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La grande famille des consacrés


La réponse à l'appel de l'Esprit-Saint a pris de multiples formes de vie consacrée au cours de l'histoire.

Dès le début de l’Eglise, des chrétiens et des chrétiennes ont voulu donner toute leur vie au Christ. Cela s’est réalisé dans des formes de vie diverses (cf. les veuves au temps de St Paul). Petit à petit, ces formes de vie s’institutionnalisèrent :

  • Saint Pacôme, au 3ème siècle, est le fondateur de la vie monastique communautaire en Orient ;
  • Saint Benoît, au 5ème siècle en occident, écrira une règle de vie monastique qui reste fondatrice pour plusieurs ordres monastiques aujourd’hui.
  • Saint Antoine du désert en Egypte est l’initiateur d’une longue tradition de vie d’ermite.

Ainsi au cours des siècles se sont développés plusieurs formes de consécration à Dieu. En 1947, par exemple le Pape Pie XII a formalisé une nouvelle manière de vivre les vœux de chasteté, pauvreté et obéissance en plein monde, ce sont les Instituts séculiers et aujourd’hui encore l’Eglise reste ouverte à d’autres innovations : il suffit de penser aux communautés nouvelles.

Nous présentons dans les pages qui suivent les principales formes de  vie consacrée aujourd’hui reconnues par l’Eglise :

  • Les Instituts religieux avec les 3 vœux, la vie communautaire et une certaine mise à part. On distinguera la vie monastique et les congrégations de vie apostolique.
  • Les Instituts séculiers avec les vœux et une vie dans le monde
  • L’Ordre des vierges consacrées
  • Les Ermites (présentation à venir)

                                        Institut religieux de vie apostolique

A l’origine d’un Institut Religieux il y a un fondateur, qui dans  une forte  expérience spirituelle a perçu un besoin  de la société de son temps, et s’est senti appelé à y apporter une réponse évangélique. Sur ses traces, des hommes ou des femmes séduits par cette même réponse évangélique ont répondu à l’appel de suivre le Christ de cette manière.

Au temps voulu, ce projet de vie religieuse apostolique  a été présenté à l’Eglise  pour approbation.

Par la profession religieuse, consacrés à Dieu, dans la pauvreté, la chasteté, l’obéissance,  les religieux se donnent tout entier au service de leurs frères, offrant au monde un témoignage visible du mystère du Christ.

« Dès lors consécration de soi à Dieu et service des personnes, pour leur dire la Bonne  Nouvelle du Royaume, sont intimement liés. »(1) « Toute la vie des membres  doit être imprégnée  d’esprit apostolique et toute leur action apostolique  doit être  animée par l’esprit religieux »(2) « L’action apostolique vient toujours d’une union intime avec Dieu et la fortifie »(3).

 Tout Institut religieux de vie apostolique inscrit sa mission dans  la mission de l’Eglise [….] il participe  « à la fonction pastorale de l’Eglise  par des œuvres de miséricorde  spirituelles et corporelles » et rend  « à l’humanité des services très divers »[…](4). C’est à la manière des apôtres que les religieux parcourent le monde proche ou lointain, pour annoncer la Bonne Nouvelle du Salut  par leur parole et par leur vie.

Les Constitutions d’un Institut religieux  tracent un chemin d’Evangile particulier, dictant la manière dont les religieux  vivent en communauté fraternelle, prient ensemble, mettent en commun leurs biens, et reçoivent leur envoi en mission,  mission  pouvant se concrétiser dans des œuvres de charité les plus variées. Les Constitutions  indiquent aussi le chemin de formation que le postulant est invité à parcourir, du noviciat à la Profession perpétuelle. Elles formulent les modalités d’animation et de gouvernement de l’Institut.

Régulièrement les membres de l’Institut sont tenus de vivre  une expérience fondatrice dans l’événement du Chapitre général. Là, de manière collégiale, des religieux élus par  leurs frères évaluent la vie apostolique des années précédentes et formulent des orientations de vie nouvelles, afin que l’Institut progresse toujours plus fidèlement dans la mission reçue de l’Eglise.

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(1) Gérard MUCHERY, Si tu connaissais le don de Dieu, 1982, p.109

(2) Code de Droit Canonique, c.675,§1.

(3) ma vocation.org – Religieux apostoliques

(4) Code de Droit Canonique, cf. c.676.

Une vocation spécifique dans les Instituts Séculiers

Institut

Un Institut séculier est un institut de vie consacrée, reconnu officiellement comme tel par l’Eglise. Il est de droit diocésain ou de droit pontifical. Il se caractérise par son charisme et une spiritualité propre. Il est laïque, féminin ou masculin, ou sacerdotal.

Comme institution ecclésiale, l’Institut accompagne chaque membre dans son état de vie consacrée séculière. Doté d’un statut canonique, il a une existence propre et autonome, avec une mission apostolique de l’intérieur même du monde.

Séculier

Si l’origine de ce mot est le « siècle » au sens du monde dans son sens large, les membres des Instituts Séculiers, dans toute leurs diversités, donnent le même contenu à ce mot « séculier ».

L’appel inclut, à titre essentiel, l’impératif de demeurer au cœur des réalités où notre monde se construit : l’économique, le social, la culture, le politique, les migrations de populations sur tous les continents, l’internationalisation de toutes les situations, le spirituel, le destin de la terre, la vie pastorale et presbytérale entre autres. De tous temps, ces réalités présentent un « intérêt commun » pour toute la communauté humaine ; elles concernent autant la société humaine que l’Eglise.

La sécularité pour les laïques : ils vivent au cœur de ces réalités, avec toutes les personnes de leur temps, en laissant l’Esprit du Christ habiter leur vie, leurs manières d’être, leurs engagements avec la radicalité de l’Evangile. En réponse à l’appel du Christ, ils lui donnent entièrement et exclusivement leur vie pour participer à l’œuvre missionnaire de l’Eglise.

La sécularité pour des clercs : ils restent au service de l’Eglise locale, dans leur presbyterium diocésain, pour le soutenir dans la rencontre que fait l’Eglise de la sécularité, du monde, et de l’Amour de Dieu en germes en tout homme. Ils sont particulièrement sensibles à toutes les relations entre les hommes et, du sein même de leur ministère sacerdotal et pastoral, ils servent la présence agissante de Dieu.

A la différence de la vocation religieuse, l’Eglise reconnaît que l’engagement dans un Institut séculier n’entraine pas un changement d’état : les laïques demeurent laïques et les prêtres diocésains demeurent prêtres diocésains.

Consécration Séculière

L’ « état de vie consacrée » dans un Institut Séculier revêt des formes spécifiques à cette vocation. On s’y engage radicalement à suivre le Christ en le laissant transformer, en soi, toutes nos puissances d’aimer, d’agir et de posséder dans la vie ordinaire du monde : c’est donc la consécration avec la grâce des vœux de pauvreté et d’obéissance, de chasteté dans le célibat – ou le veuvage consacré – pour le Royaume de Dieu, vécus dans le monde où notre vie se poursuit.

Ces vœux sont publics – en ce sens qu’ils engagent l’Eglise – et pour toute la durée de vie de la personne ; tandis que les personnes qui s’engagent dans la plupart des « communautés nouvelles » ne sont liées que par des vœux privés, révocables par nature. L’« état de vie consacré » dans un Institut Religieux revêt d’autres formes.

Vie Fraternelle

Les membres d’Instituts séculiers sont dispersés en tous lieux ; sans vie communautaire, ils développent une vie fraternelle originale et exigeante. Ils ont à cœur qu’elle soit un lieu fort de ressourcement spirituel, de communion, de discernement, d’apprentissage de la fraternité en vue de développer un esprit commun selon le charisme de chaque Institut. La vie fraternelle est le lieu fondamental où se vérifie que le Christ reste bien le centre de la vie et de l’engagement de chaque consacré séculier.

Avec les Instituts séculiers, l’Eglise a reconnu un nouvel état de vie consacrée (Constitution Provida Mater Ecclesia – 1947 -Pie XII), qui est à la fois complémentaire des autres formes de vie consacrée et indispensable à l’édification du Royaume de Dieu.

 

On peut consulter le site de la Conférence Nationale des Instituts séculiers

Vierges consacrées

 

Une vocation très ancienne….

Dès les premiers siècles, des femmes étaient consacrées par leur évêque. Elles menaient une vie de prière et de don aux autres, tout en restant dans leur famille. (par exemple : Sainte Geneviève à Paris)

Après le développement de la vie monastique, puis des congrégations religieuses, les vierges consacrées deviendront de plus en plus rares.

… remise en honneur par Vatican II

L’ordre des Vierges consacrées n’a pas d’autre fondatrice que l’Eglise elle-même, qui a puisé son inspiration dans le mystère de Marie. Cette vocation est avant tout ecclésiale.

A la différence des ordres religieux, « l’ordo virginium » n’a ni règles ni structures communautaires. Les vierges consacrées sont reconnues par le droit canon : « A ces formes de vie consacrée, s’ajoute l’ordre des Vierges : se proposant de suivre le Christ, d’une manière plus pressante, elles sont consacrées à Dieu par l’Evêque du diocèse, selon le rite liturgique approuvé, elles sont épouses mystiques du Christ Fils de Dieu et dédiées au service de l’Eglise. »

On compte environ 400 vierges consacrées en France, 18 dans le diocèse de Versailles et 1 000 dans le monde (selon Sources, juin 1997)

 

 Qui est la vierge consacrée ?

Vierge parce que l’Eglise est vierge.

Je vous ai fiancés à un Époux unique comme une vierge pure à présenter au Christ.

(2 Co 11,2)

Celle qui reçoit la consécration s’engage, par “une décision irrévocable”, scellée par le rite liturgique à “vivre dans la virginité perpétuelle”. Un engagement sans réserve à la suite du Christ, selon la radicalité de l’Evangile.

Epouse parce que le Christ aime l’Eglise son Epouse.

Ton Seigneur t’épousera 

(Is 62,5)

La vocation de la Vierge Consacrée est de se laisser épouser par le Christ. Elle devient alors “signe transcendant de l’Amour de l’Eglise pour le Christ son époux ” et image du Royaume à venir. C’est aussi un signe concret de l’Alliance de Dieu avec son Peuple.

Mère parce que l’Eglise est mère.

Pousse des cris de joie, toi qui n’a pas enfanté selon la chair :
plus nombreuses sera ta postérité

(Is 54,1)

A la suite de la Vierge Marie, la vierge consacrée cherche sans cesse à accomplir la volonté du Père et s’ouvre ainsi à une fécondité spirituelle.

 

Ce qu’elle vit

 Une vie de prière,

 L’Esprit et l’Epouse disent : viens ! Maranatha !

(Ap 22,17)

La fonction première de la vierge consacrée est la prière.

Au cœur même de l’Eglise,

 Le zèle pour ta maison me dévore

(Ps 69,10)

La consacrée n’entre pas dans une structure nouvelle. Sa communauté n’est autre que son diocèse, sa paroisse dont elle partage la vie ecclésiale. Quelle que soit la manière dont la vierge consacrée est insérée dans le diocèse, elle sait que sa prière et sa mission s’étendent aux dimensions du monde, qui sont celles de l’Eglise universelle.

Dans un esprit de service

 Ton épouse : une vigne fructueuse

(Ps 128,3)

Elles sont ” vouées au service de l’Eglise “. Elles travaillent à l’annonce de l’Evangile et au service de leurs frères « selon leurs charismes respectifs » dans une grande diversité d’âges, de situations et professions, de spiritualités et mouvements d’Eglise.