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Soeur Marie-Thérèse Leloup


Témoignage de Soeur Marie-Thérèse Leloup de la Communauté du Bon Sauveur : "La rencontre avec Nicodème (Jn 3) est à vivre encore aujourd’hui, et que dans notre Eglise parfois critiquée, fragile, mais bâtie sur le roc on peut encore chanter" ! »

Un jour au cours d’une session de catéchèse quelqu’un a posé cette question : « Quel nom vous aimeriez avoir au ciel ? » Assez étonnée, j’ai répondu : « Merci ou Magnificat ! » En vieillissant, mon merci s’allonge, parce que je découvre qu’au fond « tout est don. »

Merci d’abord, pour la vie. Quand on sort vivante, sans blessure, avec son grand père de plus de 80 ans et sa grand-mère aveugle, de l’intérieur d’une cave bombardée, comment ne pas découvrir la valeur de la Vie, même si l’on n’a plus rien….

Merci d’être née dans une famille chrétienne. Mes parents ont fait baptiser leurs enfants « tout bébé ». Ils les ont accompagnés tous les dimanches à la messe. Papa était organiste à la paroisse. Tous les soirs on priait en famille. La porte était ouverte à tous ceux qui passaient.

Merci pour l’accueil de ma vocation. Maman me disait : « Si c’est là que tu crois être heureuse nous ne t’empêcherons pas, mais réfléchis bien. » Papa est venu lui-même me conduire à la communauté réfugiée dans une aile de château à quelques Kilomètres du Bon Sauveur en ruines.

Merci d’avoir pu réaliser mon métier d’enseignante (désir d’enfant) avant l’appel. La « Providence » n’accompagnait-elle pas mon chemin, puisque le frère de papa prêtre était aumônier des élèves du Bon Sauveur.

Merci aussi pour le respect de ma liberté. Mon oncle à qui j’avoue mon désir d’être religieuse me répond : « J’avais bien deviné, mais je ne voulais pas t’influencer .Tu n’es pas obligée de choisir le Bon Sauveur » Mais le choix était fait, et je pensais que c’était là que je pourrai faire la Volonté de DIEU. Intérieurement, je pensais qu’aimer Dieu, c’est faire sa volonté.

Oui, Merci pour la communauté du Bon Sauveur. En vieillissant, je découvre de plus en plus, sa spiritualité. Elle me comble tellement, elle est dans la ligne de mon baptême. Mais je continue mes « Merci ».

Peut être ce dernier va vous surprendre, mais j’ai eu la grâce de manquer de mourir et surtout celle de rencontrer dans une retraite spirituelle, un prêtre qui m’a aidé. Comment ne pas remercier le Seigneur qui se révèle joie et tendresse dans son pardon ?

J’aimerais dire à tous ceux qui vieillissent que la rencontre avec Nicodème (Jn 3) est à vivre encore aujourd’hui, et que dans notre Eglise parfois critiquée, fragile, mais bâtie sur le roc on peut encore chanter « MAGNIFICAT ! »