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Patients


Accident, jeunesse, et beaucoup d’humour, un cocktail savoureux et un formidable témoignage d’espérance.

De Grand Corps Malade, Mehdi Idir

Genre : drame, comédie d’après le livre et l’expérience du réalisateur

Date de parution en France : 2017

Durée : 1h52

Fiche imprimable  à télécharger

Résumé (allociné)

Se laver, s’habiller, marcher, jouer au basket, voici ce que Ben ne peut plus faire à son arrivée dans un centre de rééducation suite à un grave accident. Ses nouveaux amis sont tétras, paras, traumas crâniens…. Bref, toute la crème du handicap. Ensemble ils vont apprendre la patience. Ils vont résister, se vanner, s’engueuler, se séduire mais surtout trouver l’énergie pour réapprendre à vivre. Patients est l’histoire d’une renaissance, d’un voyage chaotique fait de victoires et de défaites, de larmes et d’éclats de rire, mais surtout de rencontres : on ne guérit pas seul.

 

Analyse

Les lieux

La scène d’introduction est révélatrice de l’état dans lequel est le personnage principal au début du film. Nous voyons par ses yeux, un plafond, une lampe, un visage ou plus rien. Nous sommes secoués avec lui. La bande son crée aussi une ambiance assourdie (comme à la piscine). Nous clignons des yeux avec lui.

Les quelques paroles échangées traduisent de suite une note d’humour et l’on réalise très vite que notre homme est sur un brancard, en plein transfert par ambulance, le trajet dans les longs couloirs commence.

« Il est à qui ce tétra ? » : la couleur est annoncée, le corps médical serait-il parfois indélicat en présence du malade ?

Les personnages :

Les personnages qui gravitent autour de Ben sont nombreux, personnel médical, malades dont plusieurs deviendront des amis, parents, amis du basket. Comment Ben sort-il grandi de son séjour en centre de rééducation ?

Quelle place et comment sont manifestées les émotions ?

Le slam : quel rôle des chants entendus ? Quel impact de l’humour malgré la gravité de la situation ?

 

L’observation de l’affiche du film ou un travail sur la bande annonce peut aussi lancer le dialogue. Voir le dossier cinefete.

 

Propositions d’animation :

Autour de la question de la dépendance (autonomie / intimité)

Comment les objets sont-ils utilisés pour traduire la dépendance des patients ? (le fauteuil roulant, la salière, la fourchette adaptée, la béquille..)

Comment le cadrage manifeste-il l’enfermement, la dépendance du patient en particulier au début du film ? Comment cela évolue-t-il au cours du film ? Comment s’élargit l’horizon ?

 

Comment se situer dans l’accompagnement de cette dépendance ?

On pourra évoquer le rôle bien différent des parents, des soignants, des copains, …

Quel contraste entre le rythme de vie de l’hôpital, des visiteurs ?

Quel rôle de l’humour ?

Comment l’acceptation du besoin d’aide permet-il d’ouvrir une espérance ?

Et plus généralement dans une perspective éducative, comment aider à grandir, soutenir, ne pas faire à la place pour aller plus vite, ne pas avoir peur pour l’autre ?

 

Quel rapport au corps ? Comment lâcher prise sans pour autant rester passif dans son fauteuil ?

On appréciera certaines répliques qui ouvrent à une saveur particulière comme le « passe-moi le sel » récurrent. En même temps la répétition marque l’évolution de l’autonomie au fil du film.

 

Pour aller plus loin, on pourra se référer au livre du père Amar Hors service

On pourra aussi prolonger la réflexion à partir d’extraits de La joie de l’évangile du pape François.

Autour de la question du handicap

Quel est l’impact du regard des autres ? Comment le regard des gens valides sur le handicap peut-il changer ? Comment le film aborde-il cette question sur le plan humain ? (Notamment à travers les réflexions de Farid)

On pourra reprendre en particulier la scène de l’échange entre les amis partis dans la « forêt ».

Pourquoi un tel rejet de Samia quand Ben apprend qu’elle est là après une tentative de suicide ?

On pourra étudier particulièrement les paroles du chant final du film : Espoir adapté

 

Pour aller plus loin : Les différents textes entendus en rap sont comme des cris et peuvent nous faire penser aux psaumes.

 

Quand la vie bascule et qu’un nouveau projet de vie est à construire

Changer de projet, c’est faire le deuil de ce qu’on avait envisagé jusque-là. Faire un deuil nécessite du temps et de franchir des étapes :

D’abord le choc, le déni

Ensuite la colère qui invite à négocier

Puis vient une phase de dépression, de douleur

Avant d’accepter la situation

Pour envisager une reconstruction : comment nous est montrée l’espérance ? (on pourra mettre en parallèle la première et la dernière scène du film.

Comment chacune des étapes se déclinent-elles dans le contexte du film pour Ben ?

Et à travers la scène du blessé par balle qui partage la chambre de Ben : comment réagissez-vous au discours d’appel à la paix et non à la vengeance ? Qu’apporte la couleur particulière de l’ambiance banlieue au récit ?

Pour Toussaint, la reconstruction n’est pas possible. Comment sa mort est-elle reçue par ses amis ?

Comment le temps est pris en compte dans le film et dans quel but ? Quel impact du temps passé en centre de rééducation pour envisager la sortie, pour envisager l’avenir ?

 

Les répliques « Je vis », « N’oublie pas de vivre », « Vis aujourd’hui » nous questionnent dans le rapport à la vie, à l’espérance.

On pourra partager sur l’évangile de la rencontre de Jésus avec l’aveugle ou celle avec le paralytique : Que veux-tu que je fasse pour toi ? en s’interrogeant en particulier sur la réaction de Jésus par rapport à l’homme handicapé.

« Viens, prends ta croix, suis-moi »