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Résurrection à Mantes collégiale


La construction de la collégiale Notre Dame de Mantes -la-Jolie a commencé en 1150 et s’est achevée à la fin du XIIIème siècle.

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photos T. d’Aboville

L’édifice appartient au style gothique d’Ile de France, proche de celui de Notre Dame de Paris. C’est dans cette seconde moitié du XIIème siècle que la sculpture s’étend sur toute la façade des églises : aux trois nefs intérieures correspondent trois portails dont les tympans sont disponibles pour représenter des scènes destinées à l’éducation religieuse des fidèles. Comme il est logique pour une église dédiée à Notre Dame, le portail central de la façade ouest est consacré à Marie, à son Assomption et à son couronnement par le Christ. Le portail Nord date de la même époque et est, lui, une évocation de la Résurrection de Jésus.

La sculpture du portail est divisée en deux parties : au dessus de la porte, le linteau représente l’épisode des saintes femmes découvrant au matin de Pâques le tombeau ouvert, sur le tympan, le Christ de l’Apocalypse domine la scène.

Comment en effet représenter la Résurrection ? Personne n’a vu Jésus ressuscitant. Le sculpteur du Moyen- Age s’inspire de Marc et de Matthieu qui relatent la découverte du tombeau vide : “Quand le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques et Salomé achetèrent des aromates pour aller l’embaumer […] Elles se disaient entre elles : “Qui nous roulera la pierre de l’entrée du tombeau ?” Et levant les yeux elles voient que la pierre est roulée ; or elle était très grande. Entrées dans le tombeau, elles virent, assis à droite un jeune homme, vêtu d’une robe blanche, et elles furent saisies de frayeur. . Mais il leur dit : “Ne vous effrayez pas. Vous cherchez Jésus de Nazareth le crucifié : il est ressuscité. Il n’est pas ici…” (Marc, 16, 1-6). Chez Matthieu, ” l’Ange du Seigneur vint rouler la pierre et s’assit dessus. Dans la crainte qu’ils en eurent, les gardes furent bouleversés et devinrent comme morts.” (Matthieu, 28, 2-4)

Les trois femmes portant les vases d’aromates découvrent comme progressivement les soldats endormis, le tombeau ouvert d’où s’échappent le linceul et les bandelettes. A l’autre extrémité du linteau, l’ange, magnifique, assis et donc plus grand que les femmes, les apaise avec un geste de bénédiction. Aucun souci de réalisme, le tombeau est un tombeau médiéval, les gardes sont revêtus d’armures du Moyen Age et ressemblent aux soldats de la tapisserie de Bayeux. L’un deux, pour occuper l’espace, est comme suspendu en l’air. La sculpture est d’une grande sobriété, c’est l’ange qui manifeste le caractère surnaturel de la scène, il domine et désigne le tombeau vide, à la fois rappel du Christ mort et enseveli et signe de sa victoire sur la mort.

Sur la partie supérieure du tympan, le Christ est assis en majesté sur un tombeau /autel. Son visage est auréolé du nimbe cruciforme qui rappelle la Passion, de même que la couronne suspendue près de lui. Dans sa main droite, il tient le livre aux sept sceaux dont parle l’Apocalypse, dans sa main gauche un disque qui représente l’univers sur lequel s’étend sa domination. Il est entouré par deux anges, plus petits que lui. Leurs silhouettes épousent la forme du tympan et s’inclinent vers lui. L’un d’eux l’encense, l’autre tient la clé qui ouvrira les sept sceaux.
Dans les voussures de l’arc au- dessus du tympan, huit prophètes qui tiennent des phylactères dans leurs mains encadrent l’ensemble de la sculpture. Ils évoquent l’Ancien Testament, le temps qui prépare la venue du Christ.
Cette représentation du Christ glorieux est assez originale si on la compare aux multiples scènes de jugement dernier qui ornent les façades de nos églises. Elle nous introduit d’une manière apaisée dans le grand Mystère Pascal qui est le fondement et la source de notre foi chrétienne.