1981 à l’âge de 13 ans pour poursuivre ma scolarité. Je suis issu d’une famille nombreuse, dans laquelle j’ai appris le sens du don de soi. Aujourd’hui je suis père de 3 enfants et grand-père de deux petites filles.

Le 17 novembre 1990, Claudine et moi, nous décidions de nous unir à l’église SAINT LOUIS du progrès à Drancy (93), alors que je n’étais pas encore baptisé. C’est seulement 18 ans plus tard, lors de la vigile pascale du 22 mars 2008, que j’allais recevoir le baptême à l’âge de 41 ans en même temps que mes trois enfants, et mon épouse faisait sa première communion. Et donc, cette parole du Seigneur Jésus : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. » (Jn 15, 16) a une résonance particulière en moi.

Ma rencontre personnelle avec Jésus, je l’ai faite à Paray le Monial en 2012, lors d’une session en famille. Face au message de Jésus à Sainte Margueritte Marie Alacoque : « Voici ce cœur qui a tant aimé le monde mais en retour ne reçois qu’ingratitudes et mépris », j’ai fait l’expérience de la tendresse de Dieu pour moi et pour l’humanité toute entière. Dès lors tous mes engagements ont pris une coloration particulière. Et quand au mois de décembre 2012, j’ai été interpelé par le Père Modeste Nibiyizi à réfléchir au diaconat,  je n’ai pas voulu donner de réponse avant d’avoir vécu une retraite à Paray-le-Monial, dans un cœur à cœur dans le lieu même où le Seigneur Jésus a révélé son cœur brûlant d’amour pour nous les hommes.

Aujourd’hui, l’Eglise de Dieu, par Monseigneur Aumonier, me fait la grâce de m’appeler au diaconat permanent, à servir et à manifester l’amour et la tendresse du Christ à tous nos frères. Et mon ministère, je l’envisage comme celui qui est au milieu de vous, « comme celui qui sert » avec la grâce de Dieu.

Jean-Marie Lefèvre

« Nous n’avons pour seule offrande que l’accueil de Ton amour ».

J’ai eu le privilège de grandir au sein d’une famille profondément chrétienne ; une formation “rationnelle”  et un parcours, en France et en Angleterre, de mathématicien, d’actuaire et aujourd’hui d’entrepreneur peuvent laisser l’illusion de maîtriser sa vie et ses projets.
Pourtant, depuis mon interpellation en vue du diaconat par un prêtre et au cours du cheminement qui l’a suivie, c’est l’expérience et la conscience de nos pauvretés et de nos faiblesses dont je peux témoigner ; Dieu nous y rejoint, afin qu’à notre tour, conscients que nous sommes avant tout, comme aime à le dire le Pape François, des «  pécheurs pardonnés », nous lui offrions ces pauvretés et «  l’accueil de Son amour » dans cet admirable échange qu’Il désire.

Au service de notre Eglise, Corps du Christ, Peuple de Dieu, comme diacre, avec la grâce du Saint Esprit, l’appui de mon épouse Anne-Cécile, de nos trois garçons, je ne veux cesser de témoigner en redisant, comme une Hymne de la liturgie des Heures nous le propose, «  Émerveillés ensemble, émerveillés de toi, Père, nous n’avons pour seule offrande que l’accueil de Ton amour. »

Joël Tessier

« Et le Verbe s’est fait chair, Il a habité parmi nous » (Jn 1, 14)

Agé de 51 ans, je suis célibataire. J’ai été baptisé à l’âge d’un mois, mais n’ai pas reçu d’éducation religieuse. J’ai été confirmé en 2004 par Monseigneur Aumonier à la cathédrale de Versailles. Je cherchais l’amour, ma vie n’avait pas de sens … En Martinique, une femme m’a invité à venir avec elle prier pour son fils malade. Je n’en ai pas dormi de la nuit, et le lendemain, j’ai effectivement prié auprès d’elle. Au retour nous avons appris que l’opération s’était bien passée ! Je me suis mis à lire la Bible, j’ai lu les Psaumes, sans trouver Jésus que je voulais connaître. Au retour en France métropolitaine, un prêtre de la paroisse de la collégiale de Mantes m’a guidé vers le catéchuménat, et la conversion a été rapide.

En 2008, j’ai ressenti l’appel pour aller à Lourdes, pendant mon travail. Le soir même, une amie m’a parlé de son départ pour Lourdes avec ses deux garçons, pour le jubilé, je suis donc parti aussitôt avec eux. Arrivé sur place, je me suis confessé et j’ai tout déposé au pied de la Vierge. Le deuxième jour, après la piscine j’ai ressenti une grande chaleur. En partant à la messe, je suis resté figé devant la Vierge. La chaleur m’a enveloppé entièrement : j’ai compris que j’étais aimé. Ma vie a radicalement changé, remplie de prière. Je suis devenu hospitalier l’année suivante à Lourdes. En 2016, je suis devenu chef d’équipe, chargé d’encadrer les stagiaires qui apprennent le métier d’hospitalier, et de leur transmettre l’amour du service et la spiritualité de Lourdes.

Je me questionnais sur une vocation de prêtre ou de moine, de St Wandrille à Paray-Le-Monial, lors de retraites à Manrèse aux JMJ ou au Liban. Un jour un collègue ,jardinier comme moi pour la ville de Poissy, m’a demandé pourquoi je ne deviendrais par diacre. Plusieurs personnes m’ont répété cette demande. Mon curé m’a donc envoyé faire une nouvelle retraite de discernement. L’image du diacre de ma paroisse s’est imposée, avec un chant : « l’Esprit de Dieu repose sur moi … » La joie m’a envahi, et j’ai revu toutes les personnes que le Seigneur avait mis sur ma route, à qui j’avais dit non pour le diaconat !

Aujourd’hui, je rends grâce pour cet appel, reçu de la Vierge Marie et du Christ, appel au service des plus pauvres et des malades, à la vie de prière et au service de la liturgie !

« Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’Il m’a fait ?  » (Ps 115, 12)

Nicolas de Labarre

«  Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort »

Agé de 55 ans, je suis marié depuis 30 ans avec Cécile, nous avons 5 enfants, 1 gendre et 1 futur gendre. Après une carrière de consultant en informatique, je suis responsable d’un service de maîtrise d’ouvrage à la Banque de France, en charge de projets européens d’infrastructure de marché.

Il y a bien longtemps j’ai survécu à une chute qui aurait dû être mortelle. Ce que je vis depuis est un don du Seigneur, comment ne pas le consacrer à Son service ? J’ai d’abord entrepris un cheminement intellectuel, avec une licence de théologie à l’institut catholique de Paris, pour comprendre, pour répondre à toutes mes questions. La théologie, ça décape ! Mais quelle richesse dans la foi de l’Eglise ! Une cohérence est apparue, une unité, notamment entre ma foi et ma formation scientifique.

En parallèle, nous avons vécu avec Cécile de nombreux engagements paroissiaux, seuls ou à deux : préparation au baptême, préparation au mariage, responsabilité de l’aumônerie puis du catéchuménat, cinq FRAT, des groupes de partage … Et nous avons passé des heures à marcher, à échanger et à prier, vers St Jacques, Vézelay, Cotignac ou Assises …
Puis un jour, l’Esprit Saint a soufflé à Cécile de dire oui à mon appel vers le diaconat. Et c’est alors ensemble, avec l’aide du Christ, que nous avons pris cette belle route. Le chemin est devenu spirituel. Comment comprendre cette phrase de Saint Paul qui dit «  Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi.  » (Ga 2, 20) ? Ne serait-ce pas de l’orgueil ? Et pourtant, c’est bien ce cadeau que nous fait le Christ depuis notre baptême, habiter en nous, nous envoyer son Esprit pour qu’Il nous guide … On a toujours envie de tout contrôler. Notre vie, notre travail, nos relations … Notre relation à Dieu, et notamment nos prières, nos expériences, notre ressenti …

Quand je regarde en arrière, tout ce chemin vers le diaconat n’a pas vraiment été linéaire. Il a fallu faire l’expérience de la faiblesse pour casser la carapace et laisser le Christ prendre le contrôle ! Oser la foi dans une société qui la relègue dans la sphère privée, être capable d’en témoigner de manière cohérente, chercher à ajuster son comportement jour après jour avec l’aide de la prière, notamment la prière des heures qui rythme maintenant mes journées, continuer à comprendre pour croire et croire pour comprendre, comme disait Saint Augustin. Puisse ce chemin de bonheur avec le Christ être au service de notre Eglise !

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