
Les séminaristes de Versailles honorent la mémoire du Bienheureux Pierre de Porcaro à Dachau
Au cours de leur session d’été, les séminaristes du diocèse de Versailles accompagnés de notre évêque Monseigneur Luc Crepy et de leurs formateurs se sont rendus en Bavière, sur les pas de leur bienheureux patron, l’Abbé Pierre de Porcaro, béatifié le 13 décembre 2025 à Notre Dame de Paris.
Le 25 août, en la fête de Saint Louis, patron du diocèse, nous avons vécu une démarche, émouvante et profonde, de commémoration et de prière au camp de concentration de Dachau, où le Père de Porcaro est mort martyr le 12 mars 1945.
Sur les lieux du martyre
Notre journée a commencé par une introduction philosophique su ce « laboratoire du totalitarisme », sur la « banalité du mal » et le « mal radical » mis en avant par Hannah Arendt.
Après avoir effectué une démarche personnelle silencieuse dans le camp, nous avons été reçus fraternellement par les sœurs du Carmel de Dachau, installées en ce lieu depuis 1964.
Tous, nous nous sommes réunis ensuite pour une cérémonie de commémoration dans la chapelle de l’Agonie du Christ, rejoints par le Cardinal Reinard Marx, archevêque de Munich et Freising, et Madame la directrice du Mémorial de Dachau, qui nous ont fait l’honneur de leur présence.
Une plaque en mémoire du Bienheureux Pierre de Porcaro
La mémoire de tous ceux qui ont donné leur vie dans ce camp, en particulier des prêtres de la baraque 26, a été vivement rappelée. Après un temps de prière, d’exhortation, et de recueillement, une plaque en souvenir du Bienheureux Pierre de Porcaro a été déposée au nom de tout le diocèse.
On y lit :
En mémoire du Bienheureux Pierre de Porcaro
Prêtre du diocèse de Versailles
mort à Dachau le 12 mars 1945
Martyr de l’Apostolat
Le prêtre est un passage de vie
Le diocèse de Versailles, 25 août 2026
La Croix au cœur de l’espérance
Dans une ambiance recueillie et solennelle, Monseigneur Crepy a rappelé à tous l’importance de la Croix dans le mystère chrétien, par laquelle Dieu rejoint chaque homme, même dans l’atrocité des camps.
Les prêtres internés à Dachau (plus de 1000 d’entre eux y ont été tués) sont un témoignage vivant de l’Espérance chrétienne, de la Croix plantée au milieu de l’horreur, comme l’a souligné le Cardinal. Par leur martyr, ces prêtres ont semé les graines de la construction européenne, ferment de paix pour l’avenir. Même si la question du mal demeure, le chrétien est appelé à s’unir à la Croix pour laisser former le Christ en lui, afin de vivre avec Lui Sa résurrection.
Le Carmel de Dachau est d’ailleurs un signe de la victoire de la Vie sur la mort. Le Cardinal Marx nous a également encouragés comme séminaristes dans notre chemin vers la sainteté, rappelant avec gravité que les racines des idéologies sont difficiles à retirer et invitant ainsi chacun à « veiller » pour demeurer acteur de paix.
De la mémoire à la paix
Cette commémoration a été un symbole fort d’unité vécu avec l’Eglise d’Allemagne, rappel qu’un chemin de paix est possible malgré les horreurs de notre passé qui ont déchiré le monde. La cérémonie s’est achevée par le chant uni de la prière scoute au cœur même du camp de Dachau.
Les intentions de tout le diocèse ont été portées dans notre prière au cours de la messe au Carmel avec la dépose de la plaque du Bienheureux Pierre de Porcaro.
Un témoignage pour les futurs prêtres
Après cette journée empreinte d’une grande puissance spirituelle autour du témoignage du Bienheureux vicaire de Saint Germain en Laye, son exemple s’est ancré de façon renouvelée dans le cœur des séminaristes. Cherchons dans son intercession un soutien fraternel puissant pour avancer à la suite du Christ mort et ressuscité pour nous : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » (Mt 16,24).
Jacques Cherel




