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Even en Bavière : Benoît XVI et moi


Partir en voiture pour 10 jours en Bavière sur les pas de Benoit XVI. Voilà le programme du pèlerinage pour clôturer le cycle de formation EVEN que je poursuis depuis maintenant 2 ans. Je dois reconnaitre que je n’avais rêvé ni de cette destination ni de ce thème. Et pourtant, je m’y suis engagée… sans regret !

L’ange au sourire et l’Europe

L'ange au sourireNous avons fait deux haltes françaises à Reims puis Strasbourg avant d’atteindre la Bavière. Ce sont d’abord les cathédrales de ces villes qui m’ont saisie. Elles sont de véritable bibles ouvertes. « Notre cœur n’était-il pas tout brûlant en écoutant celle qui nous faisait entrer dans l’Écriture à travers ces édifices ? » Dans ces lieux, simplement, le Seigneur s’est fait proche et a creusé en moi le désir de le connaitre davantage dans l’histoire d’alliance qu’il a écrite avec son peuple. Sans commune mesure, peu de temps après, au terme d’une visite de cave, c’est le goût du champagne qui attire toute notre attention !

Notre halte à Strasbourg nous conduit au parlement européen. L’Europe que nous connaissons si mal devient fascinante quand nous comprenons mieux comment elle fonctionne, son histoire et sa manière de servir le bien commun. Notre réflexion à partir des interventions des papes Benoit XVI et François dans ce lieu ouvrent de larges horizons d’engagement pour chacun de nous.

Celui qui est devenu pape

Puis nous avons sillonné la Bavière sur les pas de Benoit XVI : Marktl, la ville natale, Altöting, le sanctuaire marial, Freising où il est ordonné puis Ratisbonne où il a étudié puis enseigné. Le Pape émérite nous devient chaque jour plus familier et accessible. Je découvre celui que j’ai toujours connu pape à travers les médias. Benoit XVI a d’abord été un petit garçon, issu d’un village très simple. Il a grandi dans sa famille et a étudié avec persévérance. Joseph Ratzinger a entendu l’appel du Seigneur à donner sa vie dans le sacerdoce pour servir le Christ à Munich. Ce qu’il a donné comme évêque, cardinal et pape pour répondre aux questions profondes et sous-jacentes de l’Eglise est bien don de Dieu et fruit d’un immense travail quotidien de cet homme.

Chaque jour, guidés par le Père Yann Le Lay, nous prenions le temps d’entrer dans l’intelligence de la pensée de Benoit XVI par la lecture ou la relecture de différentes homélies et discours. Associer ce travail de réflexion aux lieux qui les ont portés leurs donne une nouvelle dimension. Notre démarche intellectuelle atteint un point culminant à Ratisbonne avec l’étude du discours donné à l’université des sciences pour défendre la chaire de théologie au cours d’un de ces voyages apostoliques. Ce fut un exercice exigeant pour saisir l’enjeu de l’articulation harmonieuse de la foi et de la raison. Mais ce sera surtout un exercice lumineux qui nous renvoie à notre propre vie et nous donne soif d’entrer davantage dans la pensée de Benoit XVI.

La souffrance éprouve la foi et la renforce

Nous sommes entrés dans le camp de concentration de Dachau avec plus d’appréhensions. Le premier passage dans le musée et les baraquements m’a laissé un goût amer et dérangeant. Une question raisonne en moi en profondeur : « Comment toi, Isabelle, aurais-tu vécu ces conditions de vie ? Te serais tu accrochée à la vie ? A suivre le Christ ? ». Le poids du silence dans ce lieu me conduit à me présenter en vérité devant le Seigneur. Il fallait me l’avouer : je me serai sans doute laissée mourir dans cette vie qui semble manquer de sens.

Après avoir célébré la messe et découvert le rayonnement des prêtres sur le camp, les choses deviennent tout autre. C’est dans ce lieu dans le silence que j’ai eu l’occasion de présenter au Seigneur un vrai désir d’approfondir ma relation au Christ pour être capable de le choisir chaque jour, en toutes circonstances et ainsi d’être le signe de sa présence auprès de tous ceux qui m’entourent. Devant le mystère du mal qui révèle notre pauvreté, c’est un appel à la conversion que le Seigneur a suscité chez moi.

A toute cette richesse spirituelle, intellectuelle, culturelle et humaine s’ajoutent une vie fraternelle simple. Des vacances paisibles, capables de renforcer les liens d’amitiés initiés dans la prière et la recherche de la vérité et que je souhaite à chacun de vivre un jour sous une forme ou une autre.

Merci Seigneur !

Isabelle Hédon, jeune professionnelle

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