Logo diocèse de Versailles

La fête de la Toussaint


La fête de la Toussaint nous invite à lever les yeux vers tous les saints du ciel. Elle nous rappelle l’urgence de la conversion, pour que nous puissions « fructifier vers la sainteté … et former l’unique famille du Christ. »

 

Tous les saints du ciel

La fête de la Toussaint nous invite à lever les yeux vers tous les saints du ciel.

Vers ceux d’abord que l’Église donne comme modèle, « nos frères et bienfaiteurs que nous devons aimer » (LG 50). Ils ont pratiqué héroïquement les vertus et vécu dans la fidélité à la grâce de Dieu. « Ils ont prié avec toutes leurs forces, ils ont lutté, et ils ont vaincu », comme a dit le Pape François lors de la canonisation d’Élisabeth de la Trinité et de six autres bienheureux.

Mais le ciel est aussi peuplé de tous les anonymes qui ont pratiqué les béatitudes. Les pauvres de cœur, ceux qui pleurent, les doux, ceux qui ont faim et soif de justice, les miséricordieux, les cœurs purs, les artisans de paix, ceux qui sont persécutés pour la justice, ceux qui sont insultés et persécutés à cause du Christ. C’est la foule immense de l’Apocalypse, la foule de ceux qui affirment que le Salut appartient à notre Dieu. Demandons leur de prier pour nous.
Tous appelés à la sainteté

Écrivant aux Corinthiens, Saint Paul les désigne comme ceux qui ont été sanctifiés dans le Christ. Pourtant, tout de suite après, il les appelle à devenirs saints. Déjà saints, mais appelés à le devenir. Ainsi, la sanctification, déjà acquise dans le Christ, reste en chemin en chacun de nous. Le Catéchisme de l’Église Catholique indique au n° 827 que « l’Église rassemble des pécheurs saisis par le salut du Christ, mais toujours en voie de sanctification ». Faits à l’image de Dieu, nous sommes appelés par Lui à être saints, comme Dieu est saint (Cf. Lv. 20, 26). Saint Paul rappelle que « Ce que Dieu veut, c’est votre sanctification » (1 Th. 4, 3). Mais comment y parvenir ?

Le chemin vers la sainteté

Selon  gaudium et spes (n° 39-42), le chemin vers la sainteté est balisé par l’exercice de la charité, par l’écoute de la Parole de Dieu, par les sacrements et par la prière. La charité envers Dieu et envers le prochain marque le véritable disciple du Christ, lui qui s’est anéanti lui même, prenant la condition d’esclave, se faisant obéissant jusqu’à la mort (Cf. Ph. 2, 7-8). Les ministres ordonnés reçoivent mission de l’Évêque, successeur des Apôtres. Ils ont reçu l’Esprit-Saint « source de toute sainteté » (Préface de la Toussaint). En son nom, ils nous font entendre la Parole. A nous de l’écouter et de la mettre en pratique. Ils nous présentent les sacrements, spécialement le baptême et l’eucharistie. Le baptême nous communique la grâce sanctifiante. Avec cette grâce de Dieu, et en faisant appel à sa miséricorde, il nous appartient de conserver cette sanctification et de l’achever par notre vie. L’eucharistie nous communique la vie divine. La prière nous met en communion avec tous les saints.

 

« Je crois à la communion des saints »

Au cours de la récitation du Symbole de Apôtres, le ton faiblit parfois sur la phrase « Je crois à la communion des saints ». Qu’y a-t-il derrière ces mots ? – Voyons ce qu’en dit le Catéchisme (n° 946 et ss.).

La Communion des saints explicite ce qu’est l’Église, selon deux axes : la communion des biens spirituels et la communion de l’Église du Ciel et de la Terre.

Croyant à la communion des saints, nous nous reconnaissons d’abord unis aux membres de la communauté par la foi, par la mise en commun des biens et la charité, par la pratique des sacrements, par la communion des charismes, c’est à dire dans la reconnaissance que la diversité des grâces reçues contribue au bien commun.

Croire à la communion des saints, c’est aussi croire aux trois états de l’Église, faite de ceux qui sont encore en pèlerinage sur cette Terre, de ceux qui, ayant achevé leur vie se purifient encore et de ceux enfin qui, étant dans la gloire, contemplent « dans la pleine lumière, tel qu’il est, le Dieu en trois personnes ». (LG 49).

L’urgence de la conversion, l’unique famille de Dieu

La fête de la Toussaint est une occasion de se rappeler l’urgence de la conversion, dont elle nous offre quelques pistes. En communion avec les saints qui intercèdent pour nous, nous le sommes aussi avec les fidèles défunts pour qui nous prions. Nous contribuons ainsi à former l’unique famille du Christ, ainsi que le proclame lumen gentium en son n° 51 :

« Lorsque la charité mutuelle et la louange unanime de la Très Sainte Trinité nous font communier les uns aux autres, nous tous, fils de Dieu qui ne faisons dans le Christ qu’une seule famille (Cf. He. 3, 6), nous répondons à la vocation profonde de l’Église. »

Pour aller plus loin : Lumen gentium  ; Catéchisme de l’Eglise catholique : La communion des saints

Philippe de Pompignan.