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Le carême


Réjouissons-nous, nous sommes en carême ! Quelques repères sur ce temps fort pour les catholiques : à quoi ça sert et que faire pour bien vivre ce temps liturgique.

A quoi ça sert ?

Comme un sportif se prépare pour être au mieux de sa forme, le carême nous invite à nous recentrer sur l’essentiel pour profiter pleinement du don de Dieu.

La foi est un long pèlerinage sur les routes de Dieu, en compagnie de Jésus qui se présente à travers les Évangiles comme le chemin à suivre.
Le carême est un temps de préparation à Pâques, à la victoire de Dieu sur le mal, à l’œuvre que le Christ a accompli pour nous par sa mort et sa Résurrection. Nous voulons nous préparer à cette victoire en nous y rendant plus sensible. Le carême est donc le temps où nous nous rendons plus réceptif à Dieu, à sa Parole. C’est un temps de conversion, c’est-à-dire de changement.
Au travers des efforts que nous faisons, le carême nous permet d’essayer d’être plus vrai, face à sa foi, à Dieu, aux autres mais aussi à soi-même, en prenant en compte nos faiblesses.
Notre carême est comme un désert où nous mesurons tout ce qui est mal en nous, et nous le combattons pour arriver à mieux suivre Jésus dans l’amour de Dieu et du prochain qui doit rayonner sur toute notre vie. Vivons-le dans la perspective de la Résurrection de Jésus : dans la confiance en Dieu et l’espérance.

Le carême est aussi un temps où toute l’Église soutient la préparation de ceux qui se préparent à leur baptême la nuit de Pâques. A l’origine, ce temps de conversion était réservé aux catéchumènes. Peu à peu, tous les fidèles ont été invités à faire carême pour manifester leur solidarité avec ces nouveaux venus dans la communauté. Le carême devint alors pour tous un temps de conversion et d’écoute de la Parole de Dieu.

Comment faire ?

Comment nous rendre plus sensible à ce qui est de Dieu ? L’Église nous propose de vivre ce temps de carême, de préparation à la fête de Pâques en s’appuyant sur trois piliers traditionnels : la prière, le jeûne et le partage.

Ce ne sont pas des pratiques exceptionnelles, qu’on ne ferait qu’au moment du carême, comme dans le ramadan. Mais pendant le carême nous partageons davantage, nous prions plus longtemps, nous jeûnons plus souvent.

  • La prière permet de se retourner vers Dieu. En méditant encore plus la parole biblique, le chrétien se laisse façonner par elle. Il réoriente sa vie selon les commandements de Dieu.
  • Le jeûne nous rappelle que nous sommes des êtres de besoin et de désir. Vécu dans la prière, il nous rappelle que Dieu comble ces désirs. Le jeûne est souvent bercé par cette parole du Christ : « l’homme ne vit pas seulement de pain » (Luc 4, 4). Jeûner, c’est se donner le temps et la disposition d’esprit nécessaire à la prière. Le Christ lui-même a invité ses disciples à jeûner sans ostentation : “Quand vous jeûnez, ne vous donnez pas un air sombre comme font les hypocrites : ils prennent une mine défaite, pour que les hommes voient bien qu’ils jeûnent (…) Pour toi, quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage, pour que ton jeûne soit connu, non des hommes, mais de ton Père qui est là, dans le secret “. (Matthieu 6, 16).
  • Le partage est une des dimensions essentielles du carême. Il permet de vivre un temps de dépouillement et d’amour. Il s’agit de se tourner encore plus vers notre prochain, pour mieux l’aimer.

Ces trois piliers nous soutiennent dans notre démarche de conversion personnelle.

Pour nous accompagner dans notre démarche personnelle, l’Église invite aussi à vivre le sacrement de Réconciliation.

Comment se déroule le carême ?

La période du carême s’ouvre avec le mercredi des Cendres et culmine dans la semaine qui précède la fête de Pâques, la Semaine sainte.

careme cendres GazeranLe mercredi des Cendres

Jour d’entrée en carême, il est vécu dans la pénitence à travers laquelle nous manifestons notre désir personnel de nous convertir, de nous remettre sous le regard de Dieu.

Au cours d’une célébration eucharistique, nous recevons la marque des cendres sur le front tout en entendant l’une des deux phrases suivantes : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » ou bien « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras poussière ».

Les cendres représentent la fragilité de l’homme pêcheur. Il s’agit de reconnaître notre faiblesse, de manifester notre regret du péché et surtout de signifier notre espérance dans la miséricorde de Dieu.

Les cendres qui sont imposées sur le front de chacun viennent du buis béni lors de la fête des Rameaux de l’année précédente.

La Semaine sainte

Dernière semaine avant la fête de Pâques, elle est un temps particulièrement fort pendant le carême. Elle retrace les derniers moments de la vie de Jésus.

  • Le dimanche des Rameaux : L’Eglise fait mémoire de ce jour où Jésus entra à Jérusalem, la Ville sainte, pour accomplir sa Passion. Aussi la liturgie célèbre-t-elle, dans un contraste saisissant, cette entrée triomphale par la joyeuse procession des rameaux, puis la Passion de Jésus, par sa proclamation solennelle au cours de la messe.
  • Le Mardi saint : Chaque année, dans tous les diocèses du monde, prêtres, diacres et fidèles se réunissent pour célébrer la Messe Chrismale.
  • le Jeudi saint : célébration eucharistique appelée la Cène, en mémoire du dernier repas du Christ avec ses disciples. C’est au cours de ce repas que Jésus institue l’Eucharistie et qu’Il demande à ses disciples : « Faites cela en mémoire de moi. »
  • le Vendredi saint : Jésus est arrêté, jugé et crucifié. Il meurt. Comme tout homme. En souvenir du dernier chemin de Jésus, les chrétiens suivent le chemin de Croix dans les églises ou à l’extérieur. C’est une manière de se rapprocher de la montée au calvaire de Jésus et de se préparer à fêter sa résurrection.
  • le Samedi saint est un temps d’espérance. Les tabernacles dans les églises sont vides pour rappeler que Jésus est bien mort pendant ces quelques jours.
    la Vigile pascale se célèbre dans la nuit du Samedi saint au dimanche de Pâques. On célèbre le passage de la mort à la vie du Christ. Bien souvent, les catéchumènes sont baptisés au cours de cette nuit pascale.
  • Le dimanche de Pâques est le jour de la plus grande fête chrétienne : Christ est ressuscité !

Pendant cette semaine, pour mieux comprendre ce que signifie la Résurrection, il est important de nous retrouver entre chrétiens pour suivre Jésus dans sa Passion.

Pourquoi 40 jours ?

C’est un chiffre symbolique que l’on retrouve souvent dans la Bible :

  • 40 semaines ou presque (39 !) pour un être humain de sa conception à sa naissance : le Carême nous prépare à la vie nouvelle.
  • les 40 jours du déluge
  • les 40 années passées que les Hébreux ont passées dans le désert pendant l’Exode. Ce fut pour eux aussi une période de tentations et de préparation à l’entrée dans la Terre promise.
  • Surtout les 40 jours en mémoire des quarante jours de Jésus au désert. Il y a mené un combat spirituel, soumis aux tentations de Satan. Il s’y prépara au dernier combat qu’il aurait à mener face à la mort.

Le temps du carême est donc un exercice spirituel qui prépare chaque chrétien à passer, avec Lui, par la mort et la Résurrection de Jésus.