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Le culte des reliques


Quel sens donner à la vénération des reliques d’un saint, sans tomber dans la superstition ?

Vénération des reliquesDès le début de l’histoire de l’Eglise, les chrétiens ont pris l’habitude de venir prier sur les lieux des martyrs : là où des hommes, des femmes ont donné leur vie jusqu’au bout pour Jésus-Christ. On a prié, célébré la messe sur les lieux mêmes où ils étaient enterrés. L’Eglise a toujours eu en vénération et gardé précieusement les reliques des saints, c’est-à-dire les « restes » d’hommes et de femmes, chrétiens, baptisés, qui ont suivi et aimé le Christ jusqu’au bout. Il s’agit par exemple d’ossements, comme pour sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, ou du cœur comme pour saint Jean Marie Vianney…

Le culte des reliques

Les reliques nous rappellent, de manière encore plus concrète qu’une image, la vie du saint, son histoire, son enseignement… Elles sont un signe que la sainteté est appelée à être vécue de manière incarnée, réaliste, par des hommes de chair et de sang. De plus, prier devant une relique nous rappelle que tout baptisé est « temple de l’Esprit Saint », membre du corps du Christ, y compris dans son corps. Notre vocation à la sainteté concerne toute notre personne. Saint Paul peut ainsi nous exhorter : « Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps » (1 Co 6, 20).

Le saint, balise sur le chemin vers Dieu

Nous venons prier auprès des reliques des saints parce que nous croyons à la résurrection du corps et à la vie éternelle. La vénération rendue aux saints n’a bien sûr pas pour fin la figure du saint lui-même, elle est nécessairement ordonnée à notre relation à Dieu. La prière autour des reliques n’a de sens que dans le but de se sentir plus proche de celui ou celle que l’on invoque, pour s’imprégner de son exemple, pour solliciter son intercession, et pour ouvrir davantage son cœur à l’amour de Dieu et du prochain, comme les saints ont su le faire. Nous nous confions à la prière du saint, nous nous nourrissons de son exemple, afin de pouvoir nous-mêmes grandir en sainteté et devenir toujours davantage des fils du Père. Notre élan vers Dieu a besoin d’être encouragé…

Au temps de Jésus, les malades cherchaient à toucher son vêtement. Nous aussi, nous sommes incarnés. Ces signes ténus que sont les reliques, Dieu veut s’en servir pour manifester sa présence et faire éclater sa puissance, car c’est Lui qui agit à travers ces signes. Vénérer les reliques des saints, c’est vivre intensément la communion des saints, c’est vouloir mettre nos pas dans leurs pas, eux qui ont suivi le Christ, Lui qui nous conduit jusqu’aux sources de la vraie Vie et qui veut transfigurer notre corps de misère à l’image de son Corps de Gloire.

Le reliquaire n’est d’ailleurs ni un ostensoir, ni un tabernacle. Il n’est pas posé sur l’autel mais à côté, ou à proximité, afin qu’apparaisse clairement le fait que le saint que nous vénérons est un relais de notre prière et un soutien sur notre chemin vers le Père.

Benoît XVI aux jeunes à Cologne aux JMJ d’août 2005
« Les reliques nous conduisent à Dieu lui-même : en effet, c’est Lui qui, par la force de sa grâce, donne à des êtres fragiles le courage d’être ses témoins devant le monde. En nous invitant à vénérer les restes mortels des martyrs et des saints, l’Eglise n’oublie pas qu’il s’agit certes de pauvres ossements humains, mais d’ossements qui appartenaient à des personnes visitées par la puissance transcendante de Dieu. Les reliques des saints sont des traces de la présence invisible mais réelle qui illumine les ténèbres du monde, manifestant que le règne de Dieu est au-dedans de nous. Elles crient avec nous et pour nous : “Maranatha” – “Viens Seigneur Jésus”. »