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Pèlerinage de Notre-Dame-de-la-Mer – Homélie de Mgr Luc Crepy du 15 août 2026


Pèlerinage de Notre-Dame-de-la-Mer
Collégiale de Mantes-la-Jolie, le 15 août 2026
Homélie de Mgr Luc Crepy, évêque de Versailles
Fidélité de Dieu et fidélité à Dieu

En cette grande et joyeuse fête de l’Assomption, nous entendons le beau récit d’une des premières – et des plus belles – rencontres de l’Evangile : Marie vient visiter Elisabeth, sa cousine déjà âgée, et Elisabeth accueille la jeune Marie qui s’est dépêchée – avec empressement… rapidement – pour venir la voir, après la visite de l’ange. Elles sont, toutes deux, porteuses d’une grande nouvelle et elles se réjouissent d’annoncer l’une à l’autre ce qu’elles vivent et ce que le Seigneur a fait pour elles. Mais à peine Marie est-elle entrée dans la maison que l’enfant que porte Elisabeth tressaille en elle. Il s’agit bien d’une rencontre exceptionnelle !

C’est une rencontre vécue dans une grande joie et les premières pages de l’Evangile sont marquées par cette joie.  C’est la joie d’Elisabeth qui reconnaît en Marie, la Mère du Sauveur tant attendu. La promesse de Dieu de la venue d’un Sauveur se réalise avec l’enfant que porte Marie. C’est aussi, pour Elisabeth, la joie d’attendre un enfant, dans sa vieillesse, alors qu’elle pensait ne pas connaître la joie de la maternité. D’une certaine manière, elle symbolise la figure du peuple d’Israël qui attend, pendant des siècles, la venue du Messie. Un temps ancien s’achève : son mari Zacharie sera un des derniers prêtres du temple de Jérusalem qui sera détruit quelques décennies plus tard, et leur enfant, Jean-Baptiste, est le dernier des prophètes. Cette rencontre marque le passage d’une étape à l’autre dans l’histoire sainte, dans l’histoire du salut. Il y a quelque chose de neuf avec Marie, annonce Elisabeth !

C’est aussi la joie de Marie qui, dans les paroles d’Elisabeth – « D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » (Lc 1,43) –, reconnaît comment et combien Dieu réalise sa promesse.  Dieu se souvient de son amour, de la promesse faite de générations en générations. Et c’est son chant : Dieu se souvient de son amour… de la promesse faite à ses pères en faveur d’Abraham et de sa descendance. Dieu manifeste sa puissance envers les plus humbles et les plus petits ; il montre son amour à tous ; sa miséricorde s’étend d’âge en âge. Dieu est le Dieu fidèle !

Quelle rencontre entre ces deux femmes ! Quelle rencontre entre ces deux mères ! Quelle foi chez ces deux croyantes : Marie attend le Fils de Dieu et Elisabeth attend le plus grand des prophètes (Lc 7,28), celui qui désignera à tous le Sauveur. Les enfants que portent ces femmes – Jésus et Jean-Baptiste – sont les enfants de la promesse qui s’accomplit définitivement car Dieu manifeste pleinement sa fidélité. Après avoir cheminé longtemps avec le peuple d’Israël, Dieu se fait homme en Jésus à la rencontre de notre humanité. Il la rejoint dans ce qu’elle a de plus beau mais aussi de plus fragile et de plus humble.

Nous pouvons aujourd’hui relire notre pèlerinage à la lumière de cette belle rencontre : comment Dieu se montre-t-il fidèle dans nos vies ? Commet la fidélité de Dieu s’est-elle manifestée et se manifeste encore de bien des manières, dans les petits et les grands évènements de notre existence, dans les moments heureux et dans les moments difficiles ? Nous pensons souvent que c’est nous qui sommes fidèles au Seigneur, mais en fait c’est Lui qui est, jour après jour, fidèle. C’est sur sa fidélité et non sur la nôtre qu’il faut nous appuyer. Comme Marie, nous pouvons rendre grâce pour la fidélité de Dieu dans nos vies et dans l’Eglise. Nous pouvons entendre les paroles que son Fils Jésus prononcera après sa résurrection : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin de temps.  » (Mt 28,20) Proximité et fidélité de Dieu vont ensemble… nous croyons en un Dieu proche et fidèle !

L’Assomption de Marie avec son corps et son âme exprime que la fidélité de Dieu ne s’arrête pas avec la mort. A celle qui a dit « oui » et qui a crû à la promesse, à celle qui a été fidèle à la volonté de Dieu, à celle qui a été fidèle jusqu’au pied de la croix Dieu a manifesté sa pleine fidélité et il ne l’a pas abandonnée « à la corruption du tombeau » mais il l’a élevée au ciel, manifestant ainsi à tous le chemin de vie ouvert par le Ressuscité. Marie, fidèle en toute sa vie, a chanté le Dieu fidèle, et vit pour toujours auprès dans la gloire du Dieu fidèle !

Alors, frères et sœurs, comme nous aimons le chanter, « Marie la première en chemin » nous invite à faire un peu plus, un peu mieux confiance en Dieu, en sa fidélité qui se révèle pleinement en Fils Jésus – l’Emmanuel, Dieu avec nous – et dans le don de l’Esprit Saint qu’il fait à l’Eglise. Au cours de notre pèlerinage, demandons avec confiance à Marie, Notre-Dame de la Mer, de nous conforter dans notre foi en la fidélité de Dieu à nos côtés et de grandir dans notre confiance en son Fils Jésus, de nous aider à avancer quand nous doutons et quand nous vivons des moments difficiles dans notre vie et avec nos proches. Confions à Marie, mère de l’Eglise, nos paroisses et notre diocèse. N’oublions pas de confier aussi à Marie, reine de la paix, notre monde en guerre – en Ukraine, au Moyen Orient et en bien d’autres pays – ainsi que notre planète qui souffre tant : que la paix et la justice habitent le cœur et l’esprit de nos dirigeants. Amen.

 

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