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Tous, ensemble, acteurs de la diaconie, au service du Frère


Lors de l’Université de la Solidarité et de la Diaconie (Lourdes, novembre 2017), la théologienne Gwennola Rimbaut a apporté un éclairage original sur la mission de la diaconie.

Gwennola Rimbaut a rappelé en introduction que l’objectif de la diaconie est de rechercher, ensemble, comment mieux servir la fraternité. Indépendamment de notre foi en Dieu, notre société porte la conviction que tous les êtres humains ont une égale dignité. Cependant, reconnaître Dieu comme Père de toute l’humanité appelle à reconnaître l’autre comme un frère, quels que soient ses qualités ou défauts, quelles que soient ses origines sociales. Jésus a révélé que notre fraternité doit se construire à partir des plus fragiles, ceux dont la société dénie la dignité. Nous sommes donc tous appelés à servir la fraternité, dans nos relations interpersonnelles mais plus largement dans nos actions sociales afin de la construire concrètement.

Le service du frère, mission commune de la diaconie

– Tout d’abord, il convient d’apprendre ensemble le service du frère, un apprentissage qui se fait les uns avec les autres, les uns par les autres. La diaconie se vit ici comme une dynamique collective liée à la rencontre des pauvres et des riches et non à une dynamique des riches vers les pauvres : chacun a quelque chose à donner et à recevoir.

– Deuxièmement, le service du frère est un apprentissage de l’amour de l’autre tel qu’il est. Gwennola Rimbaut rappelle par là que la diaconie ne devrait pas être vécue comme un  devoir moral mais comme un acte d’amour.

– Enfin, il faut garder en mémoire que le service du frère nous “vient de la main de Dieu” car c’est l’Esprit Saint qui nous pousse vers l’autre.

La mission spécifique des pauvres

Être pauvre, c’est faire l’expérience de l’humiliation quotidienne devant le pouvoir des riches, d’être traité pour rien, de ne pas avoir droit à la parole ou encore d’être dénigré… ce qui conduit à une forme de honte de soi. A l’opposé, être riche, c’est avoir une place reconnue dans la société, pouvoir y parler et agir, à travers nos multiples insertions : mondes du travail, économique, culturel, ecclésial…

La mission spécifique des pauvres s’exprime donc à partir d’une expérience que les riches ne vivent pas. Cette expérience va modifier leur manière de témoigner de l’homme et de Dieu ; ils mettent en évidence l’essentiel de l’être humain et du visage de Dieu.

En effet, les personnes en situation de pauvreté témoignent de leurs espérances fondamentales qui ne se situent pas sur le plan matériel mais sur la qualité des relations humaines, des liens et sur la potentialité du pardon. Ils espèrent en un monde fraternel où personne ne méprise personne.

 Que nous annoncent-ils sur Dieu ?

Les personnes en situation de pauvreté annoncent que Jésus-Christ s’est fait pauvre « comme nous » et ce faisant, Il atteste leur dignité et les sauve de leur humiliation et exclusion.

Ces personnes sont appelées elles aussi à développer la solidarité-charité. Elles ont une  connaissance et une compréhension spécifique de la pauvreté pour la vivre elles-mêmes. Leur solidarité concrète les relève et comme l’écrivait le p. Joseph Wresinsky, fondateur d’ATD quart-monde : « Le Seigneur présent et vivant, le Verbe de Dieu au cœur de la misère, ce n’est pas seulement pour détruire la misère, mais pour que tous, les uns et les autres qui sont dans la misère, deviennent à leur tour des libérateurs ».