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3 décembre 2017 : nouvelle formule du Notre Père


À partir du 1er dimanche de l’Avent (3 décembre 2017)  la nouvelle traduction du Notre Père remplacera de manière officielle l’ancienne formulation. Pourquoi cette date et quel en est l’enjeu ?

Source : eglise.catholique.fr

Le 3 décembre, le premier dimanche de l’Avent, une nouvelle traduction du Notre-Père entrera en vigueur dans toute forme de  liturgie. Les fidèles catholiques ne diront plus désormais : « Ne nous soumets pas à la tentation » mais « Ne nous laisse pas entrer en tentation ».

Un peu d’histoire

La nouvelle traduction de la sixième demande du Notre Père a été confirmée par la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements le 12 juin 2013, avec l’ensemble de la nouvelle traduction liturgique de la Bible, dont elle fait partie. Il avait été décidé que l’on attendrait la publication de la nouvelle traduction du Missel romain pour rendre effective la nouvelle formulation du Notre Père.

La validation de la traduction du Missel romain prenant plus de temps que prévu, les évêques belges francophones ont décidé d’une entrée en vigueur de la nouvelle traduction du Notre Père à la Pentecôte de cette année.

À leur dernière assemblée plénière (28-31 mars 2017), les évêques français leur ont emboité le pas, rendant la nouvelle traduction du Notre Père exécutoire le 3 décembre prochain. Ce jour qui est le premier dimanche de l’Avent marque en effet le début de la nouvelle année liturgique. Quant aux Églises francophones, certaines ont précédé le mouvement tel le Bénin à la Pentecôte, tandis que d’autres l’accompagnent.

Quel enjeu ?

En officialisant cette nouvelle traduction du Notre Père, les évêques à Lourdes l’ont présentée comme devenant traduction en usage « dans toute forme de liturgie publique ». Une date unique d’application signe l’ecclésialité de la démarche.

A ce titre, il est bon de rappeler que le Conseil d’Églises chrétiennes en France (CÉCEF) a recommandé que lors des célébrations œcuméniques qui auront lieu à partir de l’Avent 2017, la sixième demande du Notre Père soit ainsi formulée : « et ne nous laisse pas entrer en tentation ».

Une manière d’honorer l’invitation du Christ « Que tous soient un » (Jn 17, 21).

« Ne nous laisse pas entrer en tentation »

L’ « évangile », la bonne nouvelle, est qu’en Jésus tout homme peut vaincre toute tentation ; comme Jésus, nous  pouvons  nous en remettre entièrement au Père qui « est fidèle et ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces » (1 Co 10, 13).

Faire face à la tentation peut donc devenir une expérience importante car cela nous aide à resituer le rôle et la place de Dieu dans nos choix, face à ce qui nous semble bien et bon.

« Réfléchir sur les tentations (…) est une invitation pour chacun de nous à répondre à une question fondamentale : qu’est-ce qui compte véritablement dans ma vie ? (…) quelle place à Dieu dans ma vie ? Est-ce lui le Seigneur ou bien est-ce moi ? » (Benoît XVI, Audience du 13 février 2013). En compagnie de Dieu, la tentation devient un appel à notre liberté, au discernement, à une conversion permanente.

La dimension œcuménique du Notre Père

En 1966, la Conférence épiscopale catholique, les quatre Églises luthériennes et réformées en France et les évêques de trois juridictions de l’Église orthodoxe en France ont décidé d’adopter une traduction commune de la prière du Notre Père récitée par leurs fidèles. Cette version dite « œcuménique » a ensuite été reçue plus largement par les différentes familles ecclésiales francophones. À ce jour, c’est celle qui est utilisée au cours des célébrations œcuméniques et, le plus souvent, celle qui est récitée au cours des offices dans les Églises qui ont cette pratique.Dans l’Église catholique,  en lien avec la Congrégation pour le culte divin à Rome, les Conférences épiscopales des pays francophones (Afrique du Nord, Belgique, Canada, France, Luxembourg et Suisse) travaillent ensemble aux traductions en langue française. Lors de leur assemblée du printemps 2009, les évêques catholiques français ont souhaité, qu’ « après concertation avec les autres Églises ou communautés ecclésiales » la formule « et ne nous laisse pas entrer en tentation » soit adoptée pour le texte du Notre Père de la messe.

En septembre 2009, l’Église catholique a informé ses partenaires au sein du Conseil d’Églises chrétiennes en France (CÉCEF) de ce projet de modifier la traduction de la sixième demande de la prière du Notre Père (à partir de l’Avent 2016) et a sollicité leur avis.

À l’assemblée du 25 novembre 2010, la délégation orthodoxe au CÉCEF a rappelé que les communautés qui prient le Notre Père en français ne le font pas toujours avec la version dite « œcuménique », que les orthodoxes utilisent toutefois cette traduction lors des célébrations œcuméniques, et que la formulation en projet d’adoption par l’Église catholique ne leur fait pas problème.

La délégation de la Fédération protestante de France (FPF) au CÉCEF a déclaré approuver les conclusions d’une note préparée, à la demande de son conseil : « Nous ne voyons donc pas d’inconvénient si l’on accepte la proposition soumise ». Il a ensuite été rappelé que la FPF n’avait pas mandat de ses Églises membres pour décider de la traduction du Notre Père qui doit être utilisée dans leurs liturgies propres. C’est ainsi que lors de son synode d’Avignon (mai 2014), l’Église protestante unie de France a décidé d’entamer une réflexion sur la traduction du Notre Père.

Le synode national de l’Église protestante unie de France réuni à Nancy du 5 au 8 mai 2016 recommande dans un souci œcuménique aux paroisses et Églises locales d’utiliser pour la 6e demande, la version « ne nous laisse pas entrer en tentation » retenue pour les Églises catholiques francophones.

En conséquence, le CÉCEF recommande  qu’à partir de l’Avent 2017, lors des célébrations œcuméniques, la sixième demande du Notre Père soit ainsi formulée : « et ne nous laisse pas entrer en tentation ».