Il s’en va et c’est la fête … bizarre non ? L’Ascension décrite par le père Pierre Amar
Petit, je ne comprenais pas très bien pourquoi l’Ascension était une fête.
Pourquoi donc célébrer quelqu’un qui nous quitte ? Cela ne veut-il pas dire qu’il nous abandonne sur la terre et ne reviendra pas avant longtemps… ? D’ailleurs, en règle générale, on n’aime pas trop les départs. Si vous vous rendez dans une gare le dimanche soir vous constaterez que c’est un peu glauque, en tous cas beaucoup moins joyeux que le vendredi soir, jour des arrivées !
Et pourtant l’Église n’a pas peur de dire que ce jour est une grande fête, l’une des plus grandes de l’année. À cela, il y a trois raisons :
- d’abord, parce que Jésus va revenir un jour. Certes, si on savait quand, cela nous aiderait … mais peu importe : il reviendra et nous l’attendons avec joie et impatience comme on attend un voyageur aimé, après une longue période d’absence.
- c’est une fête parce que l’Ascension de Jésus au ciel signifie que notre nature humaine, pauvre et limitée, prend place à côté de Dieu, celui qui a fait le ciel et la terre. Un corps humain est à la première place, à la droite de Dieu le Père, avant les anges et les archanges ! C’est un immense honneur et une énorme preuve d’amour de la part de Dieu. La reconnaissance et l’action de grâce sont donc justifiées.
- c’est une fête, enfin, parce que l’Ascension marque le retour triomphal de Jésus au ciel après sa mort et sa résurrection. Depuis des siècles, lorsqu’un général gagne une guerre, il a droit à ce qu’on appelle le défilé de la victoire. L’Ascension, c’est un peu cela : l’arrivée victorieuse au ciel de celui qui a triomphé sur terre, celui qui a vaincu le mal, le péché et la mort : Jésus !
La fête de l’Ascension est donc une authentique fête de joie et d’espérance. Elle nous invite à prendre conscience que puisque le Christ règne avec le Père, rien ne peut plus empêcher la venue de son Règne, rien ne peut plus empêcher les graines du Royaume semées sur la terre de germer. Rien ne peut empêcher le Christ de nous conduire vers la vie. Bien sûr, il y aura encore des luttes à mener et des souffrances à endurer ! Mais parce que Jésus est monté au ciel, parce qu’il est à la droite du Père et parce qu’il règne, nous proclamons le jour de l’Ascension que rien ne peut nous arriver qu’il ne sache et qu’il ne domine. Nous n’avons pas à nous laisser impressionner ou décourager : c’est lui, le Christ, qui aura le dernier mot.
Père Pierre Amar
Paroisse Saint-Symphorien, Versailles