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Comprendre Laudato Si


Formant un des axes transversaux de l’encyclique " Laudato Si ", la conviction que " Tout est lié " développe l’idée d’une écologie intégrale, en continuité avec les enseignements bibliques et la doctrine sociale de l’Église.

“Tout est lié !”

Des sources bibliques

Le Pape François fait appel à quelques textes majeurs de la Bible comme le récit de Caïn et Abel, l’histoire de Noé, ou les prescriptions sur le Sabbat. Selon ces textes porteurs d’une symbolique profonde, l’homme ne peut pas se construire sans le souci de l’autre. Sa relation avec lui-même, avec Dieu et la terre est détruite s’il néglige la charge de « cultiver et garder une relation adéquate avec le voisin ». « Tout est lié, et la protection authentique de notre propre vie comme de nos relations avec la nature est inséparable de la fraternité, de la justice ainsi que de la fidélité aux autres. » (n° 70).

C’est le même Dieu qui est porteur du salut et créateur. En considérant ces deux modes d’agir de Dieu, l’homme est invité à en tirer deux conséquences. La première est que l’injustice n’est pas invincible, puisque Dieu est en mesure de vaincre toute forme de mal. La seconde est que l’homme doit « mettre fin à ses prétentions d’être un dominateur absolu de la terre » (n° 75)

La cohérence des actions

Il y aurait une grave incohérence à s’occuper des animaux en voie d’extinction, en négligeant de lutter contre la traite des personnes ou d’agir pour les pauvres. Cela met en péril le sens de la lutte pour l’environnement. « Tout est lié. Il faut donc une préoccupation pour l’environnement unie à un amour sincère envers les êtres humains, et à un engagement constant pour les problèmes de la société. » (n° 91). Ce lien s’étend aux trois thèmes que sont la paix, la justice et la sauvegarde la création. « Tout est lié, et, comme êtres humains, nous sommes tous unis comme des frères et des sœurs dans un merveilleux pèlerinage, entrelacés par l’amour que Dieu porte à chacune de ses créatures et qui nous unit aussi, avec une tendre affection, à frère soleil, à sœur lune, à sœur rivière et à mère terre. » (n° 92).

Respecter le message de la nature

Créée par Dieu, la nature est porteuse d’un message que nous devons respecter. Celui qui sait lire ce message saura se préoccuper de la valeur d’un pauvre, de l’embryon humain ou d’une personne vivant en situation de handicap. Ainsi, la défense de la nature n’est pas compatible avec la justification de l’avortement. (Cf. n° 117 & 120) Cependant l’homme est exposé à la tentation de l’autonomie, celle-là même qui prétendait faire de lui l’égal de Dieu (Cf. Gn. 3, 5). « Tout est lié. Si l’être humain se déclare autonome par rapport à la réalité et qu’il se pose en dominateur absolu, la base même de son existence s’écroule, parce qu’+ au lieu de remplir son rôle de collaborateur de Dieu dans l’œuvre de la création, l’homme se substitue à Dieu et ainsi finit par provoquer la révolte de la nature+ ». (n° 117)

Une approche intégrale de l’écologie

Respecter la nature, combattre la pauvreté et rendre la dignité aux exclus sont des thèmes inséparables. Face à une crise qui est à la fois environnementale et sociale, l’approche doit être intégrale. Il faut tenir compte de l’interaction des systèmes naturels entre eux et avec les systèmes sociaux. (n° 138) Et, « si tout est lié, l’état des institutions d’une société a aussi des conséquences sur l’environnement et sur la qualité de vie humaine : +Toute atteinte à la solidarité et à l’amitié civique provoque des dommages à l’environnement+ Dans ce sens, l’écologie sociale est nécessairement institutionnelle et atteint progressivement les différentes dimensions qui vont du groupe social primaire, la famille, en passant par la communauté locale et la Nation, jusqu’à la vie internationale. » (n° 142)

Une spiritualité trinitaire

Le pape François nous invite à trouver une clé de notre épanouissement. « En effet, plus la personne humaine grandit, plus elle mûrit et plus elle se sanctifie à mesure qu’elle entre en relation, quand elle sort d’elle-même pour vivre en communion avec Dieu, avec les autres et avec toutes les créatures. Elle assume ainsi dans sa propre existence ce dynamisme trinitaire que Dieu a imprimé en elle depuis sa création. Tout est lié, et cela nous invite à mûrir une spiritualité de la solidarité globale qui jaillit du mystère de la Trinité. » n° 240.

Philippe de Pompignan – le 29.09.2015