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Présentation de Jésus au Temple – La Chandeleur


La présentation de Jésus au Temple, célébrée le 2 février, révèle, sous les traits de l’Enfant Jésus, la présence de La lumière qui éclaire les nations païennes.

Quarante jours après la Nativité

« Quand arriva le jour fixé par la Loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur » (Lc. 2, 22). L’évangile de Luc rapporte qu’était alors présent le vieillard Syméon, « poussé par l’Esprit » (v. 27). Celui-ci prend l’enfant dans ses bras et bénit le Seigneur car ses yeux ont vu son salut en cet enfant qui est « lumière pour éclairer les nations païennes »(v. 32). Il s’adresse aussi à Marie pour lui dire que son fils « provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée… » (v. 34-35).

Une fête de convergence

La loi juive prescrivait, quarante jours après la naissance, un sacrifice de purification et la consécration au Seigneur du garçon premier né (Cf. Lv. 12 ; Ex. 13, 13). En se conformant à ce rite, Joseph et Marie contribuent à faire converger la loi juive vers la personne du Christ qui n’est « pas venu abolir, mais accomplir » (Mt. 5, 17).
Syméon reconnaît ensuite dans l’enfant Jésus la « lumière pour éclairer les nations païennes ». En ce début du mois de février où la durée du jour a déjà augmenté d’une heure depuis le solstice, les anciens avaient coutume de se rassembler en portant des torches. En célébrant la Chandeleur, l’Église change les perspectives de cet usage païen. La lumière solaire, n’est plus reconnue comme divinité. Elle est au contraire le premier don de Dieu, comme nous l’enseigne le récit de la création (Cf. Gn. 1, 3). Sa croissance nous invite à porter notre regard vers la lumière du Christ. A l’Épiphanie déjà, l’étoile des mages s’effaçait devant celui qui est la vraie lumière. Marquant une nouvelle étape de notre chemin de conversion, la liturgie propose, en ce jour, une procession aux chandelles. En faisant converger l’ancien rite païen vers une signification chrétienne, elle lui donne sens et l’inscrit dans l’histoire des hommes et dans l’histoire du Salut.

Une fête baignée de lumière, préfigurant la rédemption

La lumchandeleurière vient de toute part dans la fresque de Fra Angelico (Musée San Marco de Florence, cell. 10). Aucune ombre portée ne vient perturber l’illumination complète de la scène d’où le grand prêtre, censé présider la cérémonie, est pourtant absent. L’artiste veut par-là, nous montrer que le nouveau grand-prêtre est Jésus lui-même, présent au centre de la scène qu’il préside et vers qui se portent tous les regards et les gestes des personnages (Cf. He. 5, 1-10). L’enfant est étroitement emmailloté de bandelettes serrées, tout comme celles qui enserreront le corps du crucifié et que Pierre verra à terre dans le tombeau vide (Cf Lc. 24, 12). Fra Angelico nous propose ici une méditation sur la mort de Jésus qui transperça le cœur de sa Mère et sur la Résurrection du Christ, nouvelle lumière.

La chandeleur : une fête de la rencontre

Dans cet épisode évangélique, les Eglises orientales voient d’abord une fête de la rencontre. A la Visitation, l’enfant d’Elisabeth « tressaillit dans son sein » (Lc. 1, 41), en reconnaissant le Seigneur lui-même en l’enfant que portait Marie. Faisant pendant à la Visitation, le récit de la Purification montre de la même manière, un homme inspiré par l’Esprit et rendu capable de reconnaitre la Lumière de Dieu dans le petit enfant qu’il serre dans ses bras.
Rencontrer dans notre vie le Christ qui l’illuminera
A l’image de Syméon, puissions-nous nous laisser emplir de l’Esprit pour qu’il nous montre le Christ et que nous puissions « le serrer dans nos bras » en nous laisser illuminer par lui.

La bénédiction des cierges

Dieu qui est la source et l’origine de toute lumière, toi qui as montré au vieillard Syméon la lumière qui éclaire les nations, nous te supplions humblement : que ta bénédiction sanctifie ces cierges ; exauce la prière de ton peuple qui s’est ici rassemblé pour les recevoir et les porter à la louange de ton Nom ; qu’en avançant au droit chemin, nous parvenions à la lumière qui ne s’éteint jamais.