Logo diocèse de Versailles
pa

Nos relations avec les musulmans.


Chanteloup les Vignes dans le doyenné de Poissy est marqué par la présence d’une forte population musulmane. Lors de sa visite pastorale, Mgr Aumonier a écouté les paroissiens et fait une sorte d’état des lieux des relations avec les musulmans.

C’est une question qui se pose davantage chaque jour. Comment, en tant que catholiques dans la France de 2016 vivons nous avec la deuxième religion du pays : l’islam ? Le doyenné de Poissy et particulièrement la paroisse de Chanteloup-les-Vignes connait une forte présence musulmane. C’est pourquoi mardi 7 mai, Mgr Aumonier, accueilli par le père Alain Biniakounou curé de la paroisse, a dialogué pendant plus de deux heures avec les habitants du doyenné sur ce sujet. Était également présent le père Pierre Hoffman, expert du dialogue interreligieux.

 

20160607_114516

De multiples interrogations…

Deux heures durant, l’assistance composée d’habitants des paroisses de Chanteloup les Vignes et des paroisses alentours a pris librement la parole. L’évêque et le père Hoffman intervenant de temps à autre.

Les interrogations et les questionnements sont multiples. Ainsi, Jérôme témoigne de sa douleur d’avoir vu son beau-frère se convertir à l’islam. Une autre personne dit également sa détresse d’avoir vu sa fille de quinze ans se convertir. Pour lui, il faut « descendre dans les fondations » de ce qui fait nos relations et « on a créé un vide qu’ils comblent ». Malgré cela, il garde de bonnes relations avec ses amis musulmans. Sylvaine, qui travaille dans enseignement pointe le problème des enfants qui se chamaillent à la cantine à propos de ceux qui mangent du porc et de ceux qui n’en mangent pas. Culture et religion étant souvent mélangées, l’école laïque a du mal à répondre à ce problème de discrimination. Le père Bettoli, curé d’Achères raconte l’histoire de ce musulman venu le voir pour se convertir au catholicisme et qui s’arrête en chemin par crainte des réactions de sa famille…

 

… et des raisons d’espérer.

Nuançons ce tableau.  Les relations avec les musulmans sont très généralement bonnes dans le quotidien. Ainsi à Carrière-sous-Poissy, c’est Marie-Thérèse qui témoigne des très bonnes relations avec ses voisins, ou Catherine, médecin, qui a noué des relations de confiance avec ses patients musulmans. A Chanteloup, Evelyne témoigne qu’en tant que femme, elle s’est toujours sentie très respectée par tout le monde et que les commerçants musulmans sont parmi « les gens le plus honnêtes qu’elle connaisse. » Une responsable de l’Action Catholique des Enfants ajoute que tous les enfants viennent et se mélangent facilement, qu’ils soient catholiques ou musulmans. Le père Eric Courtois, curé de Poissy témoigne quant à lui de l’action très bénéfique de l’association « Coexister » qui intervient dans les écoles privées du doyenné.

 

L’islam, un défi.

Les relations avec les musulmans sont donc complexes : à la fois source de fraternité mais aussi nourries de craintes et de peur de l’inconnu. Un tableau résumé par l’évêque quand il affirme que :

l’islam est un défi providentiel pour aller de l’avant, notre foi doit se réveiller et devenir pleinement vivante.

Face au défi de l’islam, l’ignorance sous tous ses aspects doit être combattue. D’un côté, il nous faut connaître les schémas culturels sous-jacent aux cultures musulmanes. Le père Hoffmann pointe par exemple que le rapport à la loi – à la tradition – n’est pas le même pour un chrétien que pour un musulman. Pour ce dernier, la loi n’a pas besoin d’être interrogée puis « c’est une loi, et qu’on obéit à la loi ». Sous le mode chrétien, le rapport à la loi est différent puisque, certes nous nous recevons de la tradition, mais elle est interprétée afin de pouvoir être vécue, car notre foi est avant tout transmission d’une parole vivante. Les clés de la juste interprétation de la loi étant bien évidemment le Christ Jésus.

D’un autre côté, il est de notre responsabilité de ne pas avoir peur de ce que l’on est et d’affirmer sereinement notre foi. Pour cela, il s’agit de se former, et des outils existent, comme par exemple le livre « Je ne rougis pas de l’Évangile » disponible ici. Il est de notre responsabilité également, de transmettre notre foi vivante aux enfants du catéchisme par exemple.

Dans cette optique générale, l’idée d’organiser des ateliers autour de du livre « Je ne rougis pas de l’Évangile » fait son chemin dans le doyenné.