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Pâques


La fête de Pâques se déploie sur trois jours qui sont liés entre eux, au terme de la Semaine Sainte. On appelle cela le Triduum pascal. Du jeudi saint au dimanche de Pâques.

Collégiale de POissyLe mot lui-même vient de l’hébreu « pessa’h » qui veut dire « il passa ». Ce nom désigne à l’origine la fête juive qui commémore le passage de Dieu en Egypte tel que le narre le livre Biblique de l’Exode. Dieu passe au milieu du peuple et le libère des égyptiens. Le peuple passe, par la mer rouge de la captivité à la liberté, après que Dieu soit passé.

Pour nous, les chrétiens, Pâques évoque l’événement majeur et fondateur de notre foi : la pâque de Jésus Christ.

 

La fête de Pâques se déploie sur trois jours qui sont liés entre eux, au terme de la Semaine Sainte. On appelle cela le Triduum pascal. Du jeudi saint au dimanche de Pâques.

 

Après avoir passé trois ans environ à parcourir la terre de Palestine pour proclamer en acte et en parole la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu, Jésus prend la direction de Jérusalem.

Il y entre sous les acclamations car sa réputation est telle qu’on pense qu’il va rétablir la royauté en Israël. Cette entrée triomphale est célébrée le dimanche des Rameaux. Hélas après les « viva » (plutôt les « Hosanna »), vient le temps de la passion.

Celui qui n’a fait que du bien autour de lui, guérissant les malades, pardonnant les pécheurs, est bientôt traqué par les autorités religieuses. Ses paroles sur le Temple, sur la Loi, sur les pharisiens hypocrites, finissent par lui attirer la haine.

 

La veille de son arrestation, « Jésus sachant que son heure est venue » (Jean 13) partage une dernière fois la pâque juive avec ses disciples. Au cours de ce repas, il institue l’eucharistie, mémorial de sa pâque, et par le geste du lavement des pieds, il apprend le chemin du bonheur à ses disciples en les invitant à faire comme lui, à devenir serviteur du bonheur des autres.

Le jeudi Saint commémore ce dernier repas. Les prêtres ce soir là lavent les pieds des fidèles, au nombre de douze, comme les apôtres. Et l’eucharistie est célébrée de manière particulièrement solennelle. La célébration se prolonge par un temps que l’on appelle « l’heure sainte », où auprès du corps eucharistique de Jésus, les fidèles veillent, unissant mystérieusement leur prière à l’agonie du Christ.

En effet, retiré au jardin de Gethsémani, avec ses disciples, Jésus subit le dernier combat : la tentation est grande de renoncer à sauver au prix de son sang ce peuple si ingrat… mais il reste fidèle à la mission que son Père lui a confié. Pour sauver les hommes, il faut qu’il connaisse tout de la vie des hommes, jusqu’à la mort.

Trahi par un de ses compagnons, Judas Iscariote, il est arrêté. Les apôtres l’abandonnent les uns après les autres. C’est donc seul que Jésus va affronter son procès, à la fois civil et religieux.

Au terme d’un interrogatoire rondement mené, au cours duquel Jésus ne cherche pas à se défendre, il est condamné à la mort la plus affreuse qui soit, celle réservée aux parias : la crucifixion.

Humilité, trahi, rejeté par les hommes, il ressent même comme un abandon divin. Lui qui n’a pas péché, il expérimente en son être ce que l’homme pécheur ressent : la séparation d’avec Dieu. Mais il sait bien que malgré ce sentiment, son Père ne l’abandonne pas. Confiant jusqu’au bout malgré les douleurs, il prie et s’abandonne avec confiance entre les mains de Dieu, son Père. Il trouve encore le temps de penser aux autres, pardonnant jusqu’au dernier moment.

 

Le vendredi saint commémore ce jour de la passion. Des chemins de croix ont lieu dans la plupart des paroisses, les fidèles se souvenant de cette Parole de Jésus : « celui qui veut être mon disciple, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ». Tels des Simon de Cyrène, l’homme qui fût appelé à porter la croix de Jésus jusqu’au Golgotha, le lieu du calvaire, les chrétiens unissent leur vie à l’amour du Christ donnant sa vie pour tous les hommes. C’est un vrai temps de conversion. La tradition est ce jour là de pratiquer le jeûne et l’abstinence.

Le vendredi Saint se termine par l’office de la passion où l’Évangile de la Passion selon Saint Jean est lu. Il n’y a jamais de messe ce jour là, mais monte vers Dieu, la grande prière universelle, où le peuple chrétien supplie Dieu pour le monde entier.

 

Le samedi Saint est par excellence un jour d’attente, qui a une tonalité particulière dans la liturgie. Jésus, après avoir été mis tombeau, repose dans la mort… L’Ecriture et la tradition nous disent que durant ce temps, le Christ est descendu au séjour des morts, que l’on appelle les Enfers (attention à ne pas confondre avec l’Enfer, lieu de souffrance absolue car lieu de privation de communion avec Dieu). Aux enfers, il rejoint tous les défunts et leur annonce qu’ils sont libérés de la puissance du péché et de la mort.

En effet, le soir de ce samedi Saint, autour du feu nouveau allumé sur le parvis de l’église, éclate dans le ciel la grande nouvelle (avec le chant de l’ « exultet ») : Christ est ressuscité des morts. Son tombeau a été retrouvé vide à l’aurore du dimanche par les saintes femmes venues embaumer le corps. La lourde pierre a été roulée, les linges sont restés là, mais le corps n’y est plus… Plus tard, le Ressuscité apparaîtra à Marie Madeleine, puis aux Douze, puis à beaucoup de frères à Jérusalem. La mort a été vaincue, la vie éternelle est donnée, offerte en partage à tout homme qui voudra croire en Jésus Christ.

Jésus est passé à travers la mort, il a fait sa pâque, pour nous permettre de passer avec lui vers la vie éternelle. La puissance de l’amour sur la mort est magnifiée et les croyants sont invités à suivre cette voie.

 

Toute la longue vigile (veillée) pascale, retrace l’histoire du Salut depuis les commencements du monde, à travers d’abondantes lectures bibliques (sept plus les psaumes, plus l’Evangile de la résurrection). On chante le chant de la victoire de Dieu : l’alleluia, dont on a « jeûné » pendant tout le carême.

Cette vigile est l’occasion de célébrer les baptêmes d’adultes et pour toute la communauté de renouveler sa propre foi baptismale. Un geste significatif de cette veillée est l’aspersion de l’assemblée avec l’eau bénite.

L’eucharistie est là encore célébrée avec solennité.

 

Le dimanche matin, illuminée par le Soleil Levant qu’est le Christ ressuscité, l’Eglise poursuit son action de grâce par une autre messe.

Ce dimanche de Pâques est le grand jour des sacrements de la vie nouvelle. Ce jour est tellement à part dans l’année, qu’il est célébré pendant huit jours (on appelle cela l’octave de Pâques – en France, on trouve trace de cela par le lundi férié).

Le temps pascal, temps de fête et de joie, se prolonge pendant cinquante jours jusqu’à la Pentecôte, fête du don de l’Esprit Saint à l’Eglise.