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Prier neuf jours avec Marie


A l’approche de la fête de l’Immaculée conception, le 8 décembre, beaucoup de fidèles s’engagent dans une neuvaine de prière. D’où vient cette pieuse coutume ?

Pourquoi neuf jours ?

Les Actes (Ac. 1 9-26) relatent les événements prenant place durant la période de neuf jours séparant l’Ascension de la Pentecôte. Invités par les anges à cesser de « regarder le ciel » et à attendre plutôt le retour du Christ, les onze apôtres, bientôt rejoints par Mathias, se réunissent dans la chambre haute avec quelques femmes, « dont Marie, mère de Jésus ». Et là, « Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière ».

Ce fut, dit-on, la première neuvaine et de nos jours, beaucoup sont priées, pour demander l’intercession d’un saint, pour une intention particulière, ou pour préparer une fête liturgique. La neuvaine de l’Immaculée conception s’inscrit dans cette perspective.

L’Immaculée conception

Dès les premiers siècles, les chrétiens ont considéré que Marie, saluée comme « pleine de grâce » par l’ange de l’annonciation (Lc. 1, 28), avait été préservée de tout péché. Pour le Pape François, «  cela veut dire qu’en elle, remplie […] de grâce, il n’y a pas de place pour le péché. Et nous aussi, quand nous nous adressons à elle, nous reconnaissons cette beauté : nous l’invoquons ‘pleine de grâce’, sans ombre de mal. »1

Dès les premiers temps, l’Église a honoré l’Immaculée conception mais n’en n’a fait un dogme qu’au XIX° siècle. Après une large consultation des évêques du monde entier, le pape Pie IX a déclaré solennellement le 8 décembre 1854 que Marie a été préservé de toute tache du péché originel, cette doctrine devant être crue fermement et constamment par tous les fidèles. Il attendait de ces derniers une plus grande confiance « auprès de cette douce mère de miséricorde et de grâces […] qui intercède efficacement par toute la puissance des prières maternelles. »2

La neuvaine de l’Immaculée conception

Le Père Maxilimien de la Martinière, curé de la Paroisse Notre-Dame de l’Espérance dans le Diocèse des Yvelines a été prêtre « fidei donum » au Brésil pendant quatre ans. Il y a admiré le grand déploiement de la neuvaine de l’Immaculée conception. Fêtes et processions s’y succèdent pour préparer cette solennité du 8 décembre. Il voit dans cette piété populaire un grand signe de foi, comparable à celui de la femme souffrant d’un flux de sang, guérie en touchant le vêtement de Jésus (Mc. 5, 25-34).

En France, la neuvaine revêt un caractère plus privé. Elle a été promue par l’association « Le chapelet des enfants », à la suite de l’initiative de Geneviève de Lalain-Chomel, au début du XX° siècle.

Comment prier la neuvaine de l’immaculée conception ?

La liturgie ne définit pas de forme particulière. L’usage est de dire chaque jour, du 30 novembre au 08 décembre, une prière d’intercession à Marie, pour le monde et pour des intentions particulières, suivie d’une dizaine de chapelet. On peut ensuite répéter trois fois l’invocation « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ». Il est aussi recommandé de conclure la neuvaine par une communion au cours de la messe du 8 décembre. L’association «  Le chapelet des enfants » publie chaque année une image, support de cette prière. On peut la trouver dans les librairies religieuses.

Philippe de Pompignan

Pour en savoir plus

– Maximilien de la Martinière, missionnaire de l’intérieur : article sur « Église catholique en Yvelines »
– La piété populaire, une chance pour évangélisation : autre article sur le même site.
– A quoi sert une neuvaine ? – Une émission du 10 mai 2019 sur Radio Notre-Dame
– La grande neuvaine du « chapelet des enfants »
– Maximilien de la Martinière « La piété populaire, une chance pour évangélisation » Mediaspaul, Paris, 2019
– Le 8 décembre, fête de l’Immaculée conception : article sur « Eglise catholique en Yvelines »
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(1) Angélus de l’Immaculée conception, 8 décembre 2016
(2) Constitution apostolique « Ineffabilis Deus » du Bienheureux Pape Pie IX