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Homélie de Mgr Luc Crepy – Consécration de l’église Saint-Joseph-le-Bienveillant


La construction de l’église Saint-Joseph-le-Bienveillant, à laquelle beaucoup d’entre vous ont contribué si généreusement et de bien des manières, est d’abord une œuvre de foi offerte aux regards du monde d’aujourd’hui. La beauté des œuvres d’art qui l’ornent si magnifiquement, nous révèle la sainteté de ce lieu tourné vers Dieu. Alors, avec Zachée, avec Joseph, avec François, mais aussi avec les saintes et les saints dont les reliques vont reposer ci dans l’autel, prenons, comme nous y appelle saint Paul, le Christ comme pierre de fondation de nos vies !

Consécration de l’église Saint-Joseph-le-Bienveillant
Dimanche 4 octobre 2026
Homélie de Mgr Luc Crepy, évêque de Versailles

 

« Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison.  » (Lc 19,10) Dieu se fait proche, Dieu vient demeurer chez nous, Dieu en Jésus Christ – Parole de Dieu faite chair – vient habiter parmi nous (Jn1,14) Nous ne mettons notre foi ni en un dieu lointain, ni en un dieu inaccessible, mais en Celui qui se révèle comme plus intime à nous que nous-mêmes. Comme Jésus le dit à ses amis avant d’entrer dans sa passion : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. » (Jn 14, 22) Oui, au cœur même de ce grand mouvement de l’Incarnation, Dieu vient nous rejoindre dans nos cœurs, dans nos maisons, dans nos cités, dans notre monde. Chrétiens, nous confessons cette proximité de Dieu, et plus encore nous bâtissons la maison où Dieu nous convoque et nous rassemble, la maison où se forme l’assemblée des frères et des sœurs en Christ, la maison où nous célébrons la présence même du Christ ressuscité, vivant parmi nous.

 

Le pape Jean-Paul II disait que la paroisse est « l’Église elle-même qui vit au milieu des maisons de ses fils et de ses filles.[1] » L’église Saint-Joseph-le-Bienveillant est au cœur d’un nouvel ensemble architectural de Voisins-le-Bretonneux, proche de la commune sœur de Montigny-le-Bretonneux, dans la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines. Elle est construite sur la place du village et tous ses voisins peuvent admirer sa belle architecture qui s’élève vers le ciel. Cette église donne une âme à ce nouveau quartier et peut offrir à tous, quelles que soient leurs convictions religieuses, un espace de paix, de recueillement, de prière et de joie, où chacun est le bienvenu. Avec la consécration de cette nouvelle église paroissiale, c’est une mission qui est confiée à chaque baptisé, consacré lui-même par son baptême pour témoigner de la Bonne Nouvelle de Dieu qui s’est fait proche de nous en la personne de Jésus. C’est la joie d’annoncer l’Evangile, tout simplement au sein du quartier, de la commune, et au-delà, à toute la ville nouvelle ; c’est célébrer sa foi et vivre la solidarité avec les personnes en précarité. Ainsi les paroles du pape Léon XIV à la cathédrale de Paris nous rejoignent : « En tant que disciples du Christ, vous savez bien que la communauté chrétienne ne constitue pas un refuge dans lequel on se replierai pour se protéger de son époque. Au contraire, elle s’offre, à l’instar des anciennes cathédrales, comme un espace d’accueil, de respect, de révélation et de sens pour tous. C’est là que réside la force d’une Eglise vivante : accueillir la périphérie qui se trouve déjà en son cœur, accueillir celui qui est éloigné mais en réalité déjà proche, accueillir l’étrange en qui le Christ frappe déjà à la porte.[2] » Comme le Christ, il faudra donc aller à la rencontre de tous les Zachée qui cherchent Dieu, pour les inviter ici dans cette maison où le salut est manifesté.

C’est le défi missionnaire de cette église ouverte sur un nouveau quartier. Elle est un signe pour tous de la présence d’une communauté chrétienne heureuse de célébrer sa foi mais aussi attentive d’accueillir ceux et celles qui, attirés par ce bel édifice, y entreront, curieux ou en quête de sens… Une église, c’est un espace ouvert à tous et pour tous, pour trouver le silence, pour s’élever un peu au-dessus de la routine quotidienne et retrouver un dynamisme intérieur, une quête spirituelle, une espérance au quotidien. L’Eglise Saint-Joseph-le-Bienveillant dessine dans son architecture la tente de la rencontre et se prolonge vers le ciel … c’est le lieu de la rencontre de l’autre ou de l’Autre, avec un grand A… C’est tourner son regard vers le ciel qui est déjà là à nos côtés.

Accueillir Dieu dans sa maison, c’est prendre le risque de se laisser transformer. En demandant à Dieu de venir habiter cette maison, vous prenez, chers paroissiens, le risque de cette conversion. Si Zachée est un modèle pour celui qui cherche Dieu et veut l’accueillir chez lui, nous pouvons aussi trouver un autre modèle de conversion en celui dont la rue où nous sommes porte le nom. Connaissez-vous le nom de cette rue ? Il s’agit de la rue François d’Assise, dont nous fêtons cette année, aujourd’hui-même, les 800 ans de sa mort ou, plutôt, de sa naissance au ciel. Il est heureux que l’adresse de notre nouvelle église dédiée à saint Joseph porte le nom du « pauvre d’Assise » et que la date choisie pour la consécration soit le 4 octobre. Entre les deux hommes, Joseph et François, il y a tant de similitudes dans leur extrême simplicité, leur grande humilité et leur grande joie de servir le Christ Jésus. Tous les deux ont accueilli avec confiance l’irruption de Dieu dans leur vie.

Autre point commun : la bienveillance ! Ils l’ont tous les deux si fortement manifestée. Saint François n’a cessé de manifester sa bienveillance pour toutes les créatures, de la simple fleur au ciel étoilé, du lépreux qu’il embrasse au Sultan qu’il rencontre. Saint Joseph est le bienveillant par excellence, lui qui accueille avec foi l’annonce de l’ange : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint. » (Mt 1,20). Joseph a compris que la volonté de Dieu est toujours une expression de sa bienveillance divine. A son tour, habité par cette même bienveillance, il a cherché à bien veiller, avec amour, sur le Fils de Dieu et sur sa mère. Avec le patronage de saint Joseph, c’est le patronage de la Sainte Famille qui vous est donné, chers paroissiens. Puisse votre communauté paroissiale devenir une grande famille, toujours plus unie par les liens de la foi, de la charité, de l’espérance… et de la bienveillance ! Vous serez ainsi une communauté accueillante où il fera bon venir, une communauté bienveillante qui aura soin des habitants alentour.

Pour notre nouvelle église Saint Joseph-le-Bienveillant, nous pouvons laisser résonner de nouveau – en les adaptant un peu ( !) – les paroles du Pape Léon XIV dans la « nouvelle » cathédrale Notre-Dame de Paris : « Au cœur de la ville, la nouvelle église – la cathédrale à Paris – ici Saint Joseph-le-Bienveillant, [la nouvelle église donc] est le signe d’une communauté qui loue le Seigneur et qui vit l’hospitalité non pas comme un geste occasionnel, mais comme la forme même de son existence, afin que tous puissent se sentir chez eux, sans plus être dominés ni marginalisés dans un monde en mutation. […] Vous êtes appelés à être les premiers gardiens de cette maison ouverte, les pierres vivantes d’une Eglise qui espère et qui ne craint pas l’avenir. Cette église est née pour que vous puissiez renaître avec elle dans un élan de sainteté et de mission quotidienne.[3] »

La construction de l’église Saint-Joseph-le-Bienveillant, à laquelle beaucoup d’entre vous ont contribué si généreusement et de bien des manières, est d’abord une œuvre de foi offerte aux regards du monde d’aujourd’hui. La beauté des œuvres d’art qui l’ornent si magnifiquement, nous révèle la sainteté de ce lieu tourné vers Dieu.  Alors, avec Zachée, avec Joseph, avec François, mais aussi avec les saintes et les saints dont les reliques vont reposer ci dans l’autel, prenons, comme nous y appelle saint Paul, le Christ comme pierre de fondation de nos vies !

 

[1] Saint Jean-Paul II, Christifideles laici, 1988, §26
[2] Léon XIV, vêpres à Notre-Dame de Paris, 25/09/26.
[3] Idem

 

Les photos de la messe