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Année de la Miséricorde – Assister les personnes malades


Parfois, un peu d’audace et de bienveillance permettraient peut-être des rencontres renouvelées qui feraient grandir chacun en humanité.

Bénédicte Bergeron – le 16.03.2016

Certains le font déjà auprès de parents âgées, d’amis ou d’enfants malades. Visite de courtoisie ou occasion d’un cœur à cœur avec l’autre sous le regard miséricordieux de Dieu ? Parfois, un peu d’audace et de bienveillance permettraient peut-être des rencontres renouvelées qui feraient grandir chacun en humanité.

D’autres sont appelés par l’Eglise et se forment pour assurer cette belle mission de prendre soin de nos frères et sœurs malades, vieillissants ou handicapés. Ils ne sont pas là pour donner des réponses à la souffrance mais pour s’approcher de ceux qui ont besoin d’une présence, d’être écoutés, consolés ou qui souhaitent tout simplement partager la parole de Dieu.

La grâce de la miséricorde se rend particulièrement visible, presque palpable, dans certaines rencontres que les aumôniers d’hôpitaux ou visiteurs de maisons de retraite vivent auprès des personnes malades ou très âgées. Pour certaines, une longue vie avec des moments de bonheur mais aussi de peines, de blessures rentrées, faute d’avoir pu en parler, d’avoir osé partager ou d’avoir perdu confiance en Dieu « qui m’a oublié » ou « qui va me juger ». « J’ai été enfant de cœur mais après je n’ai pas eu le temps, vous savez ce que c’est : le travail, les enfants, les parents, … on court… pas le temps d’aller à l’Eglise ». Ce peut être aussi des relations familiales compliquées « ma fille n’a jamais voulu que je voie son fils » ou alors « qu’ai-je fait au Bon Dieu pour avoir cette maladie ? ».

D’abord être présence, être là tout simplement car la maladie ou le grand âge isole. Avoir une écoute bienveillante, sans jugement ni a priori, la confiance peut alors s’installer et une relation se vivre qui respecte le cheminement de chacun. L’heure peut être aux regrets ou à la colère qui finit par se dire paisiblement. Dieu nous rejoint dans ce que nous vivons, dans cette maladie, dans ce grand âge où les forces nous abandonnent. La révolte, le questionnement, la culpabilité, la lassitude, Dieu se sert de tout pour nous faire avancer, il est important d’accueillir toutes les attitudes et émotions de la personne visitée sans essayer de les gommer. Le visiteur devient alors dépositaire de ce qui fait l’âme humaine et peut aider à ce qu’un chemin de vérité se dise, pour que se dénouent ces nœuds bien serrés depuis des années qui entravent les relations avec soi-même, l’entourage familial ou amical et avec Dieu. Se faire guide pour que la personne retrouve un chemin vers Dieu et vive une proximité avec le Christ. La visite peut être aussi le temps de remerciements à Dieu qui s’est fait proche et « a toujours pris soin de moi et de ma famille malgré les épreuves que nous avons traversées ». Moment de grâce où relire sa vie permet de sentir la présence du Christ dans sa vie. Le reconnaître devant témoin et le remercier.

Assister les personnes malades, c’est aussi entendre leur demande de sacrements ou leur proposer avec délicatesse le sacrement du pardon et le sacrement des malades où toute la tendresse de Dieu se dit et se donne. Si nous, laïcs, ne pouvons pas donner le sacrement du pardon, nous pouvons aider à un chemin de réconciliation et éveiller le désir d’être pardonné. Vécu avec un prêtre, avec ou sans les proches, le sacrement des malades reste un moment communautaire au cours duquel peuvent se dire des pardons, des remerciements. Moments d’intense vérité où le Christ donne en abondance.