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Le réseau “Onésime” ou comment un diocèse prend soins des personnes qui sortent de prison.


ONESIME, un nom qui ne surprend pas ceux qui connaissent la lettre à Philemon. Paul a eu soucis d’Onesime demandant à Philemon de l’accueillir comme un frère bien aimé à sa sortie de prison.

Il y quatre prisons dans les Yvelines. Une maison d’arrêt à Versailles, une maison d’arrêt à Bois d’Arcy, une maison Centrale à Poissy et un établissement pour mineurs à Porcheville. Dans chacune, et depuis longtemps, l’Eglise est présente par des équipes d’aumônerie et le Secours Catholique. Elle est ainsi fidèle à l’Evangile : « J’étais en prison et vous m’avez visité ».

Mais l’accompagnement des personnes détenues s’arrête-il à leur sortie de prison ? En général oui, et ce n’est pas logique. Pour les hommes et les femmes qui sortent de détention après une période plus ou moins longue, les liens familiaux, amicaux, sociaux, professionnels sont souvent rompus, et il y a une grande solitude et des risques de récidive. D’où la demande de l’évêque de mettre en place des moyens de poursuivre cette mission et donc la mise en place depuis trois ans du réseau ONESIME.

Il est coordonné par une équipe diocésaine d’actuellement sept personnes, dont le délégué à la pastorale des prisons, au service des paroisses qui acceptent de s’y associer. Il est constitué d’équipes paroissiales de cinq à dix personnes, appelées par leur curé ou leur responsable pastorale.

Ces personnes :

  • s’engagent à un accompagnement qui peut durer deux ans,
  • acceptent de suivre une formation d’une journée sur la connaissance du milieu carcérale, sur les compétences et intervention des services sociaux et sur les qualités requises pour une telle mission.
  • s’engagent à la discrétion vis-à-vis de la personne accompagnée.
  • s’engagent dans la régularité et la fidélité d’accompagner une personne pour des démarches, des temps fraternels et amicaux, une intégration dans la communauté paroissiale, si elle le désire.
  • acceptent de travailler en équipe, laquelle sera en lien avec un membre référent de l’équipe diocésaine.

Pour préparer :

  • l’aumônier de la prison ou le Secours Catholique propose le projet à des personnes détenues qu’il connait et qui souhaitent être accueillies.
  • Si la sortie est prévue un peu à l’avance, la personne détenue est mise en lien avec l’équipe accompagnatrice qui peut alors avoir droit de visite.

– Depuis quelques mois, une convention ayant été signée entre le Diocèse de Versailles et le SPIP « Service pénitentiaire d’insertion et de probation », ce dernier peut aussi proposer à des détenus, n’ayant pas encore terminé leur peine d’être accompagnés par une équipe Onésime.

Actuellement, quatre équipes Onésime ont déjà accompagné onze personnes depuis trois ans et trois équipes sont en train de se constituer. La plupart des personnes accompagnées sont maintenant réinsérées.

Les demandes d’accompagnement sont de plus en plus nombreuses d’où le besoin impératif de nouvelles équipes.

En cette année de la Miséricorde, sans doute y a-t-il là une action toute à fait dans la ligne de ce que propose le Pape François.

Puissent les curés et responsables paroissiaux entendre l’appel.

L'auteur

Père Hervé DUROSELLE

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