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Pourquoi vénérer Marie en tant que « Mère de l’Église » ? 


Selon la volonté du Pape, l’Église de rite romain célèbrera, chaque année, la mémoire de « la bienheureuse Vierge Marie Mère de l’Église » le lundi après la Pentecôte. Sa mémoire devra apparaitre dans tous les calendriers et les livres liturgiques pour la célébration de la messe et de la liturgie des heures.

Dès 1964, le bienheureux Pape Paul VI a tenu à vénérer la Vierge Marie sous le vocable de « Mère de l’Eglise » dans son discours d’approbation de la constitution dogmatique sur l’Eglise « Lumen Gentium ». Et comme l’explique le p. Claude Touraille : « Nous sommes loin d’une simple et respectable dévotion mariale. Nous touchons là au mystère de l’Église, dont le Concile Vatican II a voulu, que le chapitre 8 de « Lumen Gentium », soit consacré à Marie, mère de Jésus. Sa place est au cœur de l’Église, place unique. Elle en est la Mère. »

A l’origine, le mystère de l’Incarnation

La fête de l’Annonciation, aussi appelée par la tradition  » fête de la racine », car cachée et fondatrice, commémore l’Incarnation mais aussi le commencement de l’Eglise. Au cours de la messe, au moment de la prière sur les offrandes, le prêtre y fait référence par ces mots : «  l’Eglise n’oublie pas qu’elle a commencé le jour où Ton Verbe s’est fait chair ». La constitution pastorale sur l’Eglise dans le monde de ce temps « Gaudium et Spes » au n° 222 enseigne que, par son incarnation, le fils de Dieu s’est, en quelque sorte, uni lui-même à tout homme  ; il en découle naturellement que la Vierge Marie est devenue mère de cette humanité.

Par ailleurs, selon le concile d’Ephèse 431, Marie est « Theotokos », c’est à dire Mère de Dieu ; « donc le fils de Dieu,  Jésus-christ n’est qu’une seule personne, et il a deux natures puisqu’il est aussi vraiment son Fils né de sa substance ». père M.J. Lagrange (dominicain)

Saint Augustin, docteur de l’Eglise, a écrit que le corps de Jésus s’unit à l’Eglise formant ainsi le Christ total, tête et corps. Isaac de l’Etoile, au XIIème siècle, exprimait aussi comment l’union du Fils à la Mère se prolonge entre la Mère et le corps mystique du Christ qu’est l’Eglise : « Les hommes, en eux-mêmes, par leur naissance selon la chair, sont une multitude ; mais par la seconde naissance, la naissance divine, ils ne sont avec lui qu’un seul. Le seul Christ, unique et total, c’est la tête et le corps.  » C’est ce que nous proclamons avec ce chant de Pentecôte : « Nous sommes le corps du Christ, chacun de nous est un membre de ce corps ; chacun reçoit la grâce de l’Esprit pour le bien du corps entier ».

Mère de Jésus-Christ dont le corps mystique est l’Église

A la Pentecôte, l’Église est institutionnalisée et envoyée en mission, sous l’impulsion de l’Esprit Saint : « Une fois achevée l’œuvre que le Père avait chargé son Fils d’accomplir sur la terre, le jour de la Pentecôte, l’Esprit Saint fut envoyé pour sanctifier l’Église en permanence ». (Vatican II – Lumen gentium & 4). En plaçant la fête de Marie, Mère de l’Eglise, le lundi de Pentecôte, notre Pape a choisi de nous rappeler que Marie était là, dans le cénacle avec les apôtres, le jour de la Pentecôte et qu’elle accompagne maternellement l’Eglise dans sa mission depuis ce jour.

Commentant le décret qui a été  signé à l’occasion du cent-soixantième anniversaire de la première apparition de la Vierge à Lourdes, le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, explique l’intention du Pape François. Celui-ci a pris la décision de célébrer Marie, Mère de l’Église, « en considérant l’importance du mystère de la maternité spirituelle de Marie qui, dans l’attente de l’Esprit Saint à la Pentecôte (cf. Ac 1, 14), n’a jamais cessé de prendre soin maternellement de l’Église pèlerine dans le temps ».

« La promotion de cette dévotion peut favoriser, chez les pasteurs, les religieux et les fidèles, la croissance du sens maternel de l’Église et de la vraie piété mariale », peut-on lire dans le décret. « Le vœu, explique le cardinal Sarah, est que cette célébration rappelle à tous les disciples du Christ que, si nous voulons grandir et être remplis de l’amour de Dieu, il faut planter notre vie sur trois grandes réalités – la Croix, l’hostie, et la Vierge – « trois mystères que Dieu a donnés au monde pour structurer, féconder et sanctifier notre vie intérieure, et nous conduire vers Jésus ».

Merci, très saint Père, de nous rappeler, comme le précise le décret , « que Marie, en accueillant le disciple bien-aimé, nous accueille nous aussi et que le Christ nous choisit ainsi comme vicaires de son amour envers sa Mère ». Nous pourrons méditer le sens de cette nouvelle fête en nous appuyant sur la lecture de la toute récente exhortation apostolique « Gaudete et Exsultate » ; elle nous aidera à tourner notre regard vers la Vierge Marie qui « vécut les Béatitudes de Jésus  » en priant « l’Esprit Saint d’infuser en nous un intense désir d’être saint pour la plus grande gloire de Dieu et à nous aider les uns les autres dans cet effort »(sic) …. ce qui est bien une des vertus de l’Eglise dans l’ordre de la communion des saints !

Donatienne Huyghues-Beaufond

Pour aller plus loin, le doc’Info n°8 du Centre de documentation du diocèse est consacré à Marie, mère de l’Église.

Image : Pentecôte par Arcabas. Pour en savoir plus sur cet artiste, certaines de ses oeuvres sur l’Esprit-Saint sont expliquées dans un DVD disponible auprès du centre de documentation.

L’article de VaticanNews cité en introduction d’article.