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Le Père Frédéric Malingi Togolo, un prêtre étudiant


Le Diocèse de Versailles accueille le Père Frédéric Malingi Togolo qui partage son temps entre la rédaction d’une thèse de droit canonique et des activités pastorales à la Cathédrale. Ce dernier a bien voulu nous accorder un entretien.

prêtre étudiant

Père Frédéric

Père Frédéric, pouvez-vous me dire quelles sont vos origines ?

Je suis d’origine congolaise. Mon père était enseignant tandis que ma mère s’occupait de notre famille de huit enfants. J’ai grandi dans la petite cité de Niangara dans la province orientale de la R.D. du Congo, au bord de la rivière Uele. C’est là que se trouve le monument marquant le centre géographique de l’Afrique. Dès l’âge de onze ans, j’ai commencé à vivre loin des miens pour suivre l’école secondaire, puis intégrer le Petit Séminaire de Rungu. Après mon bac. j’ai été admis en philosophie au Grand Séminaire à Kisangani pour une formation de trois ans. Après la guerre civile de 1996-1997, j’ai poursuivi ma formation en théologie au séminaire de Bunia.

Le Pape François et Mgr Julien Andavo en 2013

Le Pape François et Mgr Julien Andavo en 2013

Admis au diaconat à 2001, c’est le 8 septembre 2002 que j’ai été ordonné prêtre par Mgr Richard Domba. Affecté au Petit séminaire de Rungu, j’y ai enseigné, puis en suis devenu le directeur. C’est après sept ans de ce ministère que mon Évêque Mgr. Julien Andavo m’a demandé de me spécialiser en droit canon.

Quelles sont les raisons qui vous ont amené à venir en France, à Versailles ?

Je n’ai pas choisi venir en France. J’ai reçu la mission que me confiait mon Evêque et je l’ai simplement accepté sans détour. Versailles n’était pas ma première destination. En arrivant en France, j’ai d’abord été accueilli pendant trois ans dans le Diocèse de Nanterre, un an à la paroisse Saint Jean-Baptiste de Neuilly sur Seine et deux ans à Saint-Justin de Levallois-Perret.
Depuis lors, Mgr. Xavier Rambaud, Vicaire épiscopal de Paris, chargé de prêtres étudiants étrangers m’a demandé de rejoindre la paroisse Saint-Louis de Versailles qui m’héberge pour le moment.

Prêtre étudiant, je suis actuellement inscrit  à l’Université de Paris-Saclay et à l’Institut Catholique de Paris, en quatrième année de préparation d’une thèse. Je dois la soutenir en octobre 2018. Si tout se passe bien, je serai alors de retour au pays pour me remettre au service de l’Évêque dans le cadre de la mission qu’il voudra bien me confier. Avec mes études et mes antécédents au Petit Séminaire, où je me suis initié à la formation spirituelle, intellectuelle, humaine et pastorale, j’aurai des atouts pour l’enseignement. J’aurai également l’aptitude pour devenir éventuellement juge canonique (official) au Diocèse.

Quel est votre ministère actuel à la cathédrale Saint-Louis à Versailles ?

Au sein de la Paroisse Saint-Louis, je consacre environ le tiers de mon temps au ministère sacerdotal, j’y célèbre la messe et assure des confessions, ainsi que la préparation et célébration de baptêmes et mariages. Bien que disposant de la faculté de célébrer l’onction des malades, je ne l’ai pas encore administrée sur la Paroisse saint Louis. Je suis aussi accompagnateur d’une équipe Notre-Dame.

Avez-vous gardé des liens avec votre diocèse ?

Oui, bien sur ! – Mgr Andavo est très attentif à mon parcours. Il suit de très près mes études et je suis allé le rencontrer trois fois depuis le début me mon cycle. Je suis très attaché à mon Diocèse d’origine et j’ai une dévotion particulière à Sainte Thérèse, à qui est dédiée ma paroisse de Niangara, mais aussi la cathédrale d’Iriso. J’ai aussi une grande vénération pour la Bienheureuse Marie-Clémentine Annuarite Nengapeta, martyrisée en 1964 et très populaire dans mon pays. Lors de sa béatification à Kinshasa le 15 août 1985, le Pape Jean-Paul II l’a proclamée :

La première zaïroise bénie comme martyre de la foi au milieu de vous.

L’influence spirituelle d’Anuarite est grande, comme l’a montré l’affluence de fidèles lors des grandes fêtes jubilaires de 2014. On doit aussi à son patronage et à celui de Saint Kisito, martyr en Ouganda, la création en 1979 des groupes « KA » , groupes de jeunes garçons et filles (10-15 ans) qui s’inspirent de la foi et des vertus de leurs patrons protecteurs pour suivre le Christ et préparer leur avenir.

 

Quels sont les liens que les paroisses et diocèses entretiennent entre eux à l’occasion et votre venue ?

Ces liens sont ceux de la charité spirituelle et ministérielle universelle,mais aussi de la solidarité matérielle. En effet, le diocèse de Versailles me prend en charge et assume la moitié de mes frais académiques et la totalité de mes frais de transport.
Ces liens sont aussi ceux de la communion ecclésiale. Un projet de jumelage entre deux Conférences de Saint-Vincent de Paul est en cours de sa finalisation : celle de Versailles et celle de la paroisse Sainte-Thérèse de l’Enfant-Jésus de Niangara. Ces liens matériels et spirituels contribuent à la cohésion des fidèles du Christ.

 

 

 

Eglise Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus à Niangara_Façade est.

Eglise Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus à Niangara_Façade est.

Bienheureuse Anuarite, martyrisée en 1964

Bienheureuse Anuarite, martyrisée en 1964

Point central de l'Afrique à Niangara

Point central de l’Afrique à Niangara