
Pèlerinage diocésain à Lourdes – « Je suis la Porte ! » (Jn 10, 1-10) – Homélie de Mgr Luc Crepy, le 26 avril 2026 – 4ème dimanche de Pâques
Par deux fois dans l’évangile de ce jour, Jésus affirme : « Je suis la porte ; je suis la porte des brebis. » (Jn 10, 7,9) Laissons résonner en nous cette image que le Christ utilise à la fois pour parler de Lui, des brebis et des pasteurs de son troupeau.
La porte, c’est qui permet d’entrer et de sortir, c’est-à-dire de communiquer entre deux lieux, entre l’intérieur et l’extérieur ; la porte c’est ce qui clôt une maison – ou un enclos pour garder un troupeau – et empêche la venue des intrus ; la porte, c’est ce qu’il faut franchir pour rencontrer l’autre, pour aller chez lui… Jésus est la porte : voilà une belle image pour parler de Celui qui ouvre la porte des cieux et vient ouvrir en nos cœurs la porte qui conduit à Dieu. Il permet que nous découvrions la grande porte ouverte du cœur de Dieu qui nous aime. Il est l’unique porte par laquelle nous accédons au Père :
« Je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père. » (Jn 10, 14-15)
Le Christ est aussi la porte qui conduit sur de bons pâturages, c’est-à-dire à la vie, à une vie qui a du sens, une vie qui se nourrit de l’essentiel. Oui, le Bon Pasteur est celui qui guide son troupeau et lui permet de sortir librement, sans crainte, car il donne sa vie pour ses brebis (Jn 10,15). Passer par la porte pour vivre pleinement, pour vivre en abondance, telle est la mission même du Christ, le Bon Berger, venu « pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. » (Jn 10,10).
Jésus, le Ressuscité, a définitivement détruit la porte qui mène à la mort pour ouvrir, par sa mort et sa résurrection, la porte qui nous conduit à la vie, et à la vie éternelle. Loin de rester refermés sur nous-mêmes, il nous ouvre, par la force de son Esprit, les portes qui nous séparent de Dieu et des autres. Il nous libère de nos peurs et de nos doutes. Le Christ est la porte nouvelle qui ouvre sur un chemin de confiance et d’espérance.
Cette image de la porte concerne aussi le troupeau, c’est-à-dire chacun de nous. C’est le troupeau tout entier qui passe par la porte pour sortir à la suite du berger. Il n’y a pas de sortie individuelle, ni de sortie secrète ou dissimulée…il faut que chaque brebis passe par cette unique porte – une porte sûrement étroite – pour aller ensemble vers les pâturages. Chaque brebis n’a pas son entrée privée ou particulière, elle passe par la porte unique de l’enclos, comme toutes les autres brebis. Faire Eglise, comme nous le faisons ensemble en diocèse pendant ce pèlerinage à Lourdes, c’est passer par le Christ – l’unique porte – pour vivre ensemble, en ce temps de Pâques, auprès de Marie, la joie de la Résurrection.
Enfin, en ce dimanche de prière pour les vocations, l’image de la porte s’adresse aussi à ceux à qui Jésus confie son troupeau. Nous demandons tout particulièrement au Bon Berger d’appeler des pasteurs à sa suite pour veiller sur le troupeau, pour le conduire vers les pâturages qui donnent la vie, et la vie en abondance. Prêtre est une belle vocation : mettre ses pas à la suite de Jésus, le Bon Berger, est une vie riche de rencontres, de services et de partages avec beaucoup sur les choses importantes de nos vies humaines. Si parmi vous, jeunes et adultes, certains s’interrogent sur un appel de Dieu à le servir comme prêtre, alors n’hésitez pas à approfondir cet appel du Bon Berger.
Mais la prière pour les vocations est plus large encore car elle demande au Seigneur de susciter des religieuses et religieux qui lui consacrent leur vie ; et encore, des vocations de baptisés – comme les hospitaliers – qui prennent part à la vie de l’Eglise et du monde, en témoignant de leur foi. N’hésitez pas, le Christ a un projet pour chacun de nous. Osons répondre à son appel et à franchir avec Lui la porte et le suivre vers des pâturages qui nourrissent notre existence et notre foi.
Pour terminer, nous nous tournons vers Marie, bénie entre toutes les femmes. Elle nous désigne sans cesse son Fils bien-aimé. Elle nous dit : « Suivez-le car il est la porte par laquelle il faut entrer car elle vous conduit à accueillir pleinement l’amour de Dieu. »
Puissions-nous en ces jours passés ensemble, ici à Lourdes, renouveler notre confiance dans le Bon Pasteur et, avec Marie, oser entendre la parole de l’ange : « Rien n’est impossible à Dieu. » (Lc 1, 37) Amen.