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Coco, une histoire de transmission


Un film haut en couleur pour parler de la mort, de la famille, de la transmission…

Film d’animation de Lee Unkrich

Novembre 2017

Durée : 1h45

La fiche d’animation à imprimer  

Résumé (Allociné)

Depuis déjà plusieurs générations, la musique est bannie dans la famille de Miguel. Un vrai déchirement pour le jeune garçon dont le rêve ultime est de devenir un musicien aussi accompli que son idole, Ernesto de la Cruz.

Bien décidé à prouver son talent, Miguel, par un étrange concours de circonstances, se retrouve propulsé dans un endroit aussi étonnant que coloré : le Pays des Morts. Là, il se lie d’amitié avec Hector, un gentil garçon mais un peu filou sur les bords. Ensemble, ils vont accomplir un voyage extraordinaire qui leur révèlera la véritable histoire qui se cache derrière celle de la famille de Miguel…

 

Du film à la parole

Partagez vos réactions spontanées. Chacun évoque librement son émotion sur ce qu’il a vécu pendant la projection du film sans que cela n’entraîne de discussion. Il est important de pouvoir parler de soi, de ce qu’on a ressenti, avant de parler du film….Beau, vivant, coloré, dynamique, élégance des squelettes avec le port des robes, le maquillage…

Analyse :

Les personnages : Nous suivons l’enfant Miguel qui aime sa famille mais n’accepte pas que lui soit dicté son avenir.

L’histoire se passe au sein d’une famille dont on découvre tous les personnages vivants…ou morts. Les femmes mènent la danse à toutes les générations. Le poids de l’ancêtre Mama Imelda reste très fort 4 générations plus tard.

La grand-mère Coco est très âgée et sa fin de vie est perceptible. La mémoire du présent s’est envolée. Sa fille est celle qui régit le fonctionnement de la famille vivante.

Chez les personnages masculins, le contraste entre la star Ernesto de la Cruz et le mendiant Hector est outré dans les décors, les couleurs, les vêtements…mais la vérité éclatera.

Les animaux de compagnie sont un soutien précieux aux acteurs principaux.

Le décor : Nous sommes au Mexique dans un décor festif et coloré en prévision de la fête qui se prépare. Le récit se déroule en 3 grands lieux : la propriété familiale avec la cour, l’espace de vie, l’espace de travail de l’entreprise familiale de fabrication de chaussures, la chambre où est disposé l’autel familial, le jardin secret de Miguel sous les toits. Le 2e lieu est le village, ses rues, sa place, son cimetière. Le 3e lieu est le monde des morts encore plus coloré que le monde des vivants, vraiment en 3 dimensions, la verticale ne semblant pas avoir de limites à la descente dans les chutes comme à la montée pour atteindre Ernesto. Ce monde des morts reproduit des zones spécifiques des vivants avec l’espace réservé aux marginaux, la valorisation du monde du spectacle, les zones du plaisir et du spectacle…et les zones d’ombre, « les oubliettes »….

Les objets : les fleurs orange et le pétale qui peut être donné assorti d’une bénédiction, les chaussures, le tablier de travail et sa fonction sociale, la guitare, les autels de la mémoire…et les photos. On notera que les écrans (scanner, écrans géants, ordinateurs) sont présents dans le monde des morts. Seule la télévision est présente dans le coin secret de Miguel.

La durée : le film se déroule sur une journée et une nuit. La fin de la nuit, comme dans bien des contes marque une irréversibilité, une urgence qui sous-tend le rythme du film. Puis un saut dans le temps l’année suivante pour la séquence finale.

Les symboles : quelle place pour terre, lumière, air (le souffle et la respiration des personnages, fait de voler, de léviter,…et pourtant la pesanteur existe dans le monde des ancêtres avec les chutes (physique et déchéance)), l’eau dans les oubliettes, la piscine en forme de guitare et la noyade, le plongeon qui permet de retrouver Hector et qui relève…).

La musique et les dialogues : les dialogues expriment beaucoup de phrases fortes sur ce le sens de la famille.

 

Questions soulevées par le film (non exhaustif !) / Propositions d’animation :

  • La vie/la mort au Mexique

Approche culturelle :

-Repérer dans le film ce qui est montré de la vie de la famille dans le village, les conditions de vie, de pauvreté éventuelle (L’enfant travaille après l’école en allant cirer les chaussures. En grandissant, il va pouvoir fabriquer les chaussures comme ses ainés.) Est ce représentatif de la vie d’un village, du modèle familial matriarcal mexicain ?

-Quelle place pour la musique dans la culture ?

-Le film célèbre le jour des morts : quelle place a cette tradition dans la culture mexicaine ? En quoi consiste-t-elle ? Quels liens avec les ancêtres ?

Cet état des lieux permettra de confronter avec nos propres traditions (Toussaint, 2 novembre) et au-delà (Halloween). Qu’est-ce que représente pour nous les questions de mémoire, d’oubli,… ?

 

Un pas de plus sur le culte des ancêtres : quelles sont les valeurs que le film souligne ? Comme chrétiens, quelle place accordons-nous à nos morts, quel culte ? Pourquoi ?

Le film fait se côtoyer deux mondes, celui des vivants et celui des morts. Comment cela nous interpelle-t-il ?

On pourra revoir la scène où Hector et Miguel vont chercher la guitare du vieil artiste oublié (autour de 40’) qui disparaît en scintillant. Hector parle de dernière mort. Quelle vision de l’au-delà ?

Travailler les prières spécifiques de la messe des défunts le 2 novembre. Quelle espérance se manifeste ?

 

  • La question de la transmission

Recenser tous les épisodes qui touchent à cette question.

La famille au fil des âges, la relation grands-parents / petits-enfants

Les coutumes d’un pays, d’un village, d’une famille.

La mémoire (photo, culte des ancêtres, l’émotion des souvenirs anciens demeure au-delà de la maladie d’Alzheimer…)

Le secret de famille

La musique avec la manière dont Miguel apprend à jouer, à chanter.

Le travail et la fabrication de chaussures de père en fils ou plutôt mère en fille.

La fratrie : à la fin du film c’est Miguel qui guide sa petite sœur

Transmission inversée pour permettre aux morts de revenir au cimetière, à Miguel de revenir chez les vivants.

Les rituels de passage : du pont, de la frontière entre les deux mondes, de l’enfant à l’âge du travail, rituel de la fête…bénédiction et remise du pétale.

Quels indices éventuels dans les rituels montrés pour une référence spirituelle ?

-Repérer notamment les premières images du film avec l’allumage de la bougie et la fumée qui s’élève avec la caméra

-le nom des animaux volants : en quoi sont-ils guides spirituels ?

-un signe de croix de la grand-mère au moment de la destruction de la guitare à 17’17…

Travailler sur toutes les mises en œuvre de la verticalité et en particulier dans le royaume des ancêtres.

 

Proposition d’une rencontre entre grands-parents qui s’interrogent sur la transmission de la foi à leurs petits-enfants articulée autour du film Coco :

Après un accueil bienveillant appuyé sur les réflexions du pape François autour des grands-parents, chacun pourra d’abord se remémorer un évènement ou une parole gardée en mémoire avec ses propres grands-parents et partager avec ses voisins les raisons pour lesquelles ce souvenir est important.

Un temps de célébration de la parole avec chant, psaume et évangile peut ensuite proposer un geste : Venir déposer dans une corbeille des pétales comme ceux du film sur lesquels les grands-parents auront écrits ce qui leur tient vraiment à cœur et qu’ils voudraient dire, transmettre à leurs petits-enfants. Les pétales sont ensuite dispersés à terre pour relier l’autel et l’assemblée par un passage qui évoque le pont de pétale du film entre les deux mondes.

Après ce temps de pause spirituelle, un intervenant peut aider à une réflexion nourrie sur le sens de la transmission de la foi (quoi transmettre ? pour quelle relation ?…).

Puis un travail d’analyse autour du film est possible pour soulever les valeurs qui y sont véhiculées. Ce type d’échange autour d’un film est une occasion pour les grands-parents et leurs petits-enfants d’échanger sur ce qui les anime en profondeur.

Des témoignages de ce que des grands-parents ont expérimentés avec leurs petits-enfants viendront ponctuer ce temps de ressourcement. Les grands-parents repartent ainsi avec des suggestions pratiques pour favoriser la création d’un espace de parole et avec le film, ouvrir à la dimension artistique de la beauté, potentiel chemin vers Dieu.

 

  • La question de la mort

Le monde des morts (royaume des ancêtres) reconstitue de nombreux espaces différents mais projette notre monde des vivants.

Le choix des mots : 2ème mort ou dernière mort

Les pauvres restent pauvres (haillons des personnages, habitat bidonville…)

La fête existe dans les deux mondes : Quelle vie après la mort dans la tradition chrétienne ? Quel lien avec Dieu…ou avec les vivants ?

Le travail du deuil : Mama Imelda n’a pas fait le deuil du départ de son compagnon. Les conséquences pour toute la famille sur plusieurs générations sont énormes…

Puis elle est amenée à exprimer son amour pour son mari, pour la musique. Le film se termine avec une avancée sur le travail du deuil : celle-ci se traduit par le don de la bénédiction à Miguel sans condition…

 

La réflexion peut se poursuivre avec une résonance sur le texte …« laisser les morts enterrer les morts ».Lc 9,51-62. Et/ou sur une réflexion sur la communion des saints par exemple à travers des extraits de Gaudate et exultate.

 

  • La question de la famille

  • Recenser toutes les phrases clé autour de la famille. Qui a dit quoi ? et échanger sur ce que vous en pensez.

« La famille devrait servir à nous encourager. » (Miguel à sa grand-mère)

« Moi j’suis pas comme le reste de la famille. » (Miguel)

« Sachez saisir l’opportunité. » (Ernesto de la Cruz)

« Avoir foi en mon rêve, saisir ma chance et l’y accrocher de toutes mes forces. » (Ernesto)

« Faire partie d’une famille, ça veut dire être présent pour cette famille. » (La grand-mère à Miguel)

« Reprendre la tradition familiale : tes ancêtres vont être fiers de toi. » (père de Miguel)

« On ne peut pas renier sa véritable destinée. »

 

  • La famille éduque ses enfants : quelle liberté par rapport à la vocation d’un enfant ? Qu’est-ce que rêver sa vie ? Réaliser ses rêves ?

Comment Miguel affirme-t-il sa détermination, assume-t-il sa volonté de réaliser ses rêves ? Il profane quand même une tombe !

On pourra prolonger par exemple avec l’itinéraire de la revue Initiales n°215 : Réussir sa vie, réussir dans la vie ou la Holy box, Vis ta vie

 

  • Quel poids du secret de famille, du non-dit sur la construction de l’identité de l’enfant ?

On pourra prolonger l’échange en partageant autour du verset Jn 8,32 : La vérité vous rendra libres. (éléments de réfléxion dans la revue Chercheurs de Dieu 165.

 

  • Le pardon : on pourra repérer les différentes étapes qui permettent l’évolution de Mama Imelda : reconnaissance de la faute, temps pour accepter, importance de la vérité…bénédiction sans condition, baiser…

 

  • Les symboles : pour aller plus loin sur la place de l’eau dans le film

Reprendre les deux scènes de plongeon : la scène où Ernesto plonge pour sauver Miguel de la noyade (vers 55’) et celle où il se débarrasse de Miguel en le faisant jeter aux oubliettes (1h03’45). Que produit chacun des plongeons de Miguel ?

Pour nous chrétiens, quel sens au passage par l’eau ? On pourra poursuivre avec une évocation du baptême…