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Une présence des consacrées bien vivante aux quatre coins du diocèse


Le 8 décembre dernier, une centaine de religieux, religieuses et personnes consacrées se sont retrouvés à la Part Dieu à Poissy pour une riche journée de récollection. Qui sont ils, et que font ils ?

Les projecteurs qui avaient été braqués sur eux et sur elles en 2015 à l’occasion de l’Année de la vie consacrée se sont éteints. Mais la vie spirituelle qu’ils génèrent dans notre diocèse reste toujours aussi féconde, même si elle se vit souvent dans la discrétion, parfois même dans l’anonymat. Riches de la diversité de leur présence au monde, les consacrés de notre diocèse ont souhaité cette année encore se retrouver pour une journée de récollection. Occasion pour eux de se rencontrer, d’échanger, de prier ensemble. Le thème retenu cette année pour cette journée était « le célibat consacré, un éclairage pour la vie conjugale » (à la lumière de l’exhortation apostolique ‘Amoris Laetitia’).

 

Une vie consacrée aux 1000 visages

Souvent, pour les chrétiens de notre diocèse, la vie consacrée reste un concept quelque peu flou. Bien sûr, beaucoup connaissent telle ou telle religieuse présente dans leur paroisse ou rencontrée lors d’une retraite dans un centre spirituel à Versailles, à Blaru ou ailleurs. Mais dans le diocèse des Yvelines, la vie consacrée prend de multiples visages. Le père Philippe Potier, qui anime le Conseil diocésain des consacrés, distingue cinq grandes catégories de consacrés :

  • Les religieuses, membres de petites communautés implantées dans les cités populaires depuis les années 1970 et bien présentes dans la vie de ces cités au travers de divers engagements. On en trouve notamment à Trappes, Limay, Mantes, aux Mureaux ou à Sartrouville. Nombre de ces communautés ne se distinguent pas par un engagement ou une action précise mais, comme le levain dans la pâte, elles font advenir le Royaume par le rayonnement de leur présence même. Certaines sont bien connues, d’autres moins. On peut citer, mais la liste n’est pas exhaustive, les Soeurs de St Vincent de Paul, les Oblates de l’Assomption, les Sœurs du Sacré Cœur de Jésus, les Sœurs de la Divine Providence de Saint Jean de Bassel ou les Filles de la Croix.
  • Les membres de communautés solidement implantées localement et participant à la vie paroissiale ou apportant un service spécifique à leur congrégation. Parmi celles-ci, on trouve les Sœurs de Saint-Paul de Chartres à Meulan, les Sœurs de la Retraite à St Germain en Laye, les Sœurs apostoliques de Saint Jean à Versailles, ou les Sœurs Franciscaines Réparatrices de Jésus-Hostie à Mantes.
  • Les religieuses qui gèrent leurs propres institutions. Deux communautés versaillaises viennent aussitôt à l’esprit : les Sœurs du Cénacle qui animent le Centre Notre Dame du Cénacle et la maison de retraite des Petites Sœurs de Pauvres.
  • Les sœurs contemplatives, notamment les Sœurs Carmélitaines à Saint-Germain-en-Laye ou les Sœurs Bénédictines du Sacré Cœur de Montmartre à Blaru, aux confins du diocèse.
  • Enfin les communautés de sœurs aînées en maison de retraite qui, partageant la vie des résidents avec leurs infirmités et leurs misères, apportent un beau témoignage d’espérance.

Ces diverses communautés regroupent 210 religieuses. Il faut ajouter une trentaine de représentants  de congrégations masculines activement engagés dans divers services : les Jésuites au Lycée Sainte-Geneviève à Versailles, les Assomptionnistes sur la péniche ‘Je sers’ à Conflans-Sainte-Honorine ou au Prieuré Saint-Benoît à Saint-Lambert-des-Bois. Mais le tableau serait incomplet si on passait sous silence les 20 vierges consacrées présentes dans notre diocèse et les 20 membres d’instituts séculiers, comme Notre-Dame de Vie ou l’Institut du Prado. En tout, c’est donc quelque 280 personnes consacrées disséminées un peu partout dans le diocèse de Versailles.

 

Au service des personnes consacrées, un Conseil diocésain     

Le Conseil diocésain des consacrés, composé d’une dizaine de membres représentant les diverses formes de vie consacrée et présidé par l’évêque ou son délégué, aujourd’hui le père Potier, veille à ce que le charisme de la vie consacrée bénéficie pleinement à la vie de l’Église de Versailles et puisse s’y développer.

C’est ainsi que ce Conseil veille à ce que la vie consacrée ait toute sa place dans la vie diocésaine. Il suscite des initiatives pour l’appel à la vie consacrée et l’accompagnement des jeunes qui se sentent appelés. Enfin, Il favorise les échanges entre les consacrés, notamment en organisant des temps de rencontre annuels à leur intention comme la journée de récollection du 8 décembre.

 

« La joie d’aimer« 

Père BonaféC’est à partir de la dernière exhortation apostolique du pape François publiée après le synode des évêques sur la famille que le Père Patrick Bonafé, Vicaire Général et prédicateur de cette journée, a invité les participants à approfondir la façon dont ils étaient au service de l’Église dans la suite du Christ : comment des consacrés peuvent s’approprier le riche enseignement de l’exhortation pontificale ? Comment le mettre en œuvre ? Comment le célibat consacré peut  éclairer les couples ?  Le Père Bonafé a rappelé ainsi que les couples aujourd’hui ont une attente : dans un monde de plus en plus bousculé, fragilisé, ils souhaitent que leur couple tienne et que la vie spirituelle retrouve toute sa place dans la vie familiale. Dans l’univers qui est le leur, ils recherchent des repères et le célibat consacré peut en être un qui les aide à retrouver le sens de la fidélité.

 

Le don au centre de toute relation

Relisant certains paragraphes de l’exhortation apostolique (notamment les paragraphes 315 à 323), le Père Bonafé a multiplié les allers et retours entre vie familiale et vie consacrée, rappelant que les familles, comme les communautés de consacrés, constituent des cellules ecclésiales où peut être tracé un parcours de sanctification. Dans les deux formes de vie, il est bon de mettre en valeur une spiritualité des relations à vivre au quotidien.  Cela peut être parfois difficile, avec des combats périlleux pour les uns comme pour les autres. Le point commun de ces formes de vie si différentes d’apparence est la recherche de vie fraternelle avec comme notion centrale celle du don gratuit sans attendre quoi que ce soit en retour : ce principe du don gratuit remplace celui de l’échange calculé, notamment pour les tâches ménagères  dans nombre de foyers.

 

Un autre point commun est que toute cellule de vie fraternelle, qu’elle soit consacrée ou conjugale est école de image012chasteté et de vulnérabilité : dans les deux cas, il est essentiel de se rendre disponible, d’accepter d’être touché par ce que nous dit l’autre. Cette vulnérabilité implique de laisser l’Esprit Saint nous accompagner.

Bien sûr, la vie fraternelle n’empêche pas la solitude, cette solitude fondamentale qui affecte tout être, qu’il vive au sein d’une communauté ou d’un foyer familial. Les consacrés ont là une expérience qui leur est propre et qui mérite d’être partagée avec les couples lorsque ceux-ci acquièrent une certaine maturité leur permettant de prendre conscience de cette solitude.

Il ne faut pas perdre de vue, a ajouté le Père Bonafé, poursuivant son analyse de l’exhortation apostolique, que les cellules de vie fraternelle, communautaires ou familiales, sont aussi des espaces d’émerveillement où chaque jour apporte sa part d’imprévisible. L’être aimé suscite toute l’attention : qu’il est bon alors de pouvoir s’en émerveiller, à la manière de Dieu qui s’émerveille de chacun de nous. C’est avec de regard émerveillé qu’il convient de rechoisir l’autre jour après jour, sans savoir à l’avance ce qu’il sera. Et ainsi, la famille comme la communauté religieuse, deviennent ces espaces où Dieu prend soin de nous, panse nos blessures, nous accompagne à travers ceux et celles qui nous sont le plus proches.

 

« Voici la servante du Seigneur »     

Reprenant les textes d’Evangile proposés par la liturgie du 8 décembre, fête de l’Immaculée Conception, le Père Bonafé a mis l’accent sur trois phrases clefs  pendant l’eucharistie : ‘Où es-tu donc ? question pleine de bienveillance mais angoissée de Dieu s’inquiétant des chemins de travers pris par l’homme depuis Adam après avoir goûté au fruit défendu, ‘l’Esprit Saint viendra sur toi’, promesse faite par l’ange à Marie, mais aussi à travers elle à tous les hommes, et enfin ‘voici la servante du Seigneur’, cette réponse radicale de Marie grâce à laquelle Dieu peut prendre chair dans sa chair.

Par François Blanty