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Le Triduum Pascal, comment y entrer ?


La liturgie de ces trois jours propose un modèle pour la vie chrétienne du baptisé.

Icone russe du 16ème siècle, représentant « l'Anastasis » ; Musée national de Stockholm. (Crédit photo : Bjoertvedt )

 

« Incorporés au Christ pour être avec lui plongés dans la mort et ressuscités » : la liturgie de ces trois jours propose un modèle pour la vie chrétienne du baptisé.

Jeudi, vendredi, samedi saints : ces trois jours forment ce qu’on appelle le « Triduum pascal ». Le jeudi, la liturgie invite à célébrer l’institution de l’Eucharistie. La mort de Jésus est commémorée le vendredi. Le samedi, c’est le grand silence du séjour au tombeau. Enfin à la veillée du troisième jour, les yeux se tournent vers le Christ ressuscité. La liturgie de ces trois jours sollicite ainsi le chrétien à vivre les moments essentiels de la foi que Saint Paul résumait en ces quelques mots, en invitant ses frères de l’Eglise de Corinthe à rester attachés à cette bonne nouvelle par laquelle ils seront sauvés. « Christ est mort pour nos péchés, selon les Ecritures, Il a été enseveli, il est ressuscité d’entre les morts, selon les Ecritures. » (1 Co.15, 1- 4). Le mouvement de ces trois jours est semblable à celui du baptême par lequel le chrétien est associé à la mort du Christ pour ressusciter avec lui.

 

Jeudi saint : « Devenez ce que vous recevez »

L’Epitre du Jeudi Saint (1 Co. 11, 23-26), fait mémoire de l’institution de l’Eucharistie. Comme nous l’enseigne le Concile Vatican II (LG 7), la fraction du pain eucharistique nous fait participer réellement au Corps du Seigneur. Selon les mots de Saint Paul (1 Co. 6, 15), nous devenons les membres de ce corps. Devenir, en Eglise, membres du Corps du Christ, ce n’est pas pour en tirer gloire. L’Evangile nous montre au contraire l’attitude de Jésus qui, se donnant en exemple, s’abaisse à terre, ceignant son tablier pour laver les pieds de ses disciples. Notre réaction peut être de s’indigner de cette démarche, comme le fait Saint Pierre dans le récit évangélique. Mais il s’attire une remarque cinglante : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi » (Jn. 13, 8). Ainsi, le chemin que nous montre le Christ, c’est celui de l’abaissement ultime qui conduit à la mort, comme l’indique l’Hymne aux Philippiens que l’on lit le jour des Rameaux : «  Prenant la condition de serviteur, […] il s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à en mourir » (Ph. 2, 7-8).

A la fin de la célébration, l’autel est dépouillé et le Saint sacrement déplacé. Nous sommes dès lors, invités à tourner notre regard vers la Croix.

 

Vendredi saint : «  Par la passion du Christ, tu as détruit la mort »

Le chant d’entrée de l’office du Vendredi Saint place d’emblée la célébration de la Croix du Christ dans la perspective de la Résurrection. La mort tenait l’humanité sous sa loi et nous sommes invités à prier pour que nous connaissions désormais la condition de l’homme nouveau qui appartient au ciel.

Poursuivant l’abaissement, en union avec le Christ, il nous appartient de mourir au péché. « L’homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix avec [le Christ] pour que le corps du péché soit réduit à rien, et qu’ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché. Car celui qui est mort est affranchi du péché. Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. » (Rm. 6, 6-8).

La célébration du Vendredi saint s’achève sans un mot. Le silence du tombeau s’étend sur le peuple des fidèles. Il ne prendra fin qu’au moment de la célébration de la lumière pascale.

 

Samedi saint, dans la journée : « Est descendu aux enfers »

Nous croyons que Jésus-Christ « est descendu aux enfers ». C’est parfois d’une voix hésitante que nous énonçons cet article du Symbole des Apôtres. Comprenons bien : il ne s’agit pas ici de l’enfer, état de souffrance promis aux damnés, mais des enfers, entendus comme étant le séjour des morts. Dans le silence du tombeau, dans le suprême abandon, abandonné de Dieu lui-même (Cf. Mt. 27, 46), nous croyons que le Christ a rejoint tous les justes de l’ancienne alliance qui nous précèdent pour sortir de la mort avec lui. En cette journée du Samedi Saint, plongés dans la mort avec le Christ, nous demeurons dans le silence de l’attente.

 

Veillée pascale : « Voici la nuit où le Christ, brisant les liens de la mort, s’est relevé, victorieux, des enfers »

Dans la nuit de Pâques, la liturgie de la lumière montre le Christ se relevant, victorieux, des enfers. « Premier né d’entre les morts » (Col. 1,18), il est le chemin de la vie. Désormais, la Croix de Jésus-Christ est le chemin toujours accessible vers la vie.

En pleine cohérence avec les célébrations qui ont déployé le thème baptismal pendant ces trois jours, la liturgie propose aux catéchumènes de recevoir enfin le baptême et à tous les fidèles de renouveler les promesses de leur baptême.

 

Philippe de Pompignan