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Portraits


Cette série de portraits veux montrer la diversité des personnes qui font vivre l'Eglise de Yvelines.

Liste des portraits

Bertrand Barthélémy, délégué diocésain auprès du FRAT pendant 4 ans

Comment se mettre au service de l’Eglise ? Pourquoi lui, pourquoi elle, pourquoi pas moi ?  Bertrand Barthélémy, délégué diocésain auprès du FRAT pendant 4 ans nous livre son témoignage en vidéo.

https://www.catholique78.fr/2018/09/04/un-appel-une-mission-bertrand-barthelemy/

Le père Pinard, 70 ans de sacerdoce au service de l’amour de Dieu

VignettePinard 2Ordonné prêtre le 29 juin 1946, au sortir de la guerre, le père Michel Pinard est un témoin de l’histoire de l’Eglise récente. Ce retraité paisible partage aujourd’hui son temps entre la prière personnelle et communautaire, la messe quotidienne et les confessions. S’il ne sort presque plus de la maison de retraite Saint-Louis, le père Pinard est toujours considéré par beaucoup comme un grand confesseur.

« Je me lève à 5h30 tous les matins. J’ai pris cette habitude vers 30/40 ans pour bien remplir ma journée, quitte à faire une petite sieste l’après-midi quand c’est possible ».
« J’aime le temps du petit déjeuner pris en bas. On est un petit groupe d’une vingtaine de résidents sur 80 et c’est très amical. Nous pouvons aussi croiser le personnel de la maison qui commence très tôt. Il y a un partage facile des uns aux autres dans une recherche d’ouverture réciproque. Il y a aussi quelques religieuses qui sont là, et quelques laïcs qui viennent nous voir avant de prendre leur travail ». Le père Pinard apprécie ces circonstances qui font « que l’on se rencontre et que l’on se parle ». Ce qui lui permet de créer « les conditions d’un dialogue en vérité ».

Le sacerdoce comme une évidence

« Je ne peux pas dire que j’ai été appelé au sacerdoce, au sens où j’aurais reçu un appel direct et fort de Dieu, même s’il y a une part d’appel personnel bien sûr ». Enfant de choeur à Argenteuil, le père Pinard, se souvient : « à un moment ou à un autre, on est tenté d’imiter le prêtre. On le regarde et on se demande comment le prêtre fait pour célébrer la messe. Cela vous touche, et on se dit que c’est Dieu qui appelle. Et que l’on va prendre les moyens les meilleurs pour éclairer cet appel ».

Et c’est ce que le père Pinard a fait, avec le soutien de sa famille. « Je pourrais dire beaucoup de bien de ma famille qui a joué son rôle dans ma vocation. Il y avait dans ma famille une union plus vraie et plus forte entre le couple d’abord et avec les enfants ensuite, tout en étant attentif pour moi à l’appel de la vocation ».

Une voie toute tracée vers le séminaire

Si le père Pinard est né à Mantes-la-Jolie, il a grandi à Argenteuil avant de venir à Versailles vers 11 ans. Inscrit au petit séminaire de Grandchamp à Versailles, il y découvre un lieu ouvert à la formation chrétienne des jeunes collégiens et lycéens, en vue éventuellement du sacerdoce. Il poursuit son récit « pour moi, je n’ai jamais songé à quitter cette voie toute tracée vers le sacerdoce. Je n’ai jamais songé à me marier, ni rencontré la fille qui m’aurait plu. C’était réglé dans ma tête, c’est Dieu qui a travaillé pour moi sans doute ». Et le père de poursuivre « en seconde, nous avions la possibilité de prendre la soutane et c’est ce que j’ai fait, même si ce n’était pas une obligation ». Un premier pas vers le sacerdoce, en quelque sorte, pour ce futur prêtre.

Le père Pinard a été ordonné en 1946, avec une trentaine d’autres jeunes prêtres, une promotion « très soudée ». Il avait formulé le voeux de partir comme prêtre missionnaire en Asie,  suite à ses discussions avec les étudiants des MEP au séminaire, ou bien dans une paroisse rurale à trois ou quatre prêtres, mais c’est à Achères qu’il est nommé vicaire. Une paroisse de banlieue ouvrière.

Prêtre à Achères, auprès des ouvriers

« Je suis tout de suite entré en sympathie avec les gens à Achères, avec ceux des usines, les jeunes de la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne), et les familles, mais le curé n’avais pas une très bonne santé, on disait que c’était un demi-curé. J’avais 24 ans et il fallait que j’apprenne tout sur place. Finalement je suis resté 10 ans à Achères. J’ai été nommé professeur de latin au séminaire de Montmagny mais je retournais tous les week-end à Achères pour aider le curé, si bien que tout en étant professeur j’ai pu continuer mes contacts avec les gens d’Achères ».

« Je ne suis pas meilleur chrétien que les autres et j’ai autant besoin de me convertir que tout le monde », explique le père Pinard, qui ajoute « on devrait toujours donner la première place à Dieu. Dieu appelle chaque prêtre à sa façon, et les envoie prêcher la Bonne Nouvelle et guérir les malades ».

Ami de jeunesse du père de Porcaro et du père Bagnol

A Grandchamp, le père Pinard a cotoyé le père Pierre de Porcaro, (1904-1945) qui a donné son nom au nouveau séminaire de Versailles. « Il avait beaucoup de gentillesse humaine. Il était rempli de foi, d’espérance et de charité, et plein d’harmonie ». Et d’ajouter « Le père de Porcaro essayait de vivre toutes les « cases » de la sainteté ». «  Il prêchait pour les vocations et beaucoup sont arrivés au séminaire grâce à lui ». Sa cause en béatification a été officiellement introduite à Rome, avec les cinquante martyrs français de l’apostolat.

Au séminaire de Grandchamp, le père Pinard a aussi fait la connaissance du père André Bagnol. Un livre est actuellement en cours de rédaction sur la vie de ce saint prêtre, à l’initiative d’une paroissienne de l’Essonne. « Le père André était considéré comme un saint par notre groupe des 30 séminaristes. Il avait une vie de prière et de recueillement qui était grande. Cela nous a beaucoup marqué ».

S’il devait délivrer un message à l’occasion de ses 70 ans de sacerdoce, ce serait « d’essayer de mettre vraiment Dieu à la première place », « en particulier dans l’Eucharistie, qui est le pain nouveau, qui nous est donné ». Sans oublier de donner aussi « toute sa place à la sainte Vierge, qui nous connaît tout particulièrement ».

Adina Candrea, de Sartrouville - juive, roumaine et chrétienne

AdinaA 72 ans, Adina a l’allure d’une grande dame. Élégante et chaleureuse, elle nous accueille dans son appartement de Sartrouville. Une fois le thé infusé, elle glisse entre ses doigts une cigarette mais ne l’allumera qu’après avoir raconté son histoire. Une histoire singulière, marquée par les épreuves et sa rencontre bouleversante avec le Christ à 46 ans. Adina est Juive, Roumaine et chrétienne. Trois réalités qui ont façonné son destin.

Jusqu’à l’âge de 17 ans, Adina a vécu avec sa famille sous le joug soviétique en Roumanie. Elle reçoit pour ses 13 ans Le journal d’Anne Franck. Cette fillette, persécutée par le nazisme quelques années plus tôt, devient sa confidente. Sur un cahier, elle confie chaque jour à cette « amie mystérieuse » ses secrets et les tourments dus à la situation précaire de sa famille. Aujourd’hui encore, Adina se livre régulièrement à sa « Chère Anne ». « Écrire pour me confier est devenu une nécessité, parce que le fait d’écrire me permet de saisir le sens de ce que je vis. »

Après avoir enfin reçu l’autorisation de quitter la Roumanie, les parents d’Adina s’installent à Paris avec leur fille unique. Poussée par sa mère, Adina entreprend sans grande conviction des études scientifiques qui lui permettront malgré tout, de travailler dans de grands Instituts de recherches scientifiques. Son mariage avec un Roumain se solde par un divorce. Ils auront eu un fils.

Dieu m’appelle, « me voici ».

Alors qu’elle est tourmentée par sa procédure de divorce, Adina se réveille pendant une nuit « comme par une sorte de secousse et le mot «  Dieu  » qui [lui] traverse la tête en un éclair  ». Adina est Juive non pratiquante. Que vient faire Dieu dans sa vie tout d’un coup ? Elle est secouée ? Mais se sent apaisée.

Quelques jours plus tard, une amie lui propose de participer à une catéchèse pour adultes donnée par la communauté néocatéchuménale. : « Pour la première fois de ma vie, j’entendais des personnes parler des Juifs avec bienveillanceJ’étais interpellée ; cela a attisé ma curiosité. » Accompagnée par la communauté qu’elle intégrera, Adina reçoit le baptême à 46 ans.

La richesse du judaïsme pour les chrétiens

Son cheminement catéchuménal lui donne l’occasion de lire la Bible et lui donne le goût de l’étude de l’Écriture Sainte. Son parrain, le Dominicain Etienne Nodet op. lui conseille alors de suivre une licence de théologie à l’Institut Catholique de Paris. « J’ai dû attendre l’âge de 50 ans pour faire ce qui me plaisait : la théologie » se livre-t-elle. A la fin de son cursus, un de ses professeurs lui rappelle qu’un don de Dieu n’est donné que pour être partagé avec le plus grand nombre et l’invite à faire à la maison diocésaine d’Évreux, un séminaire d’initiation au judaïsme, car comme le disait Jean-Paul II dans la déclaration à Mayence : « qui rencontre Jésus-Christ rencontre le judaïsme »1, or, Adina a rencontré son judaïsme, en Église, à travers sa rencontre avec Jésus-Christ.

Un Amour inespéré, aux éditions Salvator

Adina Candréa vient de signer son premier livre au éditions Salvator : Un Amour inespéré dans lequel elle relate son histoire et révèle ses confessions spirituelles. Cette femme, aujourd’hui réconciliée avec son identité, y formule son désir enfin clairement identifié : «  : aimer Dieu, sinon d’égal à égal, au moins d’une manière réciproque : lui de tout son cœur et moi de tout le mien. Et si mon cœur est tellement plus petit que le sien, ça ne fait rien, ce qui compte c’est l’investissement total. »

  1. Déclaration à Mayence Documentation Catholique DC. N° 1798, 1980, pp 1148-1149

Frédérick Hentgen, de Gazeran : marié, père de famille et… serviteur !

hentgenFrédérick Hentgen, 45 ans, a été ordonné diacre le 28 septembre 2014, et exerce actuellement son ministère dans le groupement paroissial de Gazeran, près de Rambouillet.

Recommençant, Frédérick a fait sa première communion à 24 ans, puis il a reçu le sacrement de confirmation un an après. C’est au cours d’un pèlerinage entre Strasbourg et Prague, alors qu’il est étudiant, que Frédérick rencontre le Seigneur. Il est alors en contact avec un aumônier et découvre la vie fraternelle.

Pendant dix mois passés dans l’armée pour son service militaire, Frédérick cherche à tout prix à aller à la messe. « Mon cœur était brûlant ! » Mais ce n’est pas facile en Allemagne.

Il découvre les équipiers Notre-Dame et un prêtre, le père Jean Lagache qui lui dit : « Si tu as faim, le fruit est mûr, vas-y ! »

Il se marie en 1996, puis devient responsable dans sa paroisse de la préparation au baptême. Il s’engage ensuite au sein du beau « Service diocésain des Vocations », et comprend alors les trésors de la complémentarité des vocations. Il veut témoigner de la beauté et de la grandeur du mariage : « Le mariage est un sacrement qu’il faut soigner ».

Un jeu d’équilibre constant

« Quand on se marie, que l’on a quatre enfants, une vie professionnelle et un ministère, il faut souvent faire des arbitrages. Il faut savoir poser son téléphone, passer du temps avec son conjoint, et jouer aux « Playmobil » avec ses enfants. Nous avons le devoir de nous asseoir  et veiller à ce que nos épouses soient, elles aussi, comblées. » Il dit sans hésiter que le sacrement de son mariage est la véritable source de son engagement diaconal.

Frédérick reprend l’image des « poupées russes » du père Caffarel des équipes Notre-Dame. Il croit en la fécondité des sacrements entre eux, synonyme de grâce pour celui qui le reçoit. Mais il veut, bien-sûr, consacrer aussi tout le temps nécessaire à la belle mission qui lui a été confiée : l’aumônerie avec les 5èmes, cette année si importante de la Profession de foi.

Ce qui change dans la vie…

Un catholique engagé, un diacre permanent a les mêmes tensions, les mêmes pressions qu’un laïc. Il se donne corps et âme dans son ministère, mais n’est pas pour autant un saint.

« Les laïcs deviennent plus exigeants parce que j’ai été ordonné. L’exigence est bien réelle. Dans un monde où tout est jetable, où tout est éphémère, je veux dire que les ministres ordonnés ne sont pas des prestataires de service ! Les journées ne font que 24 heures pour nous aussi. »

Heureusement, Frédérick est aidé par la Lumière qu’il perçoit dans sa vie.

… et dans ma vie professionnelle.

« Mes collègues savent que je suis chrétien. Certains sont venus à mon ordination. C’est un témoignage d’amitié qui m’a beaucoup touché : une messe d’ordination, ça dure quand-même 2h1/2 ! » Frédérick leur avait fait part de son intention de devenir diacre. C’était indispensable pour lui, mais il avait conscience que c’était une prise de risques.

Désormais, dans son travail, son regard est différent. Il est plus attentif à la notion de vérité : les lunettes sont réglées différemment. Frédérick préfère se positionner autrement, en écoutant, « au-dessus de la mêlée » en faisant circuler le ballon, comme on dit au rugby, pour aider à poser les questions différemment avec bienveillance.

Quelle grande joie d’être marié et à l’autel !

« Samedi 28 septembre, j’ai eu la joie de baptiser 5 enfants. La liturgie du baptême est d’une grandeur infinie. Je l’ai vécue à fond ! » Avec un grand sourire, Frédérick termine en disant : « Je peux vraiment dire : je suis à ton service Seigneur ! » et conclut : « Etre baptisé, c’est vraiment la joie d’être mouillé pour l’éternité- comme l’annonçait une année le Pèlerinage des étudiants vers la cathédrale Notre-Dame de Chartres. » « Quelle route, merci ! »

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