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L’Annonciation, cette année c’est le 09 avril


L’Annonciation, cet événement de l’histoire où par le « oui » de Marie, le Fils de Dieu s’est fait homme pour le salut du monde, est fêté habituellement le 25 mars mais cette année en raison des Rameaux, la fête a été décalée au 9 avril. La prière de l’Angélus nous aide à méditer ce mystère de l’Incarnation.

L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie et elle conçut du Saint-Esprit.

« Soit joyeuse, toi qui a la faveur de Dieu. Le Seigneur est avec toi » (Lc. 1, 28). Apportant l’annonce à Marie, l’ange l’invite d’abord à se réjouir. Son message est la bonne nouvelle qui va la combler de grâce : le Seigneur est avec elle. Pourtant Marie paraît troublée. Elle s’étonne de cette salutation.  Mais l’Ange la rassure : « Sois sans crainte ». Comme les prophètes de la Bible, Marie montre son trouble, un mouvement de retrait qui précède son acquiescement et montre que celui-ci a engage tout son être. Chrétiens d’aujourd’hui, c’est aussi notre chemin, face à la nouvelle de Jésus incarné : une réaction bien naturelle d’étonnement, de stupeur même, laissant bientôt place au « oui » de la foi.
Voici la Servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole
Préparée par Dieu, Marie l’immaculée, se donne entièrement à sa volonté. Elle s’est renseignée : « comment cela va-t-il se faire ? », puis par son « oui » sans réserve « elle se livra elle même intégralement, comme la servante du Seigneur, à la personne et  à l’œuvre de son fils […] pour servir au mystère de la rédemption » (GS 56). Par l’action du Saint Esprit, elle va devenir mère du Christ, mère de Dieu, et mère du corps mystique du Christ, qui est l’Église. Première en chemin dans l’Église de Dieu, elle va s’élancer, elle va « partir en hâte » (Cf. Lc. 1, 34),  annoncer la Bonne Nouvelle. L’Enfant est dans son sein, dans sa « chair ».

Vitrail de Marie Payen

Et le Verbe s’est fait chair…

Lorsque nous confessons, à la suite de Saint Jean, que Jésus-Christ a pris chair de la Vierge-Marie, nous reconnaissons que le Fils de Dieu a pris entièrement la condition d’homme, excepté le péché.
Dans le vocabulaire de l’Ancien Testament, la chair est bien sur, d’abord celle qui recouvre les os (Ez. 37, 6). Mais le mot désigne aussi tout être vivant créé « toute chair ayant souffle de vie » (Gn. 6, 17). La chair de l’homme, c’est aussi, sa vie, sa sensibilité, son amour. Adam découvrant Ève : s’écrie « Celle-ci est vraiment la chair de ma chair » (Gn. 2, 23). Dieu dit : « J »ôterai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. » (Ez. 36, 26). Ainsi, proclamer que Jésus-Christ a pris chair et s’est fait homme, c’est reconnaître qu’il a pris entièrement la condition de l’homme créé, mortel. Le Concile Vatican II a retenu cette formule :
« Car, par son incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme. Il a travaillé avec des mains d’homme, il a pensé avec une intelligence d’homme, il a agi avec une volonté d’homme, il a aimé avec un cœur d’homme. Né de la Vierge Marie, il est vraiment devenu l’un de nous, en tout semblable à nous, hormis le péché. » (GS, 22)
Pleinement homme et pleinement Dieu, Le Fils de Dieu « avec une chair semblable à celle du péché et en vue du péché, a condamné le péché dans la chair » (Rm. 8, 3).
Dans l’Eucharistie, il s’offre pour notre salut : « Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour. » (Jn.  6, 54)

…et il a habité parmi nous (Jn. 1, 14)

Littéralement « et il a planté sa tente parmi nous », ce qui évoque la tente de la rencontre, la demeure de Dieu dans l’Ancien Testament. Après l’Incarnation, la demeure de Dieu n’est plus à chercher dans un lieu, mais en nous-mêmes, ce qui permet à Saint Paul d’affirmer : «  ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. » (Ga. 2, 20). Saint Augustin s’exclame : « tu étais plus intime que l’intime de moi-même… » (Confessions, III, 6, 11).
Comme nous le redisons dans le « Credo », la foi nous permet d’appréhender dans l’Annonciation, le Mystère de l’Incarnation, mystère qui se perpétue auprès de nos frères, d’annonce en annonce. « Pour nous les hommes, et pour notre salut, Il descendit du ciel ; par l’Esprit Saint, Il a pris chair de la Vierge Marie, et s’est fait homme. »

Pour aller plus loin : Constitution dogmatique sur l’Église (Lumen gentium)

56. Marie à l’Annonciation
Mais il plut au Père des miséricordes que l’Incarnation fût précédée par une acceptation de la part de cette Mère prédestinée, en sorte que, une femme ayant contribué à l’œuvre de mort, de même une femme contribuât aussi à la vie. Ce qui est vrai à un titre exceptionnel de la Mère de Jésus qui donna au monde la vie destinée à tout renouveler, et fut pourvue par Dieu de dons à la mesure d’une si grande tâche. Rien d’étonnant, par conséquent, à ce que l’usage se soit établi chez les saints Pères, d’appeler la Mère de Dieu la Toute Sainte, indemne de toute tache de péché, ayant été comme pétrie par l’Esprit Saint, et formée comme une nouvelle créature [175]. Enrichie dès le premier instant de sa conception d’une sainteté éclatante absolument unique, la Vierge de Nazareth est saluée par l’ange de l’Annonciation, qui parle au nom de Dieu, comme « pleine de grâce » (cf. Lc 1, 28). Messager céleste auquel elle fait cette réponse : « Voici la servante du Seigneur, qu’il en soit de moi selon ta parole » (Lc 1, 38). Ainsi Marie, fille d’Adam, donnant à la Parole de Dieu son consentement, devint Mère de Jésus et, épousant à plein cœur, sans que nul péché ne la retienne, la volonté divine de salut, se livra elle-même intégralement, comme la servante du Seigneur, à la personne et à l’œuvre de son Fils, pour servir, dans sa dépendance et avec lui, par la grâce du Dieu tout-puissant, au mystère de la Rédemption. C’est donc à juste titre que les saints Pères considèrent Marie non pas simplement comme un instrument passif aux mains de Dieu, mais comme apportant au salut des hommes la coopération de sa libre foi et de son obéissance. En effet, comme dit saint Irénée, « par son obéissance elle est devenue, pour elle-même et pour tout le genre humain, cause du salut ». Aussi avec lui, un bon nombre d’anciens Pères disent volontiers dans leurs prédications : « Le nœud dû à la désobéissance d’Ève s’est dénoué par l’obéissance de Marie ; ce qu’Ève la vierge avait noué par son incrédulité, la Vierge Marie l’a dénoué par sa foi » ; comparant Marie avec Ève, ils appellent Marie « la Mère des vivants » et déclarent souvent : « Par Ève la mort, par Marie la vie. »

Philippe de Pompignan

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