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Les langues de la bible


La plus grande partie de l’Ancien Testament est écrite en hébreu avec quelques passages en araméen, deux langues sémitiques.

horizonL’hébreu est apparu vers le 12ème siècle avant notre ère et a été supplanté par l’araméen au 5ème siècle avant J. C. tout en restant la langue de la liturgie et des savants juifs. Ressuscité et adapté, l’hébreu est aujourd’hui la langue parlée en Israël. L’araméen occupe une place restreinte dans la Bible : il concerne uniquement une partie des livres de Daniel et d’Esdras. C’était la langue officielle de l’empire perse et les exilés l’ont ramenée chez eux à leur retour à Jérusalem. L’araméen est la langue maternelle de Jésus.
Toutes deux sont des langues très concrètes et très imagées.

Certains livres de l’Ancien Testament ont été écrits directement en grec ainsi que tout le Nouveau Testament. C’est une langue indo-européenne, qui devient la langue commune de toute une partie du bassin méditerranéen grâce aux conquêtes d’Alexandre, et tout l’Orient jusqu’aux rives de l’Indus parlera un grec « commun à tous » ou koiné.

Les grandes traductions

En grec au IIIè siècle av JC  voir Septante

 

  • En araméen, langue parlée par Jésus. L’AT a été traduit en araméen pour la lecture dans les synagogues dès avant l’ère chrétienne car l’hébreu n’était plus parlé par le peuple. Ces traductions s’appellent  des « targums », ce qui signifie « interprétations ». Ils introduisent des explications qui permettent une meilleure compréhension du texte.
  • En latin de 390 à 405 par St Jérôme. Sa traduction s’appelle « la Vulgate » signifiant « populaire », elle est alors devenue la traduction officielle de la Bible dans l’Eglise.
  • En syriaque et autres langues anciennes (copte, éthiopien, géorgien, arabe, nubien…)
  • Au Moyen Age des traductions sont faites pour les populations nouvellement évangélisées, en irlandais, vieil anglais…, et aussi en provençal, catalan, italien…
  • L’invention de l’imprimerie va permettre l’extension des traductions. La traduction de Luther (en 1522 pour le NT et en 1533 pour l’AT) est restée la Bible allemande la plus lue et la plus répandue.
  • Au XVIème siècle avec la Réforme les traductions se multiplient, les protestants traduisent la Bible en français à partir du texte massorétique hébreu.
  • Aux XIX et XXème siècles de nombreuses traductions qui tiennent compte des avancées de la recherche scientifique voient le jour : notons celle du chanoine Crampon pour les catholiques, celle de Louis Segond pour les protestants.
  • En 1975 paraît la Bible de Jérusalem, traduction catholique, à l’origine de nombreuses traductions étrangères. A la même époque paraît aussi la « Traduction Œcuménique de la Bible » (TOB) seule traduction entièrement œcuménique.
  • En 2001, la « Bible, nouvelle traduction », est un événement puisque 20 écrivains de toutes confessions se sont associés à 27 exégètes pour produire cette œuvre littéraire contemporaine.
  • Aujourd’hui la Bible est traduite au moins partiellement dans 1800 langues.

La Septante

 

Le travail des 72 sages juifs
La tradition veut que la Bible hébraïque ait été traduite en grec, au 3e siècle avant notre ère, à la demande de Ptolémée II Philadelphe (285-246 av. J.-C.). Ce roi d’Égypte, de culture grecque, voulait réunir dans la bibliothèque d’Alexandrie un exemplaire de tous les grands textes de l’Antiquité et collecter les textes juridiques et religieux de ses sujets. Il aurait fait venir sur l’île de Pharos, en face d’Alexandrie, soixante-douze savants juifs, appelés aussi les Septante, pour réaliser une traduction qui devait par la suite porter leur nom : la Septuaginta ou Bible des Septante (abrégée en LXX).
BIBLIA N°1, À la rencontre de la Bible, p. 15

Une traduction moderne de la Septante

 

Au début des années 1980, Marguerite Harl, enseignante à la Sorbonne, et une équipe de traducteurs entreprennent une traduction de la Septante. Depuis 1986, dix volumes ont été publiés aux Éditions du Cerf sous le titre La Bible d’Alexandrie. Jusqu’à la mise en route de cette traduction, l’étude de la Septante était limitée à une discipline de l’exégèse catholique. Pendant des siècles, la Septante n’a été étudiée ni par les protestants ni par les juifs qui recevaient le canon de la Bible hébraïque. Or, cette traduction donne accès à une oeuvre littéraire qui est le témoin d’une époque, le judaïsme égyptien de la diaspora, pour la première fois exprimée dans une langue et une structure de pensée occidentale. La langue et les notions forgées par la Septante ont marqué la réflexion et l’expression religieuse du judaïsme et du christianisme naissant. Il était urgent que ce travail scientifique fût entrepris.
Olivier Pradel
BIBLIA N°1, À la rencontre de la Bible, p. 22

La « Bible du Rabbinat »

On appelle « Bible du Rabbinat » la traduction française intégrale de la Bible hébraïque, traduite au 19e siècle par les membres du Rabbinat français et édictée en 1899 par les soins de Zadoc Kahn (1831-1905), une des grandes figures du judaïsme français. Rabbin en 1862, il devint grand Rabbin de France en 1889. Homme d’action au sein de l’Alliance israélite universelle et de sa communauté, il milita en faveur du renouveau sioniste et de la culture juive. Dans la première édition de cette traduction, il affirmait que cette oeuvre n’avait aucune prétention scientifique. Son but fut avant tout de mettre l’Écriture sainte reçue dans la Tradition juive à la portée du grand public, ce qu’il réussit. En effet, voici plus d’un siècle que cette Bible circule dans notre communauté sans qu’aucune autre traduction, comme celles plus anciennes de Cahen ou de Wogue, ne prenne sa place.
Rabbin Maurice Nezri.
BIBLIA N°1, À la rencontre de la Bible, p. 19