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Quand foi et écologie se rencontrent


Retour sur une conférence : prêtre assomptionniste et journaliste au Pèlerin, Dominique Lang interpelle les chrétiens.

P. Dominique Lang

P. Dominique Lang

Conférence donnée par le père Dominique Lang le 6 octobre 2015 en l’église Saint Thibaud de Marly.

Trois raisons pour se mettre en route

Quand nous regardons autours de nous, nous voyons les effets de la crise, nous voyons que le monde change dans ses aspects matériels, mais pas seulement, puisque nous percevons facilement que la crise écologique est une crise morale comme le disait Jean-Paul II. Nous nous interrogeons aussi sur nos rapports avec le monde et les créatures de Dieu qui l’habitent. Avec elles, nous partageons la même terre et nous lisons dans la Genèse qu’elles ont, comme nous, été créées le sixième jour, signe de la communauté de vie que nous partageons avec elles. Pouvons-nous les laisser disparaître ?- Enfin, le monde interpelle les chrétiens. Il les a parfois soupçonnés de prêcher la domination de la création par l’homme. Il attend cependant avec bienveillance leur prise de position.

Examiner nos rapports avec la création et revoir notre vision de l’écologie

Apollo 17, en 1972, a fait découvrir la beauté de la terre vue de l’espace. Maintenant, nous en percevons la fragilité. En quelques années, nous avons prélevé près de la moitié de la population de certaines espèces. Nous consommons des animaux, pourtant ce sont nos proches. Nous prenons conscience que la nature peut être salie, que nous la dominons parfois indûment en voulant y imposer notre propre conception de l’ordre. Ne devrions-nous pas, au contraire accepter sa liberté ? Nous maltraitons la terre, nous maltraitons notre demeure commune, nous maltraitons l’humanité. En sens inverse, lorsque nous maltraitons l’humanité, nous maltraitons la terre. Nous avons fait disparaître des cultures, comme celle des amérindiens et nous voyons que la crise, si elle est morale est aussi culturelle et sociale. Cela nous pousse à nous occuper maintenant de l’écologie, sans arrêter de nous occuper de la pauvreté dans le monde : ce ne sont pas des combats différents.

Prenons garde cependant de ne pas faire fausse route, car l’écologie suscite souvent chez les gens deux attitudes opposées et également déplacées. Pour les uns, le monde va si mal qu’on ne peut que se lamenter. Ils affichent une posture peu constructive, de prophètes de malheur. D’autres se bornent à contester les constats et à invoquer la théorie du complot pour rester dans le déni. Entre ces attitudes extrêmes, il est urgent de trouver une troisième voie, sans non plus tomber dans l’écologie politique à la française qui sature le débat et se rend peu crédible par le manque de cohérence de ses discours. On ne peut pas à la fois lutter contre les OGM et militer pour la GPA.

L’encyclique Laudato si

L’Encyclique Laudato si s’appuie sur la doctrine sociale de l’Eglise dont nous voyons s’écrire un nouveau chapitre sous nos yeux. Avec la nouvelle notion d’écologie intégrale, elle complète et place au niveau pastoral les appels de Jean-Paul II pour une écologie humaine et de Benoit XVI pour un développement humain intégral. Elle se rattache aussi aux grands textes sur la création, comme ce passage où Saint Paul constate que la création toute entière gémit dans les douleurs de l’enfantement (Cf. Rm. 8, 22).

Le texte commence par un constat de l’état de « notre maison commune ». Loin de se borner à nommer les problèmes, il crée une tension pédagogique en partant de la situation concrète. Quand on va sur le terrain on y voit la pauvreté, la pollution et on prend conscience des grands défis environnementaux, culturels et sociaux. Le chapitre suivant développe l’idée que la création est une bonne nouvelle : le monde a été créé par amour. L’homme est en charge de le cultiver et de le garder (Cf. Gn. 2, 15). Ensuite, est posée la question de notre responsabilité vis-à-vis de l’emballement de l’économie et de la technologie. Nous devons résister aux conséquences négatives de ce modèle dominant.

Les trois chapitres suivants sont consacrés aux solutions, dont la première est de pratiquer l’écologie intégrale, qui prend l’homme dans toutes ses dimensions, environnementale, sociale, culturelle et qui se préoccupe de sa vie quotidienne. Le dialogue, ensuite apparaît comme un facteur essentiel. Il aide à comprendre les dynamiques. S’exerçant au niveau des politiques internationales, nationales ou locales, mais aussi entre les personnes, il peut changer le monde et remettre du sens dans notre vie. Il faut enfin retrouver ses sources, prendre conscience de ses relations avec l’univers et se laisser toucher, sous le regard de l’Esprit Saint, sans rester au niveau de l’intellect. Il s’agit d’un véritable appel à la conversion.

« Mon écologie à moi »

Dominique Lang conclut son propos par un appel à la paix intérieure, faite de la cohérence avec nous-même. C’est dans l’espérance que nous pouvons y parvenir.

Pour aller plus loin : voir le blog du Père Dominique Lang

Philippe de Pompignan – le 13.10.2015

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